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Le quinzième sommet de l'Union africaine s'est ouvert le week-end dernier dans un contexte marqué par de fortes tensions entretenues par le mouvement Al Qaïda. Une situation qui risque de reléguer au second plan les enjeux majeurs du continent.
La question du terrorisme occupe une place de choix dans les débats du quinzième sommet de l'Union africaine (Ua) de Kampala. Cette situation est
assez révélatrice du risque que représente cet aspect dans le maintien de la sécurité interne des Etats membres. Faisant chorus avec les autres chefs d'Etat présents en Ouganda, le président
Youeri Musevini s'est adonné à un véritable cri de guerre visant à bouter le terrorisme hors du contient africain. Une attitude qui ne devrait nullement occulter les vrais défis qui attendent les
pays de l'Union africaine. Surtout que l'ouverture de ce quinzième sommet a coïncidé avec les manœuvres franco-mauritaniennes visant à ratisser les recoins du désert. Cela, pour la libération
d'un otage français détenu par les rebelles du mouvement Al Qaïda au Maghreb islamique.
Pourtant c'est vers la fin des années 1990 que l'éclatement du Groupe islamiste algérien a donné naissance à de minuscules mouvements dans la zone désertique sub-saharienne. Mais, à partir de 2003, ces mouvements avaient fini de se positionner comme une branche armée du mouvement Al Qaïda. Cela, au gré de sévères représailles menées par les Américains, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Et c'est aujourd'hui, ce mouvement qui s'est consolidé au fil du temps devant le manque de maîtrise des pays sub-sahariens de leur frontière. Mais toujours est-il que les prises d'otages répétées de ressortissants occidentaux, ces dernières années, ont fini de placer cette question du terrorisme au coeur des débats.
Cette année, les attentats de Kampala se rappelant au mauvais souvenir des chefs d'Etat avec ses dizaines de morts, devaient nécessairement guider les thèmes de ce 15e sommet de l'Union africaine. Et ce, au point d'occulter les défis traditionnels du continent, axés sur son développement. Ainsi, tel un cheveu dans la soupe, la question terroriste risque de constituer du plomb dans l'aile des pays africains dont la plupart tentait, tant bien que mal, d'emprunter la voie de l'émergence. Car, l'Afrique n'a pas encore dépassé l’ère des coups d'Etat. La formule des renversements autoritaires ayant fait place à des formes de coups de force étatiques, légitimées plus tard dans des conditions floues devant les urnes.
Les situations retrouvées en Guinée, en Mauritanie et en Guinée Bissau montrent, à coup sûr, que les militaires continuent à jouer les premiers rôles dans le fonctionnement des Etats. A cela s'ajoute la forte propension à la stratégie de la dévolution monarchique du pouvoir en Afrique. Le continent s'était également fixé des œillères dans la réalisation de l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) d'ici 2015. Aujourd'hui, à moins de cinq années de cette échéance, il est établi que beaucoup de secteurs ne connaîtront pas une grande satisfaction. Cela, d'autant plus que la plupart des pays africains étaient encore loin de la barre fixée, à mi - parcours, notamment en 2007. Une préoccupation de taille qui devrait figurer en bonne place dans le tableau des priorités du continent.
La crise économique et énergétique de 2008 et 2009 ayant amenuisé les multiples efforts réalisés en faveur de la réduction de la pauvreté. Avec les perturbations climatiques de plus en plus pressantes, la question environnementale est en passe de devenir une véritable lame de fond dans le processus de développement du continent. Le sommet de Copenhague a mis à nu les limites dans les moyens de pression d'un continent qui pollue le moins et qui souffre le plus des phénomènes du dérèglement climatique. Une posture de faiblesse devant amener l'Union africaine à mettre en œuvre des formules concertées afin que le continent puisse avoir gain de cause. La même attitude guide aujourd'hui la vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernements présente en Ouganda face au terrorisme. Ce nouvel obstacle auquel aucun pays à lui seul, ne peut faire face. Mais, il reste que cette question ne doit pas se transformer en une obsession pour l'Union, au point d'occulter les défis traditionnels et urgents du continent.
Abdoul Aziz AGNE
Source: Walfadjri www.walf.sn/international/suite.php?rub=6&id_art=66127
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