de Seth KOKO

Douze dirigeants d'ex-colonies de la France en Afrique qui célèbrent cette année le 50e anniversaire de leur indépendance ont été accueillis ce midi à l'Élysée. Mercredi, leurs soldats défileront sur les Champs-Élysées pour un hommage controversé.

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Comme une "réunion de famille". Ce mardi, Nicolas Sarkozy reçoit à sa table les dirigeants de 12 des 14 ex-colonies africaines de la France qui célèbrent cette année le 50e anniversaire de leur indépendance*. Mercredi 14 juillet, leurs soldats défileront sur les Champs-Élysées pour célébrer, dixit le chef de l’État français, "le lien du sang […] né de la contribution des troupes africaines à la défense et à la libération de la France".

Emmenée par leur doyen camerounais Paul Biya, la quasi-totalité des chefs d’État africains conviés aux festivités a répondu à l'invitation. Seul l'Ivoirien Laurent Gbagbo, en froid avec Paris depuis 2002 - date de la crise politique qui secoue son pays -, sera représenté par son ministre de la Défense. Autre absence, celle du Malgache Andry Rajoelina. Arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’État en mars 2009, l’homme fort d’Antananarivo n'a pas été jugé assez légitime pour recevoir un carton, mais ses militaires seront là…

sarkozy_468.jpgSix semaines après le 25e sommet Afrique-France, à Nice, placé sous le signe du renouveau, l’invitation faite à ces 14 pays d’Afrique subsaharienne surprend. Sur la Côte d'Azur, Nicolas Sarkozy s'était employé à choyer l'ensemble des dirigeants du continent. Signe des temps nouveaux, le traditionnel "dîner des amis", d’ordinaire réservé aux dirigeants des pays francophones, rassemblait, cette année, la quarantaine de chefs d’État et de gouvernement invités au sommet. "Car en Afrique, disait-on alors à l’Élysée, nous n’avons que des amis."

"Ministère de l’Afrique"

L'association Survie, qui milite pour une remise à plat des liens franco-africains, s'étonne donc de ce déjeuner qui rappelle fort le "pré carré" des anciennes colonies. "Rien n'a changé, déplore son secrétaire général Olivier Thimonier. La France ne veille qu'à préserver ses intérêts, sans aucune exigence démocratique."

De son côté, l’opposition fustige une résurgence de la Françafrique. "On est retombé dans la politique des réseaux, dans l'affichage des connivences, s’est insurgé François Hollande, député socialiste de Corrèze. Ce qui est grave, c'est que la politique africaine est prise en main totalement par l'entourage du président". Après la démission du secrétaire d'État à la Coopération, Alain Joyandet, "c'est Claude Guéant [secrétaire général de l'Élysée ndlr] qui devient le ministre de l'Afrique", a-t-il ironisé.

Gbagbo-et-Sarkozy.jpgPeu avant le déjeuner, Nicolas Sarkozy s'est défendu de toute "nostalgie coloniale". "D'aucuns ont critiqué la proposition que je vous ai faite de nous réunir aujourd'hui, et d'assister demain à mes côtés au défilé du 14-Juillet, a-t-il lancé à ses convives. C'est bien mal me connaître que de penser que je puisse être inspiré par un quelconque sentiment de nostalgie envers une période dont j'ai, plus d'une fois, souligné l'injustice et les erreurs." Et le président français d'ajouter : "L'objet de cette rencontre n'est donc pas de célébrer vos indépendances, vous le faites très bien vous-mêmes. Il est de célébrer la force des liens que l'Histoire a tissés entre nos peuples. Et la force de cette rencontre, c'est de construire ensemble notre avenir", a-t-il également affirmé.

 * Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Côte d'Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Mauritianie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo.

Article: France24

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Mar 13 jui 2010 Aucun commentaire