Réflexion Africaine

Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 16:10

Seth Guédé Koko, homme d’affaires et consultant diplomatique, est définitivement rentré en Côte d’Ivoire, au terme d’un exil volontaire de trois ans sur les bords de la Seine en France pour apporter sa pierre à l’édification de la nouvelle Côte d’Ivoire. Le fondateur de l’Alliance citoyenne de la société civile ivoirienne (ACSCI), très actif sur Internet pendant la crise postélectorale veut tourner la page de la guerre.

seth koko mandelas

Vous êtes de retour dans votre pays, la Côte d’Ivoire, après plusieurs années d’exil. Quelles sont les raisons profondes qui vous ont poussé à partir ?

Depuis le début de la crise qui a secoué la Côte d’Ivoire en 2002, je m’étais impliqué à travers le dialogue. Mais le règlement du conflit a mal tourné et cela m’a obligé à quitter le pays parce que ma vie était menacée. J’avais un accord avec le président Gbagbo, mais cet accord n’a pas été respecté par lui et son entourage. Ma vie était menacée et à un moment donné, je devais quitter la Côte d’Ivoire et je suis allé en France.

Aviez-vous un problème particulier avec le président Gbagbo et son régime ?

Je n’avais pas de problème particulier avec le président Gbagbo lui-même, mais j’avais un problème avec sa façon de travailler. La politique qu’il avait mise en place en Côte d’Ivoire ne cadrait pas avec mes convictions. Je le lui ai fait savoir, mais il n’a pas écouté. J’ai demandé à ce que Laurent Gbagbo soit plus sage dans sa gestion de la Côte d’Ivoire, qu’il soit plus diplomate et plus pragmatique dans la mise en œuvre de son programme. Malheureusement, il n’a jamais voulu travailler correctement, il y avait beaucoup de roublardise dans ses prises de positions. Je pense que la Côte d’Ivoire avait vraiment besoin de mieux que cela.

Pendant trois ans, vous avez été très actif sur Internet, vous avez même été l’un des premiers à réclamer une intervention de la France en Côte d’Ivoire lors de la crise postélectorale. Pourquoi ?

J’ai été très actif parce qu’il fallait que je m’implique dans le retour de la paix en Côte d’Ivoire. J’ai donc créé une organisation, l’Alliance citoyenne de la société civile ivoirienne (ACSCI) pour donner mon avis, en tant que leader d’opinion sur la gestion de la Côte d’Ivoire. Il s’agissait pour moi de donner ma position sur le dialogue direct, d’accompagner les structures en charge du processus de réconciliation et celle chargée de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. Concernant l’appel que j’ai lancé aux présidents Sarkozy, Obama et au secrétaire général de l’ONU, le 3 mars 2011, pour qu’ils bombardent les chars de Gbagbo, je ne l’ai pas fait parce que j’en voulais à Laurent Gbagbo. Mais je pense que si cela n’était pas fait, la Côte d’Ivoire serait actuellement encore en guerre, les 20 millions d’habitants vivant sur le territoire allaient payer un tribut plus lourd. Il fallait donc faire un choix et moi j’ai choisi qu’on bombarde les chars d’assaut, les armes lourdes que détenaient M. Gbagbo et le reste de l’armée qui s’opposaient à la légalité.

linteligeantdabidjan_2430.jpgVotre retour avait été annoncé une première fois, mais la date a été repoussée, mais vous avez tenu à être chez vous en Côte d’Ivoire…

Effectivement et je voudrais avant tout remercier le président Ouattara et le ministre de l’Intérieur, M. Hamed Bakayoko, qui m’ont permis de rentrer au pays. A l’époque du président Gbagbo, tout le monde m’en voulait, mais le président Ouattara a créé un climat favorable à mon retour. Le ministre de l’Intérieur a fait ce qu’il fallait pour que je puisse rentrer. C’est le lieu pour moi d’inviter tous les Ivoiriens qui sont en exil à rentrer au pays. Ceux qui ne sont pas poursuivis par la justice internationale n’ont pas à avoir peur de rentrer. La Côte d’Ivoire est en chantier et j’ai moi-même fait le constat. Personne n’en veut à ceux qui sont en exil parce que ce sont des Ivoiriens qui ont eu peur à un moment donné. Qu’ils rentrent pour que nous puissions ensemble construire la Côte d’Ivoire et ramener définitivement la paix dans notre pays.

Huit mois après l’investiture du président Ouattara, quelles appréciations faites-vous de son programme d’actions, notamment au niveau de la relance économique, de la sécurité et de la réconciliation nationale ?

Le président Ouattara a effectivement prêté serment et a été investi, le 21 mai 2011. Je suis fier de moi parce que parmi ceux qui côtoyaient Gbagbo, j’ai été l’un des premiers à soutenir le président Alassane Ouattara. Pour nettoyer la Côte d’Ivoire, éloigner les Ivoiriens des maladies engendrées par les déchets toxiques ou les ordures ménagères, pour développer nos infrastructures, on n’avait pas besoin de plusieurs milliards de francs. Laurent Gbagbo avait reçu 5 milliards puis 50 milliards de FCFA de la Banque mondiale, seulement pour ramasser les ordures ménagères. Il n’a pas pu le faire, cet argent a été dilapidé. Le président Ouattara est une personne qui aime son pays et qui fait ce qu’il dit. Il n’est pas du genre à s’asseoir à la télévision pour rouler les gens dans la farine, les embobiner dans une histoire qui ne va les emmener nulle part. Je peux donc dire, à mi-parcours, que son bilan est satisfaisant et il est à encourager. C’est vrai qu’il n’a fait que huit (8) mois au pouvoir et qu’il y a beaucoup de choses à faire. La Côte d’ivoire sort d’une crise, il y a encore des Ivoiriens qui souffrent, mais les efforts du président Ouattara sont à encourager.

Le Chef de l’Etat a mis en place la CDVR dirigée par le Premier ministre Banny, mais d’aucuns disent qu’il n’est pas l’homme de la situation. Etes-vous de cet avis ?

M. Banny est une personnalité que je respecte et il peut apporter beaucoup à la Côte d’Ivoire. Mais tout dépend de la manière dont il se fait entourer et tout dépendra aussi de sa volonté à réussir la mission qui lui a été confiée. Il a été nommé par le Chef de l’Etat. Il lui appartient de faire mieux que ce que le Chef de l’Etat lui a demandé de faire. S’il a l’amour de la Côte d’Ivoire et qu’il veut que les Ivoiriens se réconcilient, c’est à lui de démontrer à tous les sceptiques, qu’il est capable de réaliser ce rêve, qui est le pilier de la réussite du pouvoir de M. Ouattara. Si le processus de réconciliation échoue, Banny aura échoué, mais c’est la Côte d’Ivoire qui aura échoué. Pour l’heure, je pense que Banny est l’homme de la situation, mais c’est à lui de le démontrer et j’aurai l’occasion très bientôt de faire des propositions dans ce sens.

L’un des faits majeurs de l’actualité, c’est le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Cour Pénale Internationale, à La Haye. Quels commentaires cela vous inspire ?

Je suis contre l’impunité. Quand on a dirigé ce pays et qu’on s’est rendu coupable de ce que vous savez, il est nécessaire que la justice intervienne. Il y a eu des morts en Côte d’Ivoire, ceux qui étaient autour de Gbagbo, de Ouattara ou de l’ex-rébellion et qui sont fautifs, doivent être poursuivis et punis. Il n’y a que de cette façon que les Ivoiriens comprendront qu’un pays doit fonctionner sur la justice. M. Ocampo dit qu’il sera impartial, nous attendons de voir.

La question de la sécurité préoccupe plus d’un Ivoirien, avec la violence constatée dans certaines localités. Que pensez-vous du comportement des FRCI ?

C’est effectivement un point assez sensible parce que la Côte d’Ivoire n’a pas une armée solidaire et totalement unifiée. La sécurité est encore fragile. A preuve, en l’espace d’une semaine, on dénombre près de dix (10) morts, résultat d’un conflit entre les FRCI et les populations, or les FRCI sont venues pour protéger les populations. Les FRCI sont des Ivoiriens censés protéger d’autres Ivoiriens, donc je condamne fermement leur comportement actuel et j’espère que le président de la République tapera encore plus sur la table pour que l’intérieur du pays soit sécurisé. Les populations ne sont pas encore à l’aise à l’intérieur du pays et je souhaite que le travail de sécurisation de l’ensemble du territoire soit fait, parce que les FRCI, avec le comportement qu’ils adoptent en ce moment, sont en train de ternir l’image du président Ouattara.

Que pensez-vous du taux de participation aux élections législatives du 11 décembre dernier?

Le taux de participation aux législatives est négatif, mais cela s’explique par le fait que les populations ont encore peur et dans ces conditions, elles ne peuvent pas sortir. Mais je félicite le Chef de l’Etat pour avoir maintenu la date du 11 décembre 2011 pour la tenue de ces élections législatives. On a organisé l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 après quatre reports et cela a donné le résultat que nous avons connu, parce que reporter des élections ne fait que prolonger les souffrances des populations. Le président Ouattara a décidé de maintenir la date, contrairement au souhait de certains, mais peu importe le nombre de personnes qui se sont déplacées pour voter. Il fallait doter la Côte d’Ivoire d’un parlement, qu’il se mette au travail pour reconstruire la Côte d’Ivoire.

Vous êtes rentré pour apporter votre contribution pour la reconstruction et la relance économique de la Côte d’Ivoire, comment entrevoyez-vous cette contribution ?

Je suis avant tout un homme d’affaires. J’investissais en Europe, j’ai l’intention d’investir en Côte d’Ivoire. Pour ce qui est de ma contribution au plan politique et diplomatique, il appartient aux autorités actuelles de décider. Mais je suis partant pour que l’économie ivoirienne reprenne.
Réalisé par Olivier Dion

L'intelligent d'Abidjan

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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 11:12

gbagbo a korhogoPlusieurs centaines de partisans du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo, détenu depuis son arrestation le 11 avril, ont réclamé dimanche à Abidjan sa libération lors d`un meeting qui s`est déroulé sans incident, a constaté un photographe de l`AFP.

Le précédent meeting du Front populaire ivoirien (FPI), ex-parti au pouvoir, avait été annulé le 15 octobre à la demande du gouvernement du nouveau chef de l`Etat Alassane Ouattara, qui craignait des débordements après des violences lors d`un autre rassemblement FPI une semaine plus tôt.

Les sympathisants de l`ancien président étaient réunis sur une place du quartier de Marcory (sud) pavoisée d`affichettes "Libérez Gbagbo", alors que des forces de l`ordre peu nombreuses et appuyées par l`ONU sécurisaient le secteur.

"Sans Gbagbo, la réconciliation est impensable. Libérez Gbagbo et les autres détenus et le reste suivra!", a lancé à la tribune Tapé Kipré, un responsable du FPI.

Le camp Gbagbo a de nouveau menacé de boycotter les législatives du 11 décembre, destinées à parachever la normalisation après la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011, si la Commission électorale indépendante (CEI), actuellement contrôlée par les pro-Ouattara, n`est pas recomposée. Il a suspendu sa participation à une commission jugée
"déséquilibrée".

M. Gbagbo a été arrêté le 11 avril après plus de quatre mois de crise, dont deux semaines de guerre, née de son refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010. La crise a fait quelque 3.000 morts. Lire la suite sur)))

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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 11:40

gbagbo a korhogoDepuis le 11 avril dernier, Laurent Gbagbo est en captivité à Korhogo. L’homme qui narguait et bravait ses compatriotes, l’Afrique et le Monde, dans sa folle et suicidaire aventure de confiscation d’un pouvoir perdu dans les urnes, n’est plus que l’ombre de lui-même. Tant il a été réduit à sa plus simple expression. Exit « le combattant intrépide », « le Woudy de Mama », « le guerrier sans peur et sans pitié » ! Or donc, tout n’était que vanité ! Cela fait maintenant six mois que l’ancien opposant historique a été freiné dans son élan à conduire la Côte d’Ivoire à la guerre civile, et le déluge tant annoncé par ses laquais et hagiographes, s’il perdait le pouvoir, n’est pas arrivé. Mieux, plus personne, mis à part ses inconditionnels qui donnent dans les cris d’orfraie, ne se souvient encore de ce chef populiste à souhait, qui se prenait pour le centre de notre pays. A la vérité, plus que les urnes et la guerre perdue qu’il a engagée, Gbagbo s’est vaincu lui-même par la posture affichée, durant sa décennie de pouvoir. Pour le chef qu’il n’a jamais été, il parlait trop. Il parlait mal et déparlait le plus souvent. Alors que le chef est guidé par la sagesse, la pondération, l’humilité voire l’humiliation, Laurent Gbagbo était un homme belliqueux, provocateur et par trop volubile. Le penseur et philosophe chinois, Lao Tseu ne croyait pas si bien dire en affirmant que: « Celui qui peut vaincre les autres est fort. Celui qui s’est vaincu lui-même est vraiment puissant ». Telle est la tragédie du roi Gbagbo, l’homme victime de son propre discours, qui a fini par le perdre. Egrener les discours de l’ancien président ici, serait un travail titanesque, tant il a parlé à profusion dix années durant. Au point de tomber dans la vulgarité et la familiarité. Plus grave, contrairement à ses prédécesseurs et à son suivant, Gbagbo est parvenu à désacraliser un pouvoir justement sacré. Au lieu de rester sur le pinacle, il est descendu librement dans la mêlée, comme les gladiateurs entrent dans l’arène. Dès sa prise de fonction officielle, il lance à la cantonade à ses compatriotes : « Je voulais être Président pour montrer qu’un enfant de pauvre peut arriver au pouvoir ». Un programme bien maigre, s’il en est ! Qui a dit que la pauvreté était une tare congénitale ? Un Président qui a une telle conception de la conquête du pouvoir ne peut qu’annoncer un mauvais présage pour sa gouvernance. Quelques années plus tard, en 2005 à Agboville, il avouait publiquement devant ses militants et partisans éberlués, qu’il ne faisait plus partie de la classe des pauvres. « Avant, on n’avait rien. Maintenant, on a un peu ». On peut bien le dire quand on a un fonds de souveraineté de plus de 75 milliards pendant presqu’une décennie. Pour avoir gagné l’argent si facilement et troqué les habits défraichis des années d’opposition contre des costumes de bonne frappe,

« Avant, on n’avait rien. Maintenant, on a un peu »

Laurent Gbagbo ne pouvait qu’inscrire la facilité, le laxisme et l’impunité au cœur de son pouvoir. C’est pourquoi, recevant une fois les jeunes, il a dérouté plus d’une personne en tenant ces propos d’une extrême gravité : « On n’a pas besoin d’avoir un diplôme pour devenir quelqu’un ». Il ouvrait la boîte de Pandore du laxisme, de la facilité et de la tricherie, portés aux nues. Pour « être quelqu’un dans ce pays » sous Laurent Gbagbo, les jeunes notamment ceux dits « patriotes », ont pris le discours à la lettre et ont donné dans les raccourcis pour se forger une conviction. Ainsi, sous le Seplou de Mama, tuer les autres, tricher et frauder aux examens conférait une « respectabilité. La licence ainsi délivrée, sur le campus, Blé Goudé et ses sbires avaient réalisé une OPA sur les cités universitaires, prenaient en otage des chambres qu’ils louaient à des particuliers. Ceux qui étaient plus « courageux », assassinaient des opposants et devenaient ainsi des modèles à imiter dans une société en pleine déconfiture morale et identitaire. N’est-ce pas que Blé Goudé Charles, le tueur, le tricheur à la licence d’anglais était présenté comme un exemple sous la refondation ? C’est sûr, Gbagbo était un Président atypique, qui tuait de façon abrupte, tous les canons de légitimité et de pensée des hommes d’Etat. Les situations cocasses qui appelaient la sanction, étaient justement banalisées, voire encouragées. Un homme bien déroutant, que Laurent Gbagbo ! En 2009, lors d’une réception, il n’a pas hésité à donner un blanc seing à Marcel Gossio, l’ancien DG du Port Autonome, accusé de prédation des deniers publics. « Gossio, on dit que tu manges ! Continue de manger », a-t-il déclaré, au grand étonnement de l’assistance.

«Quand j’étais petit, je volais souvent »

Il ne fallait pourtant pas s’en offusquer, outre mesure. Telle était vraiment la psychologie de l’homme. On se rappelle qu’en 2008, au moment où le scandale des faux dollars mettait en cause l’un de ses collaborateurs, Gbagbo avait suscité l’hilarité générale quand la gendarmerie lui a présenté des échantillons de faux billets, en ces termes : « Mais, ce n’est même pas beaucoup… » Il aurait fallu présenter certainement des sacs de faux billets, pour émouvoir le roi Gbagbo. En meeting à Gagnoa, sa ville natale, précisément au quartier Dioulabougou, toujours en 2009, il a lâché le mot, véritable séisme pour les esprits lucides, mais la marque bien distinctive de sa gouvernance : « quand j’étais petit, je volais souvent pour manger ». En d’autres termes, voler n’est plus un défaut et un malandrin peu bien accéder un jour à la Magistrature Suprême. Ce message burlesque à souhait, a été bien compris par ses collaborateurs, qui ont ouvert la curée de l’économie nationale. Le vol généralisé est donc devenu le vecteur commun à tous les refondateurs. Là-dessus, les affaires n’ont pas manqué. Les commissions sur les achats d’armes, les 100 milliards de Trafigura suite aux déchets toxiques, le scandale des emplois fictifs au palais présidentiel, les milliards du café cacao, les 100 milliards de l’usine fictive de Fulton aux Etats-Unis, la casse des banques pendant la crise post-électorale….

«S’il n’y a pas d’élection, ça fait quoi » ?

La donne est connue. Quand on est nanti, le premier reflexe est assurément d’agrandir son harem. A tous ceux qui l’accusent, à tort ou à raison, d’avoir une pléthore de femmes, Laurent Gbagbo, le premier des citoyens à l’époque, ironisait en ces termes, face à la nation : « qui n’a pas de deuxième « bureau » dans ce pays ? Qui ? » La cerise sur le gâteau vient certainement de sa volonté à embastiller la démocratie et à organiser la répression tous azimuts. En novembre 2000, à ceux qui mettaient en doute son élection obtenue dans des « conditions calamiteuses » et dans le sang des Ivoiriens, il lance ses propos sans détour : « Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j’avance ». En décembre 2000, il récidive quand les militants du Rassemblement Des Républicains manifestent pour protester contre l’invalidation de la candidature du Président Ouattara aux législatives. A la télévision, Laurent Gbagbo donne licence aux soldats de massacrer son peuple : « Ordre est donné aux forces de l’ordre et de défense de châtier les fauteurs de troubles ». D’Abidjan aux villes de l’intérieur, une répression sans commune mesure s’abat sur les opposants. On dénombre plus d’une centaine de victimes. En mars 2004, il remet le couvert, à la faveur d’une marche du G7, réclamant la transparence des élections. Après avoir décrété le Plateau « Zone rouge », Gbagbo met en garde dans un discours sans équivoque sur ses intentions. « Si vous marchez, l’armée fera son travail », dit-il sur le petit écran. Bien sûr, l’armée aux ordres du dictateur a bien « fait son travail ». On a compté plus de 120 morts et des centaines de blessés.

« Matez sans réfléchir »

En octobre 2009, devant les exigences de son opposition qui réclame la tenue des élections, l’ancien et nouvel opposant historique réagit par une boutade à la démocratie et à l’alternance : « S’il n’y a pas d’élection, ça fait quoi ? » En août 2010, à Divo, lors de l’installation de la CRS, il conforte son choix pour un passage en force au scrutin présidentiel, en instrumentalisant davantage les forces de défense : « Matez sans réfléchir ! » Enfin, à la veille de la dernière élection présidentielle, arguant qu’il est « le candidat des Ivoiriens » et « l’enfant du pays », il mettait en garde ses opposants et la communauté internationale qui serait regardante sur la sincérité du vote. « Je n’ai peur de personne », martèle t-il, à la grande joie de ses inconditionnels. La suite, on la connaît ! Après cinq mois d’une crise post-électorale due à son refus de céder le pouvoir perdu dans les urnes, Laurent Gbagbo a fait une autre guerre qu’il a perdue, avant de se retrouver en détention. Plus que la loi des armes, ce sont les propres paroles du chef de la refondation qui l’ont perdu.
Une analyse de Bakary Nimaga

Le Patriote

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Par Seth KOKO - Publié dans : Réflexion Africaine
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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 12:36

Ado Malabo0201. Conformément à l’engagement commun de soutenir le bon voisinage et de développer une coopération plus productive et mutuellement plus profitable entre le Ghana et la Côte d’Ivoire, à travers des consultations régulières, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire a effectué une visite d’amitié et de travail au Ghana le jeudi 06 Octobre 2011, à l’invitation de Son Excellence le Professeur John Evans ATTA-MILLS, Président de la République du Ghana.

2. Son Excellence Monsieur le Président Alassane OUATTARA a été accompagné par une délégation de haut niveau composé du Ministre d’Etat, Ministre de la Justice Garde des Sceaux, du Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, du Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, du Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie et du Ministre délégué chargé de la Défense.

3. La visite a fourni aux deux présidents et aux membres de leurs délégations ministérielles, une autre occasion d’examiner les situations politiques et de sécurité dans les deux pays et de réaffirmer leur détermination de renforcer leurs relations et leur coopération bilatérales et conjuguer leurs efforts en vue d’œuvrer pour favoriser la paix, la réconciliation et la gouvernance démocratique dans leurs pays respectifs et au sein de la communauté régionale en générale.

4. Son Excellence Monsieur le Président Alassane OUATTARA a informé Son Excellence le Président John Evans ATTA-MILLS de l’amélioration de la situation sécuritaire, politique et économique en Côte d’ivoire et a répété sa profonde appréciation et sa gratitude pour l’encouragement constant, la participation remarquable et la contribution inestimable que le Président ATTA-MILLS et le Gouvernement ghanéen lui ont accordés quant au processus d’unité nationale et la reconstruction de son pays.

5. Le Président John Evans ATTA-MILLS a réaffirmé l’engagement soutenu et la contribution du Ghana aux efforts de paix et de réconciliation de son pays et a rendu hommage au Président OUATTARA pour l’installation récemment de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation destinée à assurer le bien commun de toute la population de la Côte d’Ivoire.

6. Les deux chefs d’Etat et leurs délégations ont examiné la situation des refugiés ivoiriens au Ghana et ont convenu d’encourager les refugiés à retourner de leur propre gré au pays pour contribuer au processus de réconciliation nationale et de développement. A cet égard et reconnaissant le fait que rapatriement volontaire des réfugiés s’il est réalisé, sera la meilleure solution au problème de refugiés, les deux pays se sont entendus et ont signé au cours de la visite, un accord Tripartite avec le HCR pour le rapatriement volontaire de refugiés ivoiriens au Ghana.

7. Les deux parties ont convenu de s’engager conjointement avec le HCR pour poursuivre plus énergiquement leurs efforts de rapatrier du Ghana vers un pays tiers, qui n’a pas de frontière commune avec la Côte d’Ivoire, tous les réfugiés ivoiriens identifiés comme étant des anciens combattants.

8. Le Président John Evans ATTA-MILLS a une fois encore réitéré l’engagement du Ghana de soutenir entièrement les efforts déployés pour assurer la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire et a rassuré le Président OUATTARA que le Ghana n’encouragerait, ne tolérerait ni ne soutiendrait aucune activité de déstabilisation de la part des réfugiés ivoiriens à partir de son territoire.
9. Le Président Alassane OUATTARA a demandé, dans cet esprit, la mise en œuvre complète des commissions Rogatoires et des Mandats d’arrêts émis contre des présumés coupables d’infractions commises suite à la crise post électorale. La partie ghanéenne a accepté d’examiner ladite question après avoir consulté les autorités ghanéennes compétentes.

10. Vu l’importance que les deux parties accordent aux questions de sécurité, elles ont convenu que les agences nationales en charge de la sécurité des deux pays, vont se rencontrer en Côte d’Ivoire aussitôt que possible, pour aborder les questions d’intérêt commun en vue de renforcer la sécurité et stabilité des deux pays.

11. Concernant la question des frontières maritimes communes entre le Ghana et la Côte d’Ivoire, devenue très importante à la suite de la découverte du pétrole au Ghana, les deux parties ont noté avec satisfaction, le progrès réalisé jusqu’ici quant aux consultations et négociations à propos de la délimitation de la frontière et ont réaffirmé la position commune qu’ils ont adoptée de continuer à œuvrer pour parvenir à une solution amicale et mutuellement acceptable. Les deux parties, par conséquent, ont accepté de convoquer la prochaine réunion mixte consultative de démarcation de la frontière à Abidjan à la mi-novembre 2011.

12. A propos de la coopération bilatérale en générale, les deux parties ont accepté de tenir la 9ème session de la Commission Mixte Permanente de Coopération à Accra dans le courant du premier trimestre de l’an 2012.

13. Quant à l’intégration Régionale, les deux parties ont reconnu les défis qui se dressent dans la voie de la réalisation effective des aspirations des pays membres de la CEDEAO en particulier et de l’union Africaine en général et ont accepté de conjuguer leurs efforts collectifs et réunir leurs ressources pour accélérer le processus de l’intégration. Certains projets (notamment autoroutiers pourraient faire l’objet des rencontres spécifiques ultérieures) à travers la consultation et la collaboration intensives.

14. Pendant la visite, le Président Alassane OUATTARA a rendu hommage à la mémoire du Premier Président et Premier défenseur de l’Unité Africaine, OSAGYOFO Dr. KWAME N’KRUMAH, et a déposé une gerbe de fleurs au Mausolée édifié à sa mémoire.

15. Dans l’esprit de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, le Président OUATTARA a rencontré et a discuté de l’avenir de son pays avec les différentes couches de la Communauté ivoirienne au Ghana y compris des représentants des ivoiriens venus des différents camps de refugiés du Ghana.

16. Le Président OUATTARA a beaucoup apprécié et salué l’accueil et l’hospitalité chaleureux et fraternels réservés à sa délégation et à lui-même et a invité le Président John Evans ATTA-MILLS à rendre une visite réciproque en Côte d’Ivoire très prochainement au moment qui lui conviendra.

17. Le Président John Evans ATTA-MILLS accepté avec chaleur l’invitation dont la date sera fixée de commun accord par la voie diplomatique normale.

Fait à Accra, le 06 octobre 2011.

Pour la République de Côte d’Ivoire,
Le Ministre d’Etat, Le Ministre des Affaires Etrangères
DANIEL KABLAN DUNCAN


Pour la République du Ghana,
Ministre des Affaires Etrangères, et de l’Intégration Africaine
ALHAJI MUHAMMED MUMUNI

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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 14:21

Ado Malabo020Le président de la République de Côte d’Ivoire sera en visite officielle, demain jeudi 6 octobre 2011, à Accra au Ghana. Outre les échanges avec son homologue John Atta Mills, il est prévu une rencontre d’Alassane Ouattara avec les Ivoiriens en général et les pro-Gbagbo en particulier, vivant au Ghana. Hier soir, les partisans du chef de l’Etat déchu étaient encore en réunion pour voir s’ils devaient prendre part aux échanges avec le numéro 1 ivoirien. Les positions étaient partagées au départ, mais finalement il a été arrêté qu’une délégation du Front populaire ivoirien et ses alliés du Congrès national de la résistance pour la démocratie (Fpi/Cnrd) rencontre M. Ouattara à Accra. C’est d’ailleurs cette position que défendait, a-t-on appris de source crédible, les autorités ghanéennes. Finalement, les pro-Gbagbo l’ont admise. A l’exception de Koné Katinan Justin. Le porte-parole de Laurent Gbagbo a martelé, hier soir, au cours d’un entretien téléphonique, qu’il allait boycotter cette entrevue pour, essentiellement, deux choses. Un : protester contre « la volonté affichée du président Ouattara d’envoyer le président Gbagbo devant la Cpi ». Et deux : dénoncer la manière « dégradante et humiliante » dont son chef, Laurent Gbagbo, est traité par les autorités ivoiriennes. « Je ne peux pas accepter que Laurent Gbagbo qui a été président de la République soit traité devant un tribunal de droit commun comme le plus petit des bandits. Si vous ne le savez pas, je vous informe que les autorités judiciaires ivoiriennes ont décidé que désormais le président Laurent Gbagbo soit entendu, non pas dans la résidence dans laquelle il est à Korhogo, mais au tribunal de Korhogo », a souligné M. Koné Katinan, se disant, toutefois, disposé à l’ouverture d’une vraie discussion. « J’ai du respect pour les autorités ghanéennes qui souhaitaient cette rencontre. Je suis ouvert aux discussions, mais je constate que le président Ouattara n’est pas disposé à aller à la réconciliation; sinon il n’allait pas traiter comme il le fait, le président Gbagbo », a fait savoir l’ex-ministre délégué au Budget du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo.
De son côté, Zasso Patrick alias « En Global » a réfuté les informations selon lesquelles, certains pro-Gbagbo en exil au Ghana et lui s’apprêteraient à perturber la visite d’Alassane Ouattara à Accra. Quand nous l’avons joint par téléphone, hier mardi 4 octobre 2011, il a exprimé sa surprise face à de telles allégations. « Je ne prépare rien » contre le président Ouattara, a réagi Zasso Patrick. « Nous sommes des réfugiés. Nous sommes sous protection du Hcr. Le pouvoir ghanéen nous reconnaît. Nous ne savons pas pour quelle raison, nous allons organiser des manifestations hostiles pendant l’arrivée de Ouattara à Accra », a souligné l’ex-porte-parole jeune du candidat Alassane Ouattara pendant la présidentielle dernière, ajoutant que la majorité des pro-Gbagbo va boycotter la visite que le chef de l’Etat ivoirien effectue ce jeudi 6 octobre 2011 dans la capitale ghanéenne. « Nous avons appris qu’ils sont en train de convoyer des gens pour aller accueillir Ouattara à Accra. Mais nous les partisans du président Gbagbo, nous ne nous sentons pas concernés par ça », a fait savoir M. Zasso.
SYLLA A.

Soir Info

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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 14:00

http://photo.parismatch.com/media/photos2/actu/politique/robert-bourgi/936377-1-fre-FR/actu-politique-Robert-Bourgi.jpg

Devant la police française, Robert Bourgi a affirmé s’être "trompé" en accusant le président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim d’avoir contribué au financement occulte de la campagne de Jacques Chirac en 2002. Robert Bourgi fait machine arrière sur le cas du Sénégal. Lors de son audition à la brigade financière de Paris, jeudi 22 septembre, il a réitéré ses déclarations sur le financement des partis de droite français par des chefs d’État africains, à l’exception de l’un d’entre eux : le Sénégalais Abdoulaye Wade. L’avocat Robert Bourgi et « héritier » des réseaux de la Françafrique avait accusé Abdoulaye Wade et son fils et ministre d’État Karim d’avoir versé de L’argent liquide à Dominique de Villepin et Jacques Chirac pour le financement de la campagne de 2002. Devant les policiers, il a affirmé s’être « trompé » sur leur cas, niant désormais l’existence même de transferts entre les deux présidents.

L'"émotion" de Bourgi

Son avocat, Maître Eric Dupond-Moretti, a justifié cette « erreur » de Robert Bourgi par l’« émotion » qui était la sienne dans cette « démarche personnelle », dans une interview à Rfi. Robert Bourgi avait pourtant accusé les Wade père et fils en deux temps. Il avait d’abord affirmé qu’Abdoulaye Wade avait financé le clan Chirac à hauteur d’un million de dollars, ce qu'avait alors catégoriquement démenti le porte-parole de la Présidence sénégalaise. Puis, dans un entretien accordé au quotidien sénégalais “L'Observateur”, il avait ensuite accusé Karim Wade d'avoir remis la même somme à Dominique de Villepin alors secrétaire général de l’Élysée. Abdoulaye et Karim Wade avaient annoncé leur intention de porter plainte en diffamation contre Robert Bourgi, à Dakar et à Paris. En juillet dernier, Robert Bourgi avait déjà fait des déclarations embarrassantes pour le clan Wade en affirmant que Karim l’avait appelé, pendant les émeutes de Dakar, pour réclamer une intervention de l’armée française. La Présidence sénégalaise avait démenti une telle demande. Le rétropédalage de Robert Bourgi doit-il être interprété comme le premier pas vers une réconciliation avec les Wade ? Sur les accusations contre les autres chefs d’État africains (Blaise Compaoré du Burkina Faso, Laurent Gbagbo, l’ancien président de Côte d'Ivoire, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville et Omar Bongo, le défunt président du Gabon), son avocat affirme en revanche qu’il maintient « l’ensemble de ses déclarations ».
Patrick N’Guessan

Le Mandat

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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 12:32

UA CARTECeux qui sont à la base du printemps arabe, qui ont financé la révolution égyptienne et la rébellion libyenne, sont en réalité les mêmes qui décident de s’attaquer aux derniers bastions de la dictature sur le continent noir, en fonction bien entendu de leurs intérêts. Les peuples africains n’ont pas leurs mots à dire dans la marche de leurs pays respectifs. Ce qui compte, c’est ce qui fait l’affaire de la France. Cela a d’ailleurs été ainsi depuis l’ère coloniale et ce n’est pas aujourd’hui que les choses changeraient. N’en déplaise à ceux qui croient naïvement aux discours de Nicolas Sarkozy prononcé, l’un au Cap en Afrique du Sud, l’autre à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar au Sénégal. Encore moins, le discours du président américain Barack Obama à Accra au Ghana. Fouillez dans l’accouchement de l’avocat franco libanais Robert Bourgi, vous y trouverez à boire et à manger. Bourgi avait soif après trente ans de bouche cousue. D’où cette explosion inattendue dont l’onde de choc fait déjà dégât. D’abord dans Le Journal Du Dimanche ensuite la radio française Rfi, et depuis un moment l’avocat s’est métamorphosé en présentateur télé radio, ses apparitions médiatisées ne sont plus comptées. Mais là n’est pas le problème. Le hic, c’est que Robert Bourgi, non seulement frappe dans le mile en écorchant au passage les pères de la nation et leurs héritiers, mais il a le mérite de livrer des informations jusque-là gardées secrètes – et trente ans que ça dure -, dans les dédalles des palais africains et de l’Elysée. Il a beau se présenter comme «repenti», l’homme ne demeure pas moins une ténébreuse Vip transformée en banal transporteur de «mallettes, des djembés, des sacs … bourrés d’argent» dans un ballet, Palais présidentiels d’Afrique – salon doré de l’Elysée. Que promettait la France à tous ces chefs d’Etat en échange de tout cet argent ? Questionne Rfi. La réponse du «dénonciateur» n’est pas rassurante pour les régimes trentenaires d’Afrique francophone. Mise en bouche : «Mensonges, mensonges, mensonges, promesses non tenues, promesses non tenues». Ce qui n’est pas … faux ! … Eh hop ! «C’est-à-dire que la France fermait les yeux sur certaines dérives du pouvoir en Afrique. Aujourd’hui le président Nicolas Sarkozy, aidé du ministre des Affaires étrangères (…) Alain Juppé, veulent aujourd’hui des régimes sains, acceptés par le peuple. Vous savez très bien la position de notre pays vis-à-vis du Burkina Faso. Blaise Compaoré est tenté par un cinquième ou sixième mandat. On lui a fait comprendre qu’il était temps de penser à partir. Pareil pour la Guinée équatoriale, pareil pour d’autres pays (…) Je veux l’aider parce que le président Sarkozy, vous imaginez bien que je le vois assez régulièrement, me demandait «qu’est-ce que tu penses de tel pays?». Je lui disais «Cela fait trop longtemps que le président est en place. On ne peut pas accepter cela. S’il y a eu un «printemps arabe», il va y avoir un «printemps africain». Ça va être redoutable». «Qu’est ce que tu penses du Sénégal ?». Je lui ai donné ma façon de penser. «Qu’est-ce que tu penses du Burkina Faso ?». Je lui ai dit ce que je pensais du Burkina».
Wade et Compaoré sont prévenus !
Ça va barder les mois à venir dans les protectorats français. Beaucoup de chefs d’Etat sont de ce point de vue dans le viseur de «l’effaceur» Nicolas Sarkozy. Il s’agit de Dénis Sassou N’Guesso du Congo Brazzaville, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Abdoulaye Wade du Sénégal, Théodoro Obiang N’Guema M’bassogo de Guinée Equatoriale, Idriss Déby Itno du Tchad, Paul Biya du Cameroun … La France s’en va en guerre, bientôt, contre ses dictatures choyées d’Afrique. Que s’est-il donc passé pour que la puissance coloniale décide d’abandonner ses complices d’hier ? Rien ! Simple question de réadaptation des stratégies. Le monde change et du coup il s’impose une mutation à ceux qui espèrent faire partir du jeu. Le système reste en place, seules les équipes dirigeantes changent, par endroits on y injecte du sang neuf. Le nouvel ordre mondial version française. Ceux qui sont à la base du printemps arabe, qui le financent, sont en réalité les mêmes qui décident de s’attaquer aux derniers bastions de la dictature sur le continent noir, en fonction bien entendu de leurs intérêts.
Bertina Soro

Source: Le Temps

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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 13:07

bedie-ado.jpgEn 1989, l’Unesco a institué le Prix international Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix dans le monde. Pour l’attribution du Prix, édition 2010, le pouvoir Ouattara, héritier de l’idéologie Houphouetiste a sorti la grande artillerie. Toute la Côte d’Ivoire a été mobilisée autour de la cérémonie d’hier. Ce Prix, édition 2010, pour la recherche de la paix est revenu à l’Ong «Les grand-mères de la place de mai» d’Argentine pour leur noble combat qui a permis de retrouver de nombreux enfants arrachés à leurs familles d’origine par la dictature argentine de 1976 à 1983. Les grand-mères de la place de mai, pendant plus de 20 ans de lutte contre cette injustice, ont ramené dans leurs familles respectives 105 enfants volés à leurs parents. L’Ong, selon sa présidente, Mme Estella Barles de Carleto continue la recherche des 400 autres enfants concernés par ce fléau. Une médaille, un diplôme et 122.000 euros (soit 80 millions de Fcfa) ont été remis aux lauréates du Prix 2010 qui ont reçu le soutien de Mme Cristina Kirchner, présidente de la République d’Argentine, qui a félicité ces grand-mères qui, «malgré toutes les pressions politiques qu’elles ont subies, n’ont jamais voulu emprunter le chemin de la violence pour parvenir à leur fin». Le parrain du Prix, M. Abdou Diouf, a salué la persévérance de ces grand-mères face au mépris du temps et au discrédit que certains hommes politiques de leur pays ont voulu jeter sur leur noble lutte.

«Cet engagement nous rappelle qu’on ne combat pas le crime par l’injustice ou par la violence», a-t-il reconnu. Mme Irina Bokova, directrice de l’Unesco, a salué le mérite des grand-mères de place de mai qui ont largement contribué à la progression de la législation et de l’identification des nouveaux nés dans leur pays. Au nom de la République française, Michel Mercier, Garde des sceaux, ministre de la Justice, représentant le président Sarkozy, a salué l’intransigeante force des grand-mères dont l’action a mis fin à l’impunité face aux violations des droits de l’enfant en Argentine.

unesco-2.jpgLe pari gagné du tandem Ouattara-Bédié

C’est un véritable pari gagné par le tandem Ouattara-Bédié qui a permis le retour de la Côte d’Ivoire aux grands rendez-vous mondiaux. Et ce ne sont pas Lionel Jospin et ses camardes socialistes, présents à cette cérémonie qui diront le contraire. A juste titre, Alioun Traoré, Secrétaire exécutif du Prix, a salué la fidélité de ce binôme présidentiel à la mémoire du premier président ivoirien, apôtre de la paix. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a rendu un hommage appuyé à Henri Konan Bédié, protecteur du Prix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix. Il a soutenu percevoir au mieux l’importance de la paix chez tous les Ivoiriens avec la crise qu’a connue son pays : «La Côte d’Ivoire, connue jadis pour sa stabilité politique et économique, a sombré dans une crise politique la plus dramatique de son histoire», a soutenu le président Ouattara. Il a déploré que l’élection organisée pour mettre fin à cette crise ait éloigné les Ivoiriens encore plus des valeurs qui les incarnaient. Mais, le protecteur du Prix, Henri Konan Bédié, a rassuré l’assemblée quant au retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire : «La Côte d’Ivoire qui vous causait tant d’inquiétudes est sortie de la crise. Sous Ouattara, la Côte d’Ivoire respire et travaille», a dit Bédié.
Sam-Wakouboué

L'expression

Le discours du Chef de l'état ivoirien M. Alassane Ouattara

ado-unesco.jpgMadame et Messieurs les chefs d’Etat et de Gouvernement,
Monsieur le Président Abdou DIOUF, Parrain du Prix,
Monsieur le Président Henri Konan BEDIE, Protecteur du Prix,
Madame la Directrice générale de l’UNESCO,
Monsieur le Président et Honorables Membres du Jury,
Madame la Présidente de l’Association des « Grand-mères de la place de mai », Lauréate du Prix,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Madame la Directrice Générale,

Au nom du peuple ivoirien, de la délégation que j’ai l’honneur de conduire ainsi qu’en mon nom propre, je voudrais vous exprimer toute la joie et la fierté que j’éprouve à participer, en cette prestigieuse Maison de l’UNESCO, haut lieu de culture et de paix, à la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la Paix.

Permettez-moi de vous adresser les sincères remerciements de la délégation ivoirienne pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé et pour les multiples attentions dont elle a fait l’objet depuis son arrivée dans cette auguste Institution.

C’est pour moi, le lieu de vous remercier également de l’attention toute particulière que vous accordez à ce prix auquel toute la Côte d’Ivoire est sentimentalement attachée, eu égard au fait qu’il pérennise la philosophie et l’œuvre de paix du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY. Soyez assurée du soutien total de mon pays à l’action que vous menez à la tête de l’UNESCO.

Ma satisfaction est d’autant plus grande que cette cérémonie me donne l’opportunité de rencontrer Madame Cristina Fernandez KIRCHNER, Présidente de la République argentine, pays d’origine de l’Organisation lauréate que l’UNESCO honore aujourd’hui.

Madame la Présidente, votre présence est pour moi une marque d’amitié à l’égard de la Côte d’Ivoire. Soyez en remerciée.

Je tiens à saluer le Représentant du Président Nicolas Sarkozy, Monsieur Michel Mercier, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. Permettez-moi de saisir cette occasion pour remercier la France de l’appui constant qu’elle n’a cessé d’apporter au Prix Félix HOUPHOUET-BOIGNY pour la recherche de la Paix depuis sa création.

Je voudrais aussi profiter de cette occasion pour rendre un hommage appuyé au parrain du Prix, le Président Abdou DIOUF, pour sa grande disponibilité à perpétuer l’œuvre du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY ; ce qui témoigne, d’une part, de l’amitié sincère qu’il entretenait avec le père fondateur de la nation ivoirienne, et d’autre part, de son attachement au peuple ivoirien.
Mes salutations les plus chaleureuses et affectueuses s’adressent également à mon ainé, le Président Henri Konan BEDIE à qui son illustre prédécesseur a confié, à juste raison, la lourde mission de protéger le Prix et d’en perpétuer la renommée.

Au delà de ses qualités d’Homme d’Etat et de grand bâtisseur, le Président BEDIE a toujours mis au cœur de ses préoccupations, à l’image du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY, l’intérêt supérieur des ivoiriens et de la Côte d’Ivoire.

Depuis plus de vingt (20) ans, les Présidents DIOUF et BEDIE ont apporté leur soutien sans faille au Prix à travers leur présence à toutes les cérémonies. Soyez en remerciés au nom du Peuple ivoirien et en mon nom propre.

Je voudrais également exprimer la gratitude du peuple ivoirien aux Honorables membres du Jury, notamment aux Présidents Mario SOARES, Joaquim CHISSANO et Vigdis FINNBOGADOTTIR, Personnalités éminentes du monde politique, dont la présence au sein de ce distingué Comité de sélection, confère au Prix Félix HOUPHOUET-BOIGNY un grand label de qualité.

A vous tous Honorables Membres du jury, qui, une fois encore, avez su rallier l’opinion internationale à votre choix des Lauréates, je voudrais vous féliciter pour la justesse de votre décision.
Je remercie sincèrement tous les Chefs d’Etat qui, par leur présence à cette cérémonie, lui confèrent un cachet particulier et rendent par la même occasion un vibrant hommage à la mémoire du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY.

Je voudrais, enfin, exprimer à Monsieur Alioune TRAORE, Secrétaire exécutif de ce prestigieux Prix, toute ma reconnaissance pour sa contribution inlassable à la notoriété de ce Prix.

Madame et Messieurs les Présidents,
Madame la Directrice Générale,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

A travers la désignation de l’ONG « Grand-mères de la Place de Mai », le jury international met en exergue la noblesse du combat de ces braves dames, fondé sur des vertus telles que le courage, la détermination et la justice.
Ce choix symbolise la célébration de l‘humanisme, de la fraternité et de la paix, levains de toute action porteuse d’espérance.

En effet, cette Organisation, fondée en 1977 en Argentine, a permis, grâce à la persévérance de ses membres, de retrouver de nombreux enfants volés pendant la dictature militaire afin de les rendre à leurs familles légitimes.

Cette lutte effrénée en faveur des droits de l’homme et de la justice, initiée dans un environnement hostile, traduit la force de conviction et le prix que ces Mères attachent à la vie humaine.
Certains membres de cette organisation ont certes payé de leur vie cet engagement pour le respect de ces valeurs humanistes, mais elles ont certainement mérité, de la part de la communauté internationale, admiration et reconnaissance.

C’est d’ailleurs, à juste titre que le Parlement européen leur a délivré, en 1992, le Prix SAKHAROV pour la liberté de penser. Dans ce même élan, Madame Estela Barnes de Carlotto, présidente de ladite ONG, a également reçu le 10 décembre 2003, le Prix des droits de l’homme des Nations Unies.

Chères Mères et Grands-mères de la Place de Mai, vous avez su imposer au monde entier votre sens du combat, de la justice et des droits de l’homme. Vous avez su allier non violence, patience et détermination, des valeurs qui devraient davantage inspirer les choix et les actions des leaders de ce monde qui ont à charge la destinée de leur peuple.

C’est pourquoi, je voudrais m’associer à tous ceux qui m’ont précédé à cette tribune pour vous féliciter très chaleureusement au nom du peuple ivoirien.

Madame et Messieurs les Présidents,
Madame la Directrice Générale,

Mesdames et Messieurs,

C’est un immense honneur pour moi ainsi que pour le peuple ivoirien, que le nom de ces femmes soit associé à ce Prix qui perpétue la mémoire du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY, Premier Président de la République de Côte d’Ivoire, dont le combat politique, marqué par la recherche obstinée et permanente de la Paix entre les hommes et entre les Nations, fut unanimement apprécié et salué sur le plan sous-régional, régional et international.

Le Président HOUPHOUET, dans un monde marqué par des cycles de violence et de guerres fratricides, a opté très tôt pour le dialogue comme moyen de règlement des conflits, privilégiant ainsi toutes initiatives allant dans le sens de la Paix.
Comme il le disait si bien : « la paix n’est pas un mot, mais un comportement ». A cet égard, la crise que la Côte d’Ivoire a connue vient nous rappeler, s’il en était besoin, que la paix doit être au cœur des préoccupations des peuples.
C’est pourquoi, mon pays avait décidé d’instaurer la Journée de la Paix, en vue de commémorer, au plan national, le 16 novembre de chaque année, date de la création du Prix.
Ce credo qui a de tout temps sous-tendu l’action politique du Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY

justifie son implication dans la mise en place de mécanismes à même de favoriser l’harmonie entre les peuples.

Ainsi, il a activement contribué à la création d’Organisations sous-régionales et régionales, notamment, le Conseil de l’Entente, la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Banque Africaine de Développement (BAD) et l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) devenue l’Union Africaine.

Au plan national, le Président HOUPHOUET-BOIGNY a œuvré avec abnégation, à travers une politique active de dialogue avec son peuple, au renforcement de la cohésion sociale et à la mise en place des conditions d’un développement économique soutenu.

Madame et Messieurs les Présidents,
Madame la Directrice Générale,
Mesdames et Messieurs,


Comme vous le savez, la Côte d’Ivoire, connue jadis pour sa stabilité politique et ses performances économiques, a sombré pendant plus d’une décennie dans la plus grave crise de son histoire.
Dans la recherche d’une solution de sortie de crise, les Autorités ivoiriennes se sont prêtées aux initiatives de pays amis qui ont permis d’aboutir à l’organisation des élections présidentielles de novembre 2010, sous les auspices de la communauté internationale.

Malheureusement, la crise déclenchée à la suite de ces élections a davantage éloigné le peuple ivoirien de tous ses repères traditionnels et de ses valeurs cardinales que sont la paix, le dialogue, l’hospitalité, la convivialité et la fraternité.
Aussi, la cérémonie de remise de Prix qui nous réunit ce jour revêt à mes yeux un caractère tout particulier. Elle nous donne l’occasion de nous rappeler, qu’il convient de cultiver la Paix, chaque jour davantage, et de la préserver à tout prix.

Madame et Messieurs les Présidents,
Madame la Directrice Générale,
Mesdames et Messieurs,

Au moment où s’enclenche véritablement le processus de réconciliation nationale et de paix dans mon pays, je voudrais au nom du peuple ivoirien et en mon nom personnel, exprimer à l’ensemble de nos partenaires de la communauté internationale, notre profonde gratitude pour les efforts qu’ils n’ont cessé de déployer afin de parvenir à un règlement efficace et définitif de cette crise.
Je salue bien évidemment la France, notre partenaire fidèle de toujours, pour le soutien efficient et multiforme qu’elle n’a pas hésité à nous apporter dès l’éclatement de la crise et surtout pour sa contribution inestimable au triomphe de la Démocratie en Côte d’Ivoire.

Pour sa part, la Côte d’Ivoire, porteuse de valeurs de solidarité et d’ouverture comme lui a enseigné son père fondateur, reste disposée à la mise en place et au renforcement des relations d’amitié et de coopération entre elle et les Nations du monde.
Accueillante et généreuse, la Côte d’Ivoire entend poursuivre sa

politique de rapprochement des peuples en encourageant à la coexistence harmonieuse et fraternelle tous ceux qui vivent sur son territoire.
Mon pays entend promouvoir, avec le concours de l’UNESCO et de la communauté internationale dans son ensemble, la culture de la paix et du développement humain, l’accès à l’éducation pour tous, dans le respect des différences culturelles, la valorisation du patrimoine culturel et naturel, conformément aux objectifs de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture.

Madame la Directrice Générale,

Pour terminer, je voudrais partager avec vous l’espoir que les nobles idéaux de l’UNESCO auxquelles nous souscrivons tous, soient propagés dans le monde entier afin de permettre à la culture de la paix de s’ancrer définitivement dans l’esprit de tous les hommes pour léguer un monde de fraternité aux générations futures.

Je vous remercie.

Le discours du Président Bédié, Protecteur du Prix

bedie-unisco.jpgMadame et Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,
Madame la Présidente du sénat gabonais, représentant le Président de la République gabonaise,
Monsieur le Ministre français de la Justice, représentant le Président de la République française,
Monsieur le Parrain du Prix,
Madame la Directrice générale,
Monsieur le Président, Madame et Messieurs les membres du Jury,
Monsieur le Secrétaire exécutif du Prix,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

C’est avec un plaisir toujours renouvelé que je me retrouve sur cette tribune à l’occasion de la remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

Je me réjouis tout particulièrement de la présence sur cette tribune de Monsieur Alassane Dramane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, de Madame Cristina Fernandez Kirchner, Présidente de la République argentine, de mes frères chefs d’Etat africains et de gouvernement, du Ministre de la Coopération de la République française, venus honorer les lauréates du Prix et rendre hommage à la mémoire du Président Félix Houphouët-Boigny dont la philosophie nous inspirera toujours pour bâtir une Côte d’Ivoire unie et réconciliée dans la paix et la fraternité.

Je salue mon frère, la Président Abdou Diouf, Parrain du Prix, et j’adresse l’expression de ma reconnaissance au Président Mario Soares et aux membres du Jury qui ont placé cette distinction à la tête de leurs préoccupations et contribué ainsi à son prestige et à sa pérennité.

J’ai à cœur d’exprimer ma profonde gratitude à la Directrice générale, Madame Irina Bokova qui, dès son arrivée à la tête du Secrétariat de l’Organisation, a compris l’importance du Prix, le rôle éminent qu’il joue dans la visibilité de l’action de l’UNESCO et lui a immédiatement accordé son appui.

Enfin, je ne saurais passer sous silence le rôle joué par le secrétaire exécutif, Monsieur Alioune Traoré, au sein du Jury, et l’importance de son apport au succès international du Prix.

Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Qui peut évoquer le souvenir du Président Félix Houphouët-Boigny sans lui associer aussitôt le mot « Paix » ?

La paix a inspiré ses pensées et guidé ses décisions. C’était l’objectif ultime de sa politique et le moteur de son action. La paix à laquelle il aspirait était pour lui indissociable de la notion de justice et c’est en cela que les objectifs poursuivis par l’Organisation des Grands-mères de la Place de Mai s’inscrivent dans le droit fil de la philosophie politique du Sage de l’Afrique.
Depuis plus de trente ans, cette Organisation lutte contre l’injustice et l’impunité, demande réparation d’un véritable crime contre la dignité humaine et a fini par triompher de la conspiration du silence et du mensonge.

C’est pourquoi je me réjouis sincèrement de la décision unanime du Jury de décerner le Prix à l’Organisation des Grands-mères de la Place de Mai. Je tiens à saluer la distinguée Présidente de cette Organisation, Madame Estela Barnes de Carlotto, et je lui souhaite plein succès dans son combat pour la justice et la paix.

Excellences,
Mesdames, Messieurs,

La Côte d’Ivoire, qui vous causait tant d’inquiétudes et de préoccupations, est sortie de la crise post-électorale.

Les Ivoiriens respirent et le pays tout entier se remet au travail.

Sous la gouvernance du Président Alassane Dramane Ouattara, un haut cadre pétri d’expérience et de compétence, la Côte d’Ivoire s’attelle à vaincre les derniers obstacles au développement et à la paix. Nul doute que nous lui faisons confiance.

La Côte d’Ivoire entière compte sur l’appui continu de la communauté internationale et de chacun de vous.

Je vous remercie


 
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  • de Seth KOKO
  • : Homme politique ayant longtemps œuvré dans une diplomatie discrète au profit de l'ancien chef de l'état ivoirien, Laurent Gbagbo.« Il est l'auteur du Dialogue Direct inter-ivoirien qui a ramené la paix en Côte d'Ivoire » entre 2006 et 2010. Seth Koko est aujourd’hui opposé à la politique de M.Gbagbo qu’il accuse d’avoir manipulé et trompé les ivoiriens durant ces 10 dernières années.Seth Koko est désormais un Leader d'opinion,défenseur de la société civile ivoirienne
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