Lundi 30 mars 2009
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Initiative
PPTE
La Côte d’Ivoire enfin admise
Philippe Egoumé à gauche, Représentant Résident Côte d’Ivoire pour le FMI
Un nouveau souffle économique pour le
pays
Samedi 28 mars 2009 par Franck SOUHONE, quotidien l’INTER
Cette fois aura été la bonne. La réunion de Washington, de la Banque
mondiale et du FMI, a décidé ce que toute la Côte d’Ivoire attendait : l’élection du pays à l’initiative PPTE. Plus de 10 ans que la Côte d’Ivoire court après ce programme destiné à lui
offrir un allégement de la dette, laquelle était estimée à 6.700 milliards de francs CFA en 2007. Après l’évaluation préliminaire de leurs différents Conseils des administrateurs, la Banque
mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu que la Côte d’Ivoire était apte à bénéficier d’une assistance au titre de l’Initiative renforcée en faveur des Pays Pauvres Très
Endettés (PPTE). Cette éligibilité qui vient d’être obtenue est le résultat de la somme d’efforts accomplis par le gouvernement ivoirien, et en particulier par le ministre de l’Economie et des
Finances qui pilote cette mission depuis le début. Il en a fait un combat personnel, attirant contre lui l’ire des fournisseurs nationaux qui l’ont accusé d’avoir privilégié l’atteinte du point
de décision de l’initiative PPTE au détriment de leurs factures. Contre vents et marées, et dans une économie de crise, le ministre Charles Koffi Diby n’aura tenu ce pari que par son abnégation,
soutenu en cela par le chef de l’Etat en personne, qui lui a fourni les armes afin de mener ce combat. Un combat dont l’issue devrait permettre de calmer un tant soit peu le front social en
ébullition depuis plusieurs mois. Selon l’argentier ivoirien, les ressources PPTE estimées entre 400 et 500 milliards FCFA qui s’étaleront sur plusieurs années, même si elles ne constitueront pas
à elles seules l’ensemble des moyens financiers pour relancer durablement l’économie ivoirienne, permettront à l’Etat d’avoir une marge de manœuvre aussi bien au niveau budgétaire qu’au niveau de
la trésorerie publique. Si cette marge est bien utilisée, le secteur privé accompagnera l’économie ivoirienne dans la relance. Les bailleurs de fonds, eux aussi, viendront assister la côte
d’Ivoire par le biais d’appuis budgétaires, de prêts souverains et /ou le financement du secteur privé.
Dominique Strauss-kahn , DG du FMI
La côte d'Ivoire tend allègrement vers la réduction de sa dette extérieure.
Vendredi dernier, notre pays a
bénéficié d’un programme avec le Fonds qui interviendra comme catalyseur dans les négociations avec les autres bailleurs de fonds.
Le Fonds monétaire international a approuvé, vendredi dernier, le programme économique triennal en faveur de la Côte d’Ivoire. Le dernier programme conclu date de 1999. Mais celui-ci avait dû
être suspendu à la suite du coup d’Etat intervenu le 24 décembre de la même année. En 2002, tout concourait au retour à la normalité des relations avec les institutions de Bretton Woods, et à
l’atteinte du point de décision lorsque survint également un coup d’Etat qui s’est transformé en une crise dont le pays sort progressivement, depuis l’Accord politique de Ouagadougou, signé le 4
mars 2007. Le programme économique approuvé vendredi par le conseil d’administration du Fmi et appuyé par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (Frpc) est doté,
faut-il le rappeler, d’un montant de 373,98 millions de DTS (Droits de tirages spéciaux qui est l’unité de compte du Fmi) comme nous l’avions indiqué (Fraternité Matin du 25 mars 2009, P.2-3),
équivalent à 565,7 millions de dollars Us. Soit près de 258 milliards de FCFA (au cours du jour, c’est-à-dire 1 dollar = 487 Fcfa). Sur ce montant, précise le communiqué du Fmi publié ce même
vendredi, la Côte d’Ivoire pourra tirer immédiatement auprès du Fonds 159,348 millions de Dts. Soit 241,1 millions de dollars Us. Mais l’Etat ivoirien doit aussi rembourser l’assistance d’urgence
post-crise (Aupc) qui s’était caractérisée, en fin 2007 et 2008, par des appuis s’élevant globalement à 60 milliards de francs Cfa. C’est d’ailleurs ce qui explique la différence entre le montant
que le représentant résident du Fmi en Côte d’Ivoire, Philippe Egoumé, a avancé dans son interview (Frat-Mat du 28/03/09), environ 205 milliards de F. Cfa et ceux publiés par la plupart des
médias. «La différence entre les montants (ceux du communiqué étant plus élevés que ceux que je vous ai indiqués) vient du fait que le communiqué officiel inclut la somme obtenue par la Côte
d’Ivoire pour rembourser les concours financiers obtenus dans le cadre de l’Appui d’urgence post conflit (totalisant 60 milliards de FCFA) », a-t-il souligné.
Cela dit, la décision du conseil d’administration du Fonds vient récompenser les efforts de bonne gouvernance des autorités ivoiriennes. Qui, malgré un contexte socio-politique et économique
difficile, n’ont pas hésité d’engager des mesures vigoureuses pour assainir le cadre macroéconomique, de s’inscrire résolument dans l’orthodoxie de la bonne gestion budgétaire, d’assainir la
filière café-cacao en saisissant la justice aux fins d’enquêter et arrêter tous ceux qui se sont rendus coupables de détournements de fonds dans cette filière qui constitue le pilier de
l’économie nationale. D’ailleurs, dans l’interview qu’il nous a accordée vendredi, le représentant du Fmi n’a pas manqué de saluer ces initiatives qui ont permis au pays de renouer avec la
communauté financière internationale. Le programme triennal qui vient d’être approuvé consacre, de façon claire, le fruit des décisions et réformes courageuses des gouvernants, notamment la
décision d’apurer les arriérés de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (Bad) dans une période de fortes tensions de trésorerie afin de créer les conditions nécessaires à
l’attrait des financements extérieurs (appuis budgétaires, prêts, dons, investissements directs étrangers, etc.) dans le pays. Avec ce programme économique, la Côte d’Ivoire peut espérer l’afflux
d’autres bailleurs de fonds et la relance progressive de son économie. Parce qu’il va rassurer tous les acteurs de la croissance, et particulièrement le secteur privé. Comme le disait récemment
le ministre de l’Economie et des Finances, Charles Koffi Diby, «Si l’Etat crée les conditions de développement de l’activité privée et l’accompagne, le générateur même de l’activité économique
n’est autre que le secteur privé. C’est pourquoi, il faut œuvrer à booster l’investissement privé en vue de relancer la croissance et l’emploi. Et ce faisant, réduire le chômage». Après le succès
engrangé le 27 mars dernier avec l’approbation de son programme économique qui projette une croissance annuelle du produit intérieur brut (Pib) réel de l’ordre de 4,2% en moyenne de 2009 à 2011,
une inflation maîtrisée à 3% par an, et un déficit budgétaire n’excédant pas 2% du Pib, la Côte d’Ivoire attend, demain, les décisions du conseil d’administration de la Banque mondiale.
En effet, cette institution de Bretton Woods devra approuver, le 31 mars, l’enveloppe à allouer au pays au titre d’appuis budgétaires, et se prononcer, au regard des efforts et du document
national de stratégie de réduction de la pauvreté (Dsrp) de la Côte d’Ivoire, sur le point de décision de l’initiative PPTE. Comme nous l’annoncions récemment, d’importants appuis budgétaires
pourraient être décidés, demain, au profit de la Côte d’Ivoire. De même, la probabilité de l’atteinte du point de décision à l’initiative PPTE, selon des sources crédibles, très forte. Ce qui
serait également une reconnaissance des efforts des gouvernants. Même s’il faudra attendre le point d’achèvement qui pourrait intervenir, au plus tôt dans douze mois pour que le pays puisse voir
son stock de la dette remis de façon substantielle (pouvant aller jusqu’à 90% de la dette). Mais pour y arriver, l’Etat devra poursuivre – et cette volonté se traduit dans le programme économique
approuvé- le processus de rééquilibrage des finances publiques, d’amélioration de la composition des dépenses en accordant la priorité aux mesures de lutte contre la pauvreté, etc.
Gooré Bi Hué www.fratmat.net
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