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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 11:53

Un nouveau marché sera autorisé par la Bourse régionale des valeurs mobilière dans l'espace Uemoa, en vue d'aider les petites et moyennes entreprises (PME) n’ayant pas accès au marché officiel, a annoncé le directeur général de la BRVM, Jean-Paul Gillet, vendredi à Abidjan.
Dans le cadre d’une rencontre avec les acteurs publics et privés du marché financier sur le thème "Contribution du marché financier régional de l’Uemoa à la relance des activités économiques en Côte d’Ivoire", vendredi, à Abidjan, le directeur général de la BRVM, conformément aux recommandations des divers panélistes, a décidé de la mise en place d’un marché financier pour permettre aux PME d’investir dans des secteurs prioritaires de l’eau potable, de l’éducation, de la santé et de l’assainissement des Etats membres.
Les panélistes qui ont exposé sur des sous-thèmes tels que "Contribution du marché financier au développement et à la promotion des PME", "Contribution du marché financier à la relance économique : financement des infrastructures et privatisation", ont aussi relevé la nécessité pour les autorités des huit Etats de l’Uemoa de mettre en place un cadre institutionnel cohérent et un dispositif adapté aux besoins des PME.
Il a été également proposé la formation des dirigeants des PME notamment sur la mise en place d’un mécanisme interne d’organisation et de structuration, avec une forte implication des Etats qui devraient favoriser des réformes juridiques, fiscales et institutionnelles.
Les gouvernants sont aussi appelés, au cours de cette rencontre prévue dans les autres Etats membres, à la mise en place de mesures incitatives pour encourager les grandes entreprises et les PME à solliciter le marché financier de l’espace où des opportunités d’investissements post-crise existent.
En Côte d’Ivoire, des besoins de financement, évalués à 4.000 milliards de FCFA pour les cinq ans à venir, dans le cadre du programme "réhabilitation des infrastructures" et ceux du programme présidentiel d’urgence, estimés à 45 milliards au titre de 2012, sont à rechercher dans les différents compartiments du marché financier, indique-t-on.
En attendant, un décaissement de près de 800 millions de dollars est annoncé en novembre 2011, pour le financement du programme économique et financier ivoirien.
AIP

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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 11:30

Ado 1Les éliminatoires de la CAN 2012 ont livré leur verdict ce week-end. Si la Côte d’Ivoire, le Maroc ou encore le Sénégal sont bien de la partie, l’Egypte, le Cameroun et l’Algérie sont eux passés à la trappe. Au rayon des déceptions, on peut évoquer bien sûr l’absence de l’Egypte, triple champion en titre ! Autre absent de marque, le Cameroun dont l’ultime succès ne lui a pas permis de terminer parmi les meilleurs deuxièmes, ou encore le Nigéria, qui avait grandement animé la dernière édition en 2010. L’Algérie a également échoué à se qualifier, tandis que l’Afrique du Sud va faire appel à la Confédération africaine du football (CAF) pour lui réclamer une modification de ses règlements afin de prendre d’a­bord en compte la différence de buts générale et ainsi être qualifié... Une manœuvre en désespoir de cause. En attendant, le Gabon (organisateur), la Guinée Equatoriale (organisateur), l’Angola, le Botswana, le Burkina Faso (en attente de validation par la CAF), la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, la Libye, le Mali, le Maroc, le Niger, le Sénégal, le Soudan, la Tunisie et la Zambie prendront part au banquet final.

Nord-Sud

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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 11:20

LEGRE.jpgéponse du berger à la bergère. Après sa sortie tonitruante de mardi, le ministre des Sports et Loisirs s’est voulu clair une fois pour toutes vis-à-vis de Kady Angelbert : « la FISAM est dissoute… ».

Le ministre des Sports et Loisirs, Philippe Légré, n’a pas tardé à réagir après la sortie médiatique de l’ex-présidente de la (dissoute) Fédération ivoirienne de sports autos et motos (FISAM), Kadidiatou Angelbert. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le secrétaire général du Mouvement des forces d’avenir (MFA) n’a pas été tendre avec elle. Il lui a d’ailleurs adressé un tacle. « Tu dépends de qui ? De quelle fédération à l’internationale ? Le temps des intouchables, c’est terminé… Sous le président Alassane Ouattara, le pays est dirigé. Je ne saurais accepter l’anarchie. Le nouveau patron des sports autos, Alain Ambrosino, va bénéficier de tous les avantages liés à la parafiscalité. Et dans un délai très court, je lui demande de « ressusciter » le rallye Bandama. Créer d’autres types de rallyes. Ce sera votre challenge », a-t-il souligné. En réponse, Alain Ambrosino, ravi, a déclaré : « je vous promets de relever le défi. Je ferai tout pour organiser le Bandama avant la fin de l’année. Il y aura même un championnat de Côte d’Ivoire. Puis, nous viserons l’Afrique et le monde ». C’était hier après-midi, au 3è étage de l’immeuble Hévéas au Plateau, en présence des membres du cabinet du ministère des Sports et Loisirs et de quelques directeurs centraux. Egalement présent à cette cérémonie, le nouveau président de la Fédération ivoirienne de sports motos, Mamadou Soumahoro, n’a guère caché sa joie. Il se réjouit surtout que les textes aient été respectés. Mieux, il a fait quelques promesses : « après 10 ans de léthargie administrative et sportive, nous programmerons incessamment 3 compétitions avant d’attaquer le championnat national. Kady a menacé tout le monde au point où les sponsors avaient peur… ». Quelque peu énervé après ces révélations, Philippe Légré a martelé : « je vais mettre de l’ordre. Personne ne peut m’ébranler. Je suis serein et j’avance. Le ministre de la Justice juge les voleurs. Le ministre des Sports et Loisirs s’occupe de la politique sportive. Je ne sais pas quelle ordonnance une juridiction peut prendre pour associer plusieurs disciplines. J’attends cette ordonnance. Le jour où je volerai, on me mettra en prison (...) Les fédérations d’autos et de motos sont désormais inscrites à la Régie. Je ne reviendrai plus jamais sur la FISAM. Elle n’existe plus. J’attends vos programmes d’activités. Nous sommes prêts à vous appuyer ». Malgré ces assurances, Aka Bosson de la FISA n’a pas caché sa crainte de voir le siège de la FISAM (au Plateau) continuer à être occupé par Kady Angelbert. A cette question, le ministre des Sports et Loisirs a répondu laconiquement : « donnez-lui le siège… Rien ne doit constituer un frein au développement des sports autos et motos ». Il n’y a plus de débats. Pour mémoire, Kady Anglebert avait, lors d’une conférence de presse, mardi, déclaré qu’« elle quittera la FISAM que si le président de la République le lui demande… ».
Guy-Florentin Yaméogo

Nord-Sud

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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 22:21

Chelsea: Victime d'une commotion cérébrale, Didier Drogba va sortir de l'hôpital

didier-drogba.jpg

Son état s'améliore indique son entraîneur Andre Villas Boas...

Pendant plusieurs minutes, l’image de Didier Drogba, le visage en sang, allongé au sol inconscient, a glacé Stamford Bridge. Sonné samedi après-midi lors d’un choc avec le gardien de Norwich, John Ruddy, sorti les deux poings en avant, l’attaquant ivoirien va mieux, selon son club. Drogba devrait quitter l’hôpital dans la soirée, malgré une commotion cérébrale.

Selon l’entraîneur des Blues, Andre Villas Boas, «Didier donne des signes d'améliorations. Il aura besoin d'une série complète d'examens et on espère qu'il se remettra le plus vite possible. Comme personne puis comme joueur. Les médecins ont fait un travail formidable. Quand il sont intervenus, il était complètement inconscient».

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Mercredi 29 décembre 2010 3 29 /12 /Déc /2010 15:36

Une quarantaine de jeunes Ivoiriens partisans d'Alassane Ouattara ont brièvement occupé mercredi l'ambassade de Côte d'Ivoire au Mali pour exiger le départ de son rival Laurent Gbagbo de la
présidence ivoirienne avant d'être délogés par la police, a constaté l'AFP.
La police a évacué les partisans d'Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de
l'élection présidentielle du mois dernier, et mis en place un dispositif de
sécurité autour de la représentation diplomatique ivoirienne.
Le personnel diplomatique n'était pas revenu ensuite.
Les jeunes Ivoiriens partisans avaient occupé l'ambassade pour "exiger le
départ" de Laurent Gbagbo. Le personnel diplomatique présent avait été invité
à sortir.
"D'abord, nous occupons l'ambassade pour faire respecter le mot d'ordre de
grève (lancé à Abidjan par le camp Ouattara). Ensuite, il faut que l'équipe de
Gbagbo parte. Nous attendons le nouvel ambassadeur désigné par le président
ivoirien Alassane Ouattara", avait déclaré Maxime Konan, un des occupants de
la représentation diplomatique.
Un portrait de Laurent Gbagbo avait été enlevé par les partisans de M.
Ouattara qui avaient scandé "Gbagbo voleur, quitte le pouvoir, c'est Ouattara
qui a gagné".
Les Ivoiriens installés au Mali ont majoritairement voté lors de la
présidentielle du 28 novembre pour Alassane Ouattara, vainqueur de ce scrutin
selon la commission électorale indépendante, face à Laurent Gbagbo, président
sortant donné gagnant par le Conseil constitutionnel.

Souce: AFP

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Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 20:58
ADO5.jpgAlassane Ouattara, le président élu de Côte d'Ivoire, a appelé à la grève générale à partir de lundi

Cette grève est censée durer jusqu'au départ du président sortant qui se maintient au pouvoir, Laurent Gbagbo, a annoncé un porte-parole du président élu.

Selon l'agence Reuters, la grève semblait peu suivie lundi, le port d'Abidjan fonctionnant normalement et dans le quartier du Plateau l'activité semblait normale.

A Paris, les partisans d'Alassane Ouattara "ont pris le contrôle" lundi de l'ambassade de Côte d 'Ivoire à Paris, sans incidents, a indiqué à l'AFP une source policière.

 

"Ils ont pris le contrôle de l'ambassade. Il y en a 30 à l'intérieur, 20 à l'extérieur. Ce sont bien des partisans de Ouattara", a indiqué cette source, précisant qu'il n'y a pas eu "d'incident notoire".

Des policiers français en tenue anti-émeutes bloquaient l'entrée de l'ambassade, située près de l'Arc de Triomphe à Paris, a constaté l'AFP.

Les partisans de M. Ouattara ont indiqué à l'AFP vouloir rester jusqu'à l'arrivée du nouvel ambassadeur désigné par le président reconnu par la communauté internationale pour remplacer l'ambassadeur Pierre Kipré, un proche de Laurent Gbagbo, qui n'était pas présent lundi.

Menacé d'être renversé par ses voisins d'Afrique de l'Ouest, le président sortant Gbagbo dit "prendre au sérieux" les menaces d'intervention militaire. Dans un entretien au Figaro, il réitère ses accusations de "complot" de la France et des USA.

La crise en Côte d'Ivoire née de la présidentielle du 28 novembre a connu un tournant depuis que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a menacé vendredi, en sommet à Abuja (Nigeria), d'user de la "force légitime" si Laurent Gbagbo ne cédait pas le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale, ONU en tête.

Une mission de la dernière chance, envoyée par la Cédéao et composée des présidents béninois Boni Yayi, cap-verdien Pedro Pires et sierra-léonais Ernest Koroma, est toutefois attendue mardi à Abidjan.

Gbagbo parle de "complot" dirigé par la France
Dans son interview au Figaro de lundi, Laurent Gbagbo souligne qu'"ils ont aussi décidé de m'envoyer une délégation. On aurait dû commencer par là. On aurait économisé beaucoup de malentendus".

"S'il y a un désordre intérieur, une guerre civile, il y aura des risques, car nous n'allons pas laisser piétiner notre droit, notre Constitution, ça il faut que cela sorte de la tête des gens, poursuit-il. Nous n'avons pas peur. C'est nous qui sommes agressés. C'est nous qui avons le droit pour nous."

Autre moyen de pression exercée sur le président sortant, l'avion de l'Etat ivoirien utilisé jusqu'alors par Gbagbo, a été immobilisé à l'aéroport franco-suisse de Bâle-Mulhouse, à la demande des "autorités légitimes" de Côte d'Ivoire, c'est-à-dire le camp Ouattara.

Laurent Gbagbo a dénoncé dimanche un complot et affirmé que le "bloc occidental dirigé par la France" était derrière cette initiative mettant en garde contre un risque de guerre civile dans son pays.

C'est la première fois que le Laurent Gbagbo, qui ignore ultimatums et sanctions, est directement menacé d'une opération militaire. Le régime de Laurent Gbagbo a mis en garde contre les graves conséquences économiques et humaines d'une telle opération qui exciterait le patriotisme.

Risque de guerre civile, 14.000 Ivoiriens fuient au Liberia
Environ 14.000 Ivoiriens ont rejoint le Liberia voisin pour échapper aux violences qui ont suivi la présidentielle du 28 novembre. Ils ont été enregistrés par le HCR (Haut commissariat pour les réfugiés de l'Onu) dans l'est du Liberia.

"Les réfugiés viennent de l'ouest de la Côte d'Ivoire et ils sont obligés de marcher plusieurs heures, voire plusieurs jours, avant de traverser en pirogue de nombreux cours d'eau qui marquent la frontière naturelle entre leur pays et le Liberia", a relaté le HCR dans un communiqué. L'organisme onusien a d'ailleurs tenté d'alerter sur la situation des réfugiés: "Les stocks alimentaires s'amenuisent, malgré les efforts déployés par le gouvernement et les agences humanitaires pour apporter davantage de vivres."

Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a imputé aux forces de sécurité ivoiriennes des violations des droits de l'homme, notamment des meurtres et des enlèvements, et appelé à une réconciliation nationale pour prévenir une nouvelle guerre civile.

Ouattara: "La justice sera saisie sur les actes odieux"
Alassane Ouattara a aussi affirmé que pendant le couvre-feu de près d'un mois (du 27 novembre au 21 décembre), "des personnes ont été enlevées et exécutées par des éléments de la Garde républicaine et du Cecos (forces spéciales, ndlr), appuyés par des mercenaires et des miliciens étrangers".

Il a assuré "que la justice sera saisie pour faire la lumière sur ces actes odieux. Une Commission d'enquête nationale sera constituée" dont "les résultats seront rendus publics et les auteurs sanctionnés". Il a rappelé avoir demandé la venue en Côte d'Ivoire d'une mission de la Cour pénale internationale (CPI) "dans les tout prochains jours".

Source: France 2

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Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 14:54

alain-juppe.jpgDe retour d'Afghanistan, où il était allé rendre visite aux troupes françaises, le ministre de la défense, Alain Juppé, a indiqué que la France restait vigilante quant à la situation en Côte d'Ivoire 'parce que ça peut déraper'. 'Nous suivons quasiment heure par heure les développements', a-t-il assuré sur France Info, lundi 27 décembre.

Interrogé sur une éventuelle action militaire, il a répondu : 'Si la force doit être utilisée, c'est aux Nations unies de le décider ou aux organisations africaines, ce n'est pas la France qui va le décider.' Si les appels de la communauté internationale à Laurent Gbagbo ne suffisent pas, a poursuivi le ministre, 'des sanctions seront nécessaires et nous sommes évidemment prêts à nous y associer.' Quant aux troupes françaises présentes en Côte d'Ivoire la force Licorne, qui compte 900 soldats elles sont là pour protéger les 15 000 Français qui y résident, a ajouté M. Juppé. 'Si le moindre danger pesait sur eux, nous interviendrions pour les protéger', a-t-il assuré.

Source: Le Figaro

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Mercredi 15 décembre 2010 3 15 /12 /Déc /2010 12:21

 

gbagbo se batL`ex-président ivoirien n`a jamais envisagé sa défaite. Battu dans les urnes, dos au mur, il s`est retrouvé sans plan B. si ce n`est le passage en force. Récit exclusif.

Les hommes de pouvoir n`ont de secrets ni pour leur valet de chambre, ni pour leur graphologue. Ceux qui pensaient que Laurent Gbagbo allait se soumettre au verdict des urnes et qui s`étonnent de le voir, dix jours plus tard, vissé à son fauteuil présidentiel comme une huître à son rocher, submergé par la marée des condamnations internationales, en seraient moins surpris s`ils avaient en tête cette analyse graphologique, réalisée il y a quatre ans sur la base d`un manuscrit échappé du palais de Cocody. Il y est question d`un homme qui " s`identifie complètement à son personnage sans se dévoiler pour autant à titre personnel ", qui répond au doute par " l`attaque " et " l`orgueil ", sur qui " l`affectif et la sensibilité n`ont pas de prise ", qui ne " s`avoue jamais vaincu ", qui " joue sur son autoritarisme et son besoin de puissance ", dont l`ego et la détermination composent " une personnalité de style paranoïaque " avec un mode de conduite à la fois profondément structuré et définitivement inamovible. Se ment-il à lui-même, lui qui entretient avec la vérité des rapports fluctuants maintes fois dénoncés par ses adversaires et partenaires ? Rien n`est moins sûr. Mais, même s`il sait que ses probabilités de survie au pouvoir sont à terme totalement hypothétiqués, cette posture de " Gbagbo contre le monde entier " est sans doute celle où il puise le plus de ressources intimes. Dos au mur, réapparaît alors Gbagbo le Bété, héritier de six siècles d`enracinement en terre d`Eburnie et d`une longue histoire de résistance minoritaire à la conquête puis à l`occupation coloniale française. Gbagbo l`opposant, persuadé d`incarner un " nouvel ordre " et la seconde indépendance, la seule vraie, de la Cote d`Ivoire. Gbagbo le nationaliste, contraint comme il le dit de " faire la révolution de 1789 sous le contrôle d`Amnesty International" et qui, face aux " candidats de l`étranger ", aux blindés blancs de l`ONU et aux injonctions de la communauté internationale, clame que son pays " n`est pas recolonisable ". Réapparait " Seplou ", son surnom du village, l`oiseau qui avertit du danger et annonce la guerre. Comme Robert Mugabe, comme la plupart des chefs d`Etat quand ils sont confrontés aux diktats politiques, économiques ou judiciaires du Nord Cour pénale internationale, critères démocratiques de la bonne gouvernance, biens mal acquis…, Laurent Gbagbo joue donc, mi-sincère, mi-ca1culateur sur le registre d`un patriotisme afrocentriste qui est loin d`être obsolète auprès d`une partie de l`opinion continentale. Le problème évidemment est que plus d`un Ivoirien sur deux ne se reconnaît pas dans cette démarche, que même s`il ne s`y est résigné qu`à contrecœur, il a bien accepté que cette élection se tienne sous étroite observation extérieure, que la Commission électorale indépendante (Cei), dont il prévoyait à l`avance qu`elle avaliserait une mesure " inévitable " mais néanmoins " acceptable" de fraudes, en dise les résultats. Le problème enfin est qu`en cas de défaite inenvisageable à ses yeux tant cette humiliation lui est insupportable, le phacochère blessé qu`il est devenu n`a jamais eu d`autre plan B à sa disposition que le passage en force ...

WATERLOO ELECTORAL
Comment Laurent Gbagbo a-t-il bu le calice de son Waterloo électoral? Pourquoi a-t-il décidé de s`enfermer dans son Fort Chabrol de Cocody et de tenir tête à l`Histoire? Jusqu`où ira-t-il? Le récit exclusif des cinq jours qui ont fait basculer la Côte d`Ivoire, vu de l`intérieur du bureau présidentiel et reconstitué à partir du témoignage des proches du chef de l`Etat sortant, éclaire d`un jour singulier une fin de règne lugubre et parfois surréaliste.

Dimanche 28 novembre
23 heures. Dans son QG de campagne du quartier d`Attoban, à Abidjan, Laurent Gbagbo a le sourire. Selon les informations en sa possession, la clé du scrutin - le report des voix de l`électorat d`Henri Konan Bédié - tourne dans le bon sens. Les chiffres, tout au moins ceux qui lui parviennent, le donnent en tête avec 52 % des voix, contre 48 % à Alassane Ouattara. " Vous voyez bien, lâche le président. Je savais que la greffe n`allait pas prendre. " Ce qu`il ignore, bien sûr, c`est qu`au même moment, son rival a en mains des estimations radicalement inverses en provenance de la CEI (57 % en sa faveur). Et que, dans sa suite du Golf Hôtel, le Premier ministre, Guillaume Soro, est en train de basculer. Soro, qui a pourtant cru en Laurent Gbagbo avant le premier tour du 31 octobre et peut-être voté pour lui, puis senti la montée en puissance de Ouattara, est très remonté contre celui qui le qualifiait pourtant, il y a à peine deux mois, de " meilleur de [ses] Premiers ministres ". Motif: Le brusque durcissement de la campagne électorale du président sortant entre les deux tours. Simone Gbagbo, qui a pris les rênes, a cru bon de fustiger à longueur de discours les " fauteurs de guerre " des Forces nouvelles, qui ont voulu " éliminer " son mari pour le compte de Ouattara. Or, les FN, c`est la base et la matrice de Guillaume Soro, lequel n`a en outre pas apprécié la proclamation unilatérale du couvre-feu. " Rien qu`en annonçant cela à la télévision, Gbagbo s`est tiré une balle dans le pied: il a perdu quatre points en cinq secondes ! ", fulmine-t-il.

Lundi 29 novembre, 20 heures
Devant ses proches, Gbagbo paraît un peu moins sûr de lui. Tout le monde, à l`extérieur, commente la victoire annoncée de son adversaire, mais nul n`ose lui en parler. " On devrait gagner, confie-t-il. Mais il y a des fraudes, plus graves que ce que j`avais prévu. " Un peu plus tard, il téléphone à son voisin et facilitateur de la crise, le président burkinabè, Blaise Compaoré, puis raconte sa conversation: " Je lui ai dit: "Blaise, on me signale des mouvements de tes troupes à nos frontières."Il me répond: "Ah bon? Quelles troupes?"
Je rétorque: "Tu n`es pas au courant?" Il réfléchit un peu, puis me dit: "Oui, je vois ce que c`est, ce sont des petites manœuvres avant les célébrations de notre cinquantenaire le 11 décembre à Bobo-Dioulasso." Je réponds :, "Tu ne pourrais pas les faire ailleurs? Ça m`arrangerait." On a rigolé. "
Vers 22 heures, un visiteur informel, go-between entre les deux camps, glisse à l`oreille du président que Guillaume Soro a décidé de le quitter et de rallier Alassane. " C`est impossible, il ne peut pas!
Ce serait trahir! s`exclame Gbagbo. Dites-lui de venir me voir immédiatement." Trente minutes plus tard, le Premier ministre arrive et s`engouffre dans le bureau présidentiel. Rien ne filtre, mais tout laisse à penser qu`aucun des deux hommes n`a véritablement crèvé l`abcès.

Mardi 30 novembre, 19 heures
Nady Bamba, la seconde épouse du chef, n`en démord pas. Elle a rencontré secrètement un collaborateur très proche de Soro et en a retiré l`impression que " Guillaume ne va pas [les] lâcher. " En pleurs, elle ajoute: " Ils vont arranger les choses, Allah est avec nous! " Arranger? Entre nuit et brouillard, l`heure est aux intermédiaires de l`ombre.
Un riche homme d`affaires de la région installé à l`hôtel Pullman, qui a ses entrées à la primature comme à la présidence, fait ainsi d`étranges propositions de compromis entre les deux hommes. " Tout est négociable ", répète-t-il, et le plus étonnant est qu`il est apparemment mandaté pour le faire. Informé, Gbagbo refuse: " C`est un piège! " Gbagbo qui, désormais, hésite et semble douter. " Nous sommes à 50-50, confie-t-il, mais je m`accrocherai." Sans doute pense-t-il désormais à mettre en œuvre son plan de sauvetage: tout faire pour empêcher la CEI de proclamer les résultats " biaisés " et passer la main au Conseil constitutionnel. Au Golf Hôtel, Soro, lui, ne doute plus. Avec ses proches, il choisit le nom de son futur parti : ce sera le FND, Forces nouvelles démocratiques.

Mercredi 1er décembre, 19 heures
Dans la cour de la présidence, à Cocody, l`entourage de Laurent Gbagbo arbore des mines renfrognées, limite agressives. Ici, l`étranger au carré des fidèles n`est pas le bienvenu. " L`Angola a connu vingt-sept ans de guerre civile, nous n`en sommes qu`à la huitième, nous tiendrons encore dix-neuf ans ", lâche un officier. Il est 20 heures quand un visiteur livre enfin au chef ce que nul depuis deux jours n`a eu la volonté de lui dire: les chiffres que la CEI s`apprête à rendre publics le donnent battu: " Tu as 46 %. " Gbagbo accuse le coup, puis se reprend: " Cela ne m`étonne pas. La CEI a toujours été contre moi. Choi et l`Onuci vont passer l`éponge sur les fraudes parce que la fraude est du bon côté, celui de Ouattara. Mais la CEI n`est qu`un outil technique. L`outil juridique, c`est le Conseil constitutionnel. La loi prime, et la loi, ce sont les Blancs qui l`ont faite. Je ne céderai pas. " Puis il décroche son téléphone: " Appelez-moi le Premier ministre. " Gbagbo à Soro: " Viens, je t`attends."
Soro: " Mais je suis avec Choi. " Gbagbo: " Laisse-le et viens me voir. " Soro est en route. Prévenue, la garde à l`extérieur fait savoir qu`elle ne le laissera pas approcher: " Pas question qu`il voit le chef! " Laurent Gbagbo doit réitérer ses ordres. L`entretien qui suit entre les deux hommes est tendu. Ils parlent des fraudes et le président fait savoir qu`il est hors de question à ses yeux que la CEI proclame les résultats avant minuit: " Je ne les reconnaitrai pas. " Derrière la porte entrebâillée, des proches de Gbagbo ne perdent pas une miette de la conversation et, comme s`ils doutaient de la détermination de leur chef, font non de la tête dès que Soro prend la parole. Plus tard dans la nuit, de retour à l`hôtel, Guillaume Soro expliquera que Laurent Gbagbo lui est apparu " fatigué, désorienté ", et que, dans ces conditions, il n`a pas eu le courage de lui confirmer qu`il avait bel et bien perdu la partie. Les ponts sont coupés. Ils ne se reverront plus.

Jeudi 2 décembre, 14 heures
Le délai imparti à la CEI pour annoncer les résultats étant théoriquement expiré depuis la veille, une course de vitesse s`est engagée entre les deux camps. Alassane Ouattara téléphone au chef de l`Onuci, Choi Young, pour lui demander d`abriter dans ses locaux la conférence de presse de Youssouf Bakayoko, le président de la CEI, qui doit proclamer les résultats provisoires. Refus de Choi: " Non, pas chez moi, ce ne serait pas opportun. " Ce sera donc au Golf Hôtel - pas le meilleur endroit, symboliquement et politiquement, mais tout de même en " territoire ivoirien ". En début de soirée, on apprend que le Conseil constitutionnel va proclamer ses propres résultats le lendemain. Ouattara a un émissaire: " Dis à Gbagbo que s`il revient à la raison, il ne lui arrivera rien; je le protégerai jusqu`au bout. " Autre pensionnaire prestigieux du Golf, Henri Konan Bédié est, lui, beaucoup plus tranchant: " Gbagbo est devenu fou; il ne tiendra pas. Dans quelques jours, l`armée et l`Onuci l`auront balayé. "L`armée ... Tard dans la soirée, Laurent Gbagbo confie à un visiteur: " Je sais que Soro et ses rebelles préparent une offensive pour prendre Yamoussoukro et descendre sur San Pedro. Ils comptent sur des divisions au sein des Forces de défense et de sécurité. Mais je n`ai aucune crainte. L`armée et moi, nous avons scellé un pacte. Pour le reste, qu`ils prennent le Nord, on peut vivre sans! "

Vendredi 3 décembre, au cœur de la nuit
Au palais de Cocody, l`atmosphère est à la mobilisation et au recueillement. Des exhortations s`échappent de petits groupes de prière réunis çà et là: " Dieu protège la Côte d`Ivoire! " La Bible et le fusil. Laurent Gbagbo, dont l`entretien téléphonique avec Nicolas Sarkozy s`est très mal passé, reçoit l`ambassadeur de France Jean-Marc Simon. " Sarkozy, c`est Chirac II! ", tonne-t-il, " Vous devez savoir que dans le droit ivoirien, c`est le Conseil constitutionnel qui prime! Le droit, c`est vous qui l`avez inventé, n`est-ce pas? " Même s`il se dira plus tard " impressionné " par l`extrême résolution de son interlocuteur, Simon se montre ferme. " Pas de violences, pas de sang versé, aucun Français ne doit être touché ", répète-t-il. Depuis le milieu de l`après-midi, le président ivoirien a brûlé ses vaisseaux. Le Conseil constitutionnel l`a déclaré élu sans même tenir compte de l`article 64 du code électoral ivoirien, révisé en 2008 et qui prévoit qu`au cas où le Conseil " constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d`ensemble ", il doit prononcer " l`annulation de l`élection présidentielle " (et non pas l`identité du vainqueur), un nouveau scrutin devant être organisé " au plus tard quarante-cinq jours " à compter de la date de cette décision.

NON AU PRIX NOBEL DE LA SOUMISSION
Cette nuit-là, " Seplou " est seul dans son bureau. Un maître d`hôtel lui a apporté un verre d`eau et un sandwich jambon-beurre. Sa large chemise Pathe`O flotte un peu. II est fatigué, amaigri, mais ses yeux s`animent d`une étrange lumière quand il se lance, devant un proche qu`on vient d`introduire, dans un long monologue. " Eh bien quoi? Pourquoi céder? Pourquoi partir? Pour qu`on me décerne le prix Nobel de la soumission ? Pour qu`on me cite en exemple devant les écoliers de France et que l`on dise : voilà la preuve que la démocratie à la française, ça marche jusqu`au fin fond de l`Afrique? Eh bien non. Cette élection démontre que la démocratie ici, ça ne marche pas encore. Où est le vote moderne, quand l`Imam donne des consignes à la mosquée et que tous ses fidèles le suivent comme un seul homme? Où est la démocratie, quand tout le monde triche? La Côte d`Ivoire est en phase d`apprentissage démocratique et c`est à moi, Laurent Gbagbo, de la guider jusqu`à ce que la leçon soit apprise. Alors, bien sûr, on va me condamner. Les Américains, les Français vont me condamner. Je ne suis pas Israël, je ne suis pas Moubarak, je ne suis pas Karzaï. Je ne suis qu`un Africain. Mais je résisterai. J`ai le cuir épais. Bédié s`est couché. Moi, je ne laisserai jamais Alassane Ouattara diriger la Côte d`Ivoire. S`il veut mon fauteuil, il faudra d`abord qu`il me passe sur le corps! " Dehors, les crapauds-buffles qui hantent les rives glauques de la lagune Ebrié coassent à l`unisson. La messe est dite.
In Jeune Afrique N°2605
- du 12 au 18 décembre 2010

Un Article de Jeune Afrique

Par Seth KOKO - Publié dans : Sport plus
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  • : Homme politique ayant longtemps œuvré dans une diplomatie discrète au profit de l'ancien chef de l'état ivoirien, Laurent Gbagbo.« Il est l'auteur du Dialogue Direct inter-ivoirien qui a ramené la paix en Côte d'Ivoire » entre 2006 et 2010. Seth Koko est aujourd’hui opposé à la politique de M.Gbagbo qu’il accuse d’avoir manipulé et trompé les ivoiriens durant ces 10 dernières années.Seth Koko est désormais un Leader d'opinion,défenseur de la société civile ivoirienne
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