Frédéric Thiriez ne regrette pas d'avoir reporté le match OM-PSG dimanche
CréditsMis en cause par les présidents de Marseille et du Paris Saint-Germain, Frédéric Thiriez, le président de la LFP, assume totalement le choix d'avoir reporté d'OM-PSG le jour même du match, invoquant implicitement une décision politique
Aussi bien à La Commanderie qu'au Parc des Princes, une question revenait sur toutes les lèvres dimanche : pourquoi la décision de reporter le clasico OM-PSG, le match présentant les plus hauts risques en France, n'a-t-elle pas été prise un jour plus tôt ? «Ce que j'ai regretté et je m'en suis ouvert auprès du président de la Ligue, c'est ce communiqué de la Ligue hier (Ndlr : samedi) à 13h qui confirmait le match de manière très assuré. On devait être un peu plus prudent et ne pas dire aux supporters parisiens de manière catégorique : Descendez à Marseille, le match aura lieu», accusait ainsi Robin Leproux, le président du PSG, à qui on a reproché d'avoir emmené Jérémy Clément alors qu'il pouvait présenter les symptômes grippaux. Agacé par ce dernier point, Jean-Claude Dassier tenait par ailleurs le même discours. «Hier (Ndlr: samedi), il n'y avait pas de problème. C'était péremptoire. Et puis la situation a évolué puisqu'un 3e cas s'est déclaré et qu'un membre du staff se mouchait le nez. Il est apparu que la situation devenait intenable, que les risques de pandémie étaient considérables et qu'il fallait annuler le match. La décision aurait dû être prise hier (Ndlr : samedi). Elle était prenable hier (Ndlr : samedi)».
Une décision politique
C'est justement sur ce point précis que le débat achoppe. Selon Frédéric Thiriez, il ne pouvait aller à l'encontre de la commission indépendante d'experts médicaux. «Samedi, la commission
d'experts qui nous assiste, et qui je le rappelle est indépendante, m'a répondu qu'il y avait deux cas positifs et que dans ces conditions, le match devait pouvoir avoir lieu. Je l'ai signalé aux
deux clubs en ajoutant qu'une évolution était possible. Je vous laisse imaginer le tollé si j'avais été à l'encontre des experts médicaux, s'est défendu le président de la LFP lundi matin sur les
ondes d'Europe 1. On aurait pris cela soit pour de la folie soit pour la volonté d'avantager telle ou telle équipe». En clair, la décision, impossible à prendre samedi, ne pouvait émaner de la
Ligue seule, suspendue aux risques sanitaires plutôt qu'aux menaces d'incidents à Marseille. Dans cette affaire, c'est bien le champ politique qui a pris le pas sur le champ sportif, comme l'a
souligné l'intervention de Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Sports, dimanche soir. «Je comprends la déception des joueurs, qui se sont préparés à disputer ce match, et des supporters, qui se
sont déplacés, parfois de loin. Mais il s'agit d'une décision de santé publique, prise en conformité avec le cadre proposé par les instructions du comité interministériel de crise, et que chacun
doit respecter».
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