La Côte d'Ivoire est mal gérée

Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 11:32

Laurent-Gbagbo3Le chef de l`Etat ivoirien Laurent Gbagbo était l`invité de Rfi, hier matin. Le président Laurent Gbagbo a livré son sentiment sur les assemblées générales de la Bad que la Côte d`Ivoire a accueillies et sur la crise que vit le pays depuis 2002. Il a encore une fois accusé le président Chirac et le premier ministre De Vellepin d`avoir tenté de renverser son régime. Ci-dessous, l`intégralité de son intervention.

M. le président bonjour et merci de nous accueillir. Merci d`avoir accepté cet entretien et bienvenue dans le débat africain. Nous sommes ici dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement qui, semble-t-il, se tiennent à Abidjan sept ans après le déménagement de la banque à Tunis. Quel sens cela a pour vous ? Vous avez dû entendre, comme nous tous, que certains estiment que le président de la Bad a voulu vous donner un coup de pouce juste avant les élections.
Pourquoi il ne m`en donnerait pas de coup de nectar à moi ? Non, c`est pas ça qui est l`essentiel. Ce qui est essentiel, c`est que beaucoup de personnes n`avaient pas envie de venir à Abidjan, n`avaient pas envie de venir en Côte d`Ivoire et nous sommes là. Ils sont tous venus parce que nous avons eu un record de participation. On a préparé ces assemblées en tablant au maximum sur 1500 personnes. Mais là, on est 2200. Il y a des raisons purement bancaires, mais il y a aussi des raisons extra bancaires. Il y en a qui voulaient voir l`état d`Abidjan, l`état de la Côte d`Ivoire, voir si c`est l`insécurité qu`on décrit et voir si la situation se normalise. Et nous sommes heureux. La ville d`Abidjan n`est pas plus dangereuse que beaucoup d`autres où il n`y a pas la guerre.

Donc pour vous, ces Assemblées annuelles, c`est une façon de montrer au monde que la Côte d`Ivoire est fréquentable.
C`est pour montrer au monde ce qu`est la Côte d`Ivoire, c`est tout. Etre ni meilleure, ni pire que les autres parties du monde.

M. le président, à quand pensez-vous que la Bad puisse revenir à Abidjan, à la maison comme le disent les gens ?
Nous politiques ivoiriens, nous sommes prêts, nous l`avons montré. Ce qui reste, c`est le problème des techniciens. Quand j`en ai discuté avec Kabéruka et d`autres, ils ont dit qu`ils vont reconstruire un autre siège de la Bad. Moi, je leur ai proposé un terrain à Yamoussoukro. Mon dada aujourd`hui, c`est de reconstruire Yamoussoukro. Mais vraiment, ça dépend d`eux.

carteci 1Ça dépend des techniciens ou ça dépend aussi d`autres choses ?
Autres choses ? Si eux les techniciens font la politique sous prétexte de technicité, ça c`est leur affaire, ce n`est plus le nôtre.

M. le président, on sait qu`il y avait une marche qui devrait avoir lieu et qui n`a pas eu lieu. Tout le monde craignait qu`il y ait des tensions, mais on peut imaginer là que c`est juste pour une question de fierté nationale pour une période donnée. Or ceux qui parlent du retour de la Bad parlent d`un climat de sécurité de longue durée. Est-ce que vous pouvez leur affirmer qu`ils seront en sécurité ici ?
Madame, moi je crois que c`est insultant contre nous qu`on pose une telle question. Je disais à quelqu`un, il n`y a pas longtemps, qu`à Paris, les banlieues ont brûlé pendant à peu près un mois, un mois et demi. Pendant ce temps, on continuait les réunions à l`Unesco. Vous avez vu les scènes à la télévision à Athènes en Grèce, les gens continuent d`aller à Athènes ne serait-ce que pour voir comment il faut leur apporter de l`aide. Madame, vous savez qu`il y a eu dix-sept ans de guerre civile en Ethiopie, mais on n`a pas délocalisé le siège de l`Oua. La guerre civile a fait rage à Brazzaville, on n`a pas délocalisé le siège de l`Oms.

Est-ce que vous voulez dire que la délocalisation de la Bad était un geste politique ?
Je pense que c`était injuste en tout cas. Et qu`il n`y avait aucune raison objective de quitter Abidjan pour aller ailleurs.

M. le président, l`appréhension des gens de la Bad est peut-être partagée par beaucoup d`Africains et non Africains qui se disent qu`après huit ans de crise, peut-être que tout n`est pas terminé. Est-ce que la crise est derrière vous ?
Mais madame, qu`est-ce que vous voulez que je fasse avec des sceptiques indécrottables ? Je ne peux rien faire pour eux. L`essentiel c`est de voir Abidjan, c`est d`aller à Yamoussoukro, c`est d`aller à Korhogo, c`est d`aller à Odienné, c`est de circuler en Côte d`Ivoire. je vous dis madame et je vous le redis.

Il y a de temps à autre quand même des flambées de violence
Est-ce que vous pouvez me citer un pays où cela n`existe pas ? Abidjan n`est pas la ville la plus dangereuse.

On ne parle pas d`Abidjan seulement, M. le président. Quand les gens entendent parler de morts à Gagnoa, ils se disent ce n`est pas totalement fini en Côte d`Ivoire.
D`abord, la Bad n`est pas à Gagnoa.

Il n`y a pas seulement que la Bad
Il y a eu cinq morts à Gagnoa. Vous voulez que je vous cite les villes où il y a cinq morts tous les jours ?

M. le président, quand vous posez la question "que voulez-vous que je fasse", on pourrait peut-être répondre les élections par exemple.
Oui, l`élection se fera par les Ivoiriens pour les Ivoiriens quand les Ivoiriens seront prêts. Moi, je suis toujours étonné quand des gens viennent et ils m`interrogent comme si eux, ils sont plus soucieux des élections ivoiriennes que nous. Ça me fait rire. Comment quelqu`un peut avoir la prétention de croire que lui, il plus soucieux des élections dans notre pays que nous.

Vous en tant qu`homme politique, en tant que président de la République, quel chronogramme souhaiteriez-vous pour ces élections?
Il n`y a pas ce que je souhaite. Il y a ce qui doit se faire. Et ce qui doit se faire est en train de se faire. On ne sortira pas de l`année 2010 sans faire les élections. Ça, je suis certain de cela. Mais s`il vous plaît, faites comprendre à tous ceux qui vous écoutent que eux, ils ne peuvent pas être plus soucieux de la sortie de crise en Côte d`Ivoire que les Ivoiriens. Ils ne peuvent pas être plus soucieux de la rentrée dans la paix officielle que le président de la République de Côte d`Ivoire. Ils ne peuvent pas aimer la Côte d`Ivoire plus que le président de la République de Côte d`Ivoire. Il faut leur faire comprendre.

Qu`est ce qui reste à faire ?
Pour le moment, le Premier ministre a commencé depuis le 27 mai à contrôler la liste provisoire. Il faut la contrôler. Il y a eu des cas de réclamations simples, il y a des cas de réclamation plus compliqués qui vont devant les tribunaux. Ensuite, il faut faire la réunification du pays en plaçant notamment des postes de douane sur toute la frontière, en donnant le pouvoir de gestion dans les départements aux préfets, etc…Ce sont ces deux choses qui sont les principales choses qui restent à faire. Nous sommes en train de les faire.

M. le président, vous dites qu`il faut contrôler la liste électorale. Est-ce que tout le monde est bien d`accord aussi bien dans l`opposition que dans la majorité présidentielle sur la manière de contrôler cette liste ?
Ça, je n`en sais rien. Le Premier ministre recueille les avis à droite et à gauche pour définir une manière. Il peut avoir une manière consensuelle d`établir la liste électorale. C`est cette manière que le Premier ministre est en train de chercher.

Va-t-on trouver ce consensus ?
Je n`en sais rien parce que ce n`est pas mon travail. C`est le travail du Premier ministre. Quand il l`aura trouvé, il le dira.

M. le président, il y a la question de la liste électorale, il y a la question de la réunification. Qui dit réunification dit aussi réunification de l`armée. Le désarmement, où en êtes-vous ? Parce qu`il semble que là aussi les choses n`avancent pas.
Madame, vous me posez la question, je ne suis pas en charge de la question. Bon, ça m`intéresse. J`ai fait ma part. j`ai signé le décret pour intégrer dans l`armée nationale, ceux qui étaient sortis avant 2000. Je les ai déjà intégrés. Je leur ai même fait un rappel de solde et je les ai alignés sur leurs frères d`armes. Ça, ça relève de moi et je l`ai fait. Et j`avance dans la réunification de l`armée. J`attends que le travail soit fait sur le terrain pour passer à une autre étape.

Ça veut dire ?
L`autre étape, c`est la réintégration réelle et l`affectation dans les unités existantes de ceux qui n`y sont pas encore. J`attends qu`on me fasse des propositions. Et le premier ministre travaille à ça.

Autrement dit, c`est le Premier ministre qui aurait pris le temps.
Non, non, non, je ne parle pas dans ce sens là. Ce n`est pas ça. Je veux dire qu`il y a là un travail technique, un travail administratif et un travail psychologique. La donnée la plus importante, c`est le travail psychologique. Ce sont des gens qui sont restés huit ans avec des armes dans le maquis. Quand on leur dit "revenez à la vie normale", ce n`est pas simple pour celui qui le leur dit et ce n`est pas simple pour celui qui doit revenir à la vie normale et laisser tomber son fusil. Donc, on travaille doucement. La donnée psychologique est très importante.

Justement M. le président, cette crise a créé des situations de rente pour certaines personnes, des nouvelles occupations pour d`autres. Est-ce qu`aujourd`hui il y a des blocages qui sont d`ordre purement économique pour en finir avec cette crise ?
Si c`est d`ordre économique seulement, ce n`est pas grave. Parce que tout ce qui est d`ordre économique, on trouve une solution. Je préfère dire d`ordre psychologique. Parce que même celui qui gagne sa vie avec le petit fusil qu`il a dans sa gibecière avec les quelques balles, cartouches qu`il a, ce n`est pas l`ordre économique seulement qui le guide. Parce que l`ordre économique, on peut lui donner ce qu`il gagne par jour ou par mois. On peut lui donner ça. Ça, c`est simple.

Mais il n`y a pas que les militaires, il y a les politiques aussi
Mais enfin, je veux dire, on peut lui donner ça. Même les politiques, s`il ne s`agit que d`argent, on peut leur donner l`argent. Mais c`est l`ordre psychologique de savoir qu`ils ne sont plus ce qu`ils sont, et qu`ils deviennent des citoyens normaux. C`est-à-dire souvent anonymes. Ça, c`est important.

Donc à vous écouter, on n`est pas tout à fait sorti de la crise, les séquelles sont encore là.
Je n`ai jamais dit que les séquelles ne sont pas là. Je dis que nous sommes en train de régler le problème de la liste électorale et le problème de la réunification. Si ces deux problèmes étaient réglés, ça se saurait, on aurait déjà fini les élections.

M, le président, l`encasernement des premiers volontaires pour l`armée nouvelle, issus de l`ex-rébellion, doit débuter le 15 juin. Il est prévu de créer 4 groupements d`instruction en lieu et place des 10 autres précédents commandés par des Com-zones. Donc, on va passer de 10 à 4. Il y a 6 Com-zones qui vont devoir disparaître. Que vont-ils devenir ?
Puisque ce sont des hommes, des citoyens ivoiriens, ils vont devenir ce que deviennent tous les autres citoyens ivoiriens.

J`ai une question presque d`ordre régional. Certains analystes ont trouvé que la guerre de Côte d`Ivoire n`était pas seulement une guerre pour des raisons politiques, qu`il y avait une question de partage de ressources entre le Nord et le Sud, d`une part, partage de ressources entre la Côte d`Ivoire et d`autres pays voisins, d`autre part. Aujourd`hui, vous avez des pays qui exportent le cacao sans être producteurs, des pays qui exportent du bois. Est-ce qu`il faudra une sorte de conférence régionale ?
Ecoutez madame, nous on avance comme on doit avancer. On fait trop d`analyses, trop de spéculations qui, à mon avis, ne mènent pas souvent loin. Il y a certains qui me disent souvent, vous savez tel pays exporte maintenant du cacao. Je dis, qu`est-ce que ça fait ? Le jour où la guerre sera finie, où la crise sera finie, où on aura placé les douaniers, ce sera fini de ça.

M. le président, est-ce une question taboue ? Ma consœur a raison. On a l`impression que vous avez un peu de mal à parler clairement de cette question. Pour quelle raison ? Est-ce que c`est un tabou ?
Mais, il n`y a aucune question taboue. Dès l`instant où j`ai accepté de parler avec vous, c`est que j`ai accepté de répondre à toutes vos questions. Mais je vous dis que la piste sur laquelle vous vous aventurez, moi elle ne m`intéresse pas comme piste. Parce qu`elle ne m`amène à aucune solution. Des gens ont pris des armes. Pour moi, c`est une prise d`armes politiques. Ce n`est pas la première tentative de coup d`Etat. On a eu 1999. Ensuite quand j`ai été élu à la fin d`octobre 2000, il y a eu autre tentative. En 2001 et enfin celle de septembre 2002 qui s`est muée en rébellion. Pour moi, tout ça, c`est la même chose. C`est le même coup d`Etat décliné en plusieurs phases.

Donc la motivation principale d`après votre analyse est ?
Pour moi, c`est politique ! C`est pour le changement de régime par la force. Je pense que la Côte d`Ivoire vient de démontrer que cette manière ici n`a pas prospéré.

Donc, toutes les questions à la fois économique, identitaire qui étaient évoquées tout au long de cette crise sont un prétexte sur lequel il ne faut pas revenir dessus.
Moi, je veux bien que chacun parle de ce qu`il veut. Mais je vous parle de ce que moi, je vois. Et de ce que je sens et de ce que je sais.

Sauf qu`en tant que président et futur candidat, vous allez rencontrer ces problèmes encore une fois.
Mais quel problème ?

M. le président, je voudrais bien comprendre. Est-ce qu`on peut dire que le fait générateur de cette crise était politique. Mais est-ce qu`aujourd`hui, les blocages ne sont d`ordre économique ?
Je ne vois pas de blocage économique. Si vous en voyez, vous les déclinez, mais moi je n`en vois pas.

Madeleine a évoqué tout à l`heure des pays qui sont exportateurs de cacao alors qu`ils n`en produisent pas.
Pour moi, ce sont des thèmes marginaux. Ça, c`est marginal qu`on exporte…Je ne sais pas si vous savez ce que nous produisons en cacao. Que, à la marge, quelques pays exportent quelques tonnages qui sont minimes par rapport à ce que gagne la Côte d` Ivoire avec son cacao

Si on insiste sur cette question, c`est parce que moi j`ai en mémoire votre discours il y a deux ans à Katiola où vous chiffriez à l`époque en dizaines de milliards le manque à gagner pour l`Etat de Côte d`Ivoire de tous ces trafics. On a un peu le sentiment aujourd`hui en 2010 que votre discours a changé. On veut savoir quelle est la bonne version. Est-ce que c`est celle de 2008 à Katiola ou celle d`aujourd`hui ?
Prenez les deux.

Est-ce que ça veut dire qu`il y a un manque à gagner pour les Ivoiriens à travers ces trafics de cacao et du bois et vous l`acceptez comme telle. Est-ce que c`est le prix à payer pour s`entendre avec ses voisins ?
Moi, je pense que vous êtes trop arcbouté sur un problème qui, pour nous, n`est pas un grand problème.

Et la question de l`immigration ? Parce que ça fait partie d`une certaine forme de partage des ressources.
L`immigration, est-ce qu`il y a un pays en Afrique de l`Ouest où l`immigration est aussi forte qu`ici ? Il y a deux pays que je trouve à peu près similaires en Afrique, l`Afrique du Sud et la Côte d`Ivoire. Bon, c`est une donnée de la nature, c`est une donnée aussi de notre relative réussite économique. On la prend. Je disais tout à l`heure à des amis qu`après les élections, il faudra qu`on fasse un débat sur la nationalité. Parce que beaucoup d`enfants…des gens oublient…Faire ce débat aujourd`hui, ce serait irresponsable. Mais après les élections, il faudra pouvoir le faire. Parce qu`il y a beaucoup de cas de fraude qui sont des cas des gens qui sont nés ici. Comme nous avons la loi du droit de sang et non pas le droit du sol, ceux qui naissant ici dans nos hôpitaux, ont l`extrait d`acte de naissance de nos registres d`état civil, mais ne sont pas pour autant Ivoiriens.

Est-ce que vous aimeriez changer la loi sur la nationalité ?
Je n`aimerais rien du tout, madame. Je vous dis qu`il faudra qu`on en discute pour voir ce qu`on fait.

C`est-à-dire, après les élections, envisager de passer au droit du sol ?
Je n`en sais rien, monsieur. Je vous dis qu`il serait temps qu`on en discute. Depuis 1960, quand on prend les journaux officiels, on voit le nombre de naturalisation.

Vous avez vous-même beaucoup naturalisé.
Beaucoup, énormément. Je suis avec Houphouët-Boigny, peut-être un peu plus que lui, celui qui a, par an, signé le plus de décrets de naturalisation.

M. le président, est-ce qu`avec l`état actuel de l`économie ivoirienne, vous avez la capacité d`accueillir tous ceux prétendant à l`immigration dans votre pays ?
Ça fait aussi partie de ce pour quoi il faut qu`on discute. Mais il faut qu`on discute après les élections parce que maintenant, la politique politicienne, la campagne électorale va s`emparer de ce sujet et puis, on n`aboutira à rien de sérieux. Le problème, c`est le sol, la terre. C`est sur la terre que se focalisent toutes les contradictions, d`abord à l`intérieur même de la Côte d`Ivoire entre migrants intérieurs. Et deuxièmement, entre Ivoiriens et ceux qui viennent d`autres pays.

M. le président, on assiste à une sorte de retour de la Côte d`Ivoire sur la scène internationale avec ces Assemblées annuelles de la Bad. En même temps, on se souvient qu`en 2003, vous étiez un peu extrorsisé. Alors je vous demande de dire…
C`est mieux de dire que j`étais extrorsisé. Les gens croyaient déjà que j`étais tombé. Donc je voudrais préciser ça. Ceux qui ont des oreilles entendront.

Vous pensez à qui ?
A ceux qui croyaient que j`étais déjà tombé.

Justement, il y a eu des contentieux avec vos voisins comme le Burkina Faso que vous avez accusé officiellement de soutenir les rebelles. Vous avez des problèmes avec la France. On a l`impression qu`avec le Burkina, vous vous entendez mieux maintenant.
Oui mais parce qu`on a parlé. C`est tout. On a discuté et bon, on a avancé.

Et la France ?
Vous savez, on ne choisit pas ses voisins comme on ne choisit pas ses frères. Mais quand un problème naît et qu`on est capable de s`asseoir pour discuter et qu`on le discute à fond, on trouve les solutions et on avance.

Et avec la France parce que c`est un autre pays avec lequel vous avez des problèmes ?
Oui mais, on n`a jamais discuté. Donc, on n`a pas encore trouvé de solutions. Avec la France, on n`a jamais discuté, on ne s`est jamais assis pour disucter.

Ça veut dire qu`il y a un contentieux entre vous et la France aujourd`hui.
Ecoutez, moi je n`ai jamais fait mystère de l`implication de l`Etat français à travers les personnes de Jacques Chirac et Dominique De Villepin. Je n`ai jamais fait mystère de leur implication dans la tentative de renversement de mon régime. Ce n`est pas aujourd`hui que je vais dire le contraire. Mais on ne s`est jamais assis avec l`Etat français pour discuter de toutes ces questions-là.

Etes-vous en train de dire que vous avez été victime d`une tentative de coup d`Etat par la France ?
J`en suis sûr.

En avez-vous les preuves ?
(Rires) Continuez. Passez à une autre question.

M. le président, avant de passer à un autre sujet, vous évoquez tout à l`heure le rôle qu`auraient joué le président Chirac et le Premier ministre De Villepin dans une tentative de renverser votre régime. Aujourd`hui, ils ne sont plus au pouvoir. Est-ce que…
C`est dans les journaux en France ;

Aujourd`hui avec un autre président, Sarkozy, est-ce que vous avez renoué le dialogue ?
Oui, chaque fois qu`il y a le besoin, chaque qu`on se rencontre, on se salue, on cause. Mais, on n`a pas encore discuté du différend entre la Côte d`Ivoire et la France. Donc je ne peux pas dire que (hésitations)… bon. Sinon, ce n`est pas Sarkozy. C`est Chirac, De Villepin. Sinon, ce n`est pas Sarkozy. Mais pour moi, c`est l`Etat français. On n`a pas encore discuté du fond.

Le sommet de Nice aurait peut-être été une excellente occasion pour que vous et votre homologue français puissiez vous rencontrer. Vous ne trouvez pas ?
Je ne trouve pas que ce soit une bonne solution d`aller au sommet de Nice pour discuter d`un différend que j`estime fondamental. Il faut qu`on discute d`abord et après, je pourrai faire un déplacement. Sinon…

Concrètement, qu`est-ce que vous attendez de la France ?
Qu`on discute.

Qu`elle vous envoie un émissaire ou … Vous dites, on discute d`abord et j`irai après.
Ou bien s`il veut que moi j`envoie un émissaire, je peux envoyer un émissaire. Mais qu`on discute. Quand j`ai discuté avec Compaoré, je ne suis pas allé à Ouagadougou. Moi, j`étais ici. C`est quelqu`un qui a été à Ouagadougou. C`est deux personnes qui se sont rencontrées ailleurs. Plus progressivement, ça été à Ouagadougou puis à Bobodioulasso, etc. On discute. Il y a des modalités de discussion.

Est-ce que ça veut dire clairement, M. le président, que tant qu`il n`y aura pas cette démarche, soit on vous envoie un émissaire, soit vous envoyez un pour discuter, vous ne mettrez pas les pieds en France ?
Il n`y a pas de raison, madame, pour que j`aille en France tant qu`on n`a pas discuté du différend qui continue d`opposer l`Etat français à l`Etat de Côte d`Ivoire. Il n`y a pas raison que j`aille en visite en France.

Le différend porte sur quoi exactement ?
La tentative pour un pays qui est de renverser un chef d`Etat légalement élu, légitime, légitimé par une élection démocratique et populaire. Lorsqu`on envisage les relations comme ça, je ne suis pas d`accord. Je ne suis pas d`accord avec cette manière de voir les relations entre deux Etats.

Est-ce qu`aujourd`hui, la France ne vous traite-t-elle pas avec toute la dignité due à votre rang comme chef de l`Etat souverain ?
Mais bien entendu. Bien entendu que si, elle traite bien. Bon, je n`attends pas d`elle…, mais je dis, il y a un différend qui a été créé, qui est né de l`attitude de ceux qui dirigeaient l`Etat français. Ces différends-là, on en parle ou on n`en parle pas. J`attends que ceux qui doivent prendre les initiatives les prennent. Sinon, moi je suis chez moi.

Quand on vous écoute, on voit que cette crise, notamment le rôle que vous attribuez à la France, c`est quelque chose qui vous a beaucoup marqué.
Oui, parce que je ne comprends pas que des dirigeants d`un Etat s`arrogent le droit de vouloir faire partir de là où le peuple l`a mis, un dirigeant d`un autre Etat. Je ne conçois pas du tout, je ne conçois pas du tout.

Est-ce qu`à titre personnel, l`homme Laurent Gbagbo qui a été élu président en 2000 est le même aujourd`hui après cette crise?
On ne peut pas rester le même après une crise qui a duré si longtemps. On peut rester le même homme dans ses convictions, dans sa démarche. Mais je veux dire, on accumule beaucoup de connaissances nouvelles pratiques, on accumule beaucoup d`analyses nouvelles, on accumule beaucoup de connaissances des hommes, des êtres humains, des hommes politiques. On accumule beaucoup de choses et naturellement, on évolue, on change. Le tout, c`est de tout faire, c`est de prier pour ne pas changer dans le mauvais sens.

Et vous avez l`impression que vous avez changé dans le bon sens ?
Je ne crois pas avoir changé dans le mauvais sens. Je suis devenu même plus tolérant avec les autres.

M. le président, après une crise pareille, on se demande, comment ai-je géré ?
Comment ?

Vous en tant président, est-ce que vous vous dites que vous avez géré cette crise comme elle devrait être gérée ? Est-ce que vous avez des impressions d`avoir commis des erreurs ?
Beaucoup commettent des erreurs quand on est homme et qu`on travaille. Mais pour l`essentiel, ce que je m`étais fixé comme objectif quand j`ai vu la crise commencer, c`est que l`Etat reste debout. Madame, je puis vous dire que l`Etat de Côte d`Ivoire est resté debout. Il ne s`est pas effondré. Et c`est parce que l`Etat ne s`est pas effondré qu`aujourd`hui, on parle d`élections. Donc sur ce point qui est pour moi le point capital, j`ai bien géré la crise.

Est-ce que vous pouviez l`éviter cette crise ?
Je n`en sais rien. Puisque…

La question se pose souvent. D`aucuns vous ont dit que vous pouviez l`éviter.
Ho, ho, madame, laissez-les …Posez-moi des questions.

Si c`était à refaire ?
Cette crise n`est pas née avec moi. Je vous dis que la crise a commencé par le coup d`Etat du 24 décembre 1999. Je n`étais pas président de la République. Et on est dans la continuité de ce coup d`Etat de 1999 qui s`est prolongé en septembre 2000 et qui a continué en janvier, février 2001 puis en septembre 2002. Donc ce n`est pas à moi qu`il faut poser la question. Il faut vous poser la question sur comment la Côte d`Ivoire était. Mais moi, mon travail n`est pas d`aller demander à mes prédécesseurs comment ils ont fait pour qu`on en arrive-là. Mon problème, c`est que je suis là, la crise se présente, je dois faire face.

M. le président, c`est vrai que la Côte d`Ivoire a bien résisté, l`Etat ne s`est pas effondré et même l`an dernier pour la première fois depuis que vous êtes élu, le taux de croissance en Côte d`Ivoire qui a été spectaculaire, a été plus important que le taux de croissance démographique. Alors bientôt, vous allez faire campagne et il va falloir que vous présentiez un bilan. Quel est le bilan de la refondation après dix ans au pouvoir ?
Je n`ai pas commencé campagne donc ce n`est pas sur Rfi que je vais commencer à faire campagne. Je voudrais quand même signaler que quand je faisais campagne en 2000, Rfi m`a royalement ignoré. Mais je ne suis pas rancunier, je rappelle les faits. Je veux dire simplement que quand on fait campagne, il y a beaucoup de choses qui entrent en ligne de compte. Il y a son bilan et le mien, il est loin d`être négatif. D`abord, j`ai fait résister l`Etat et l`Etat est en place. Et l`Etat fonctionne. Et quand on dit aujourd`hui qu`on fait de la réunification, c`est qu`on fait progresser l`Etat dans les régions d`où il était parti. Donc l`Etat est là, ça c`est le premier point. Ensuite sur les autres points, il y a la décentralisation. Ceux qui ne voulaient pas voter la loi sur la décentralisation sont aujourd`hui nombreux à être présidents de Conseils généraux. Mais on n`a pas terminé ça. On a quand même fait voter la loi sur l`assurance maladie. A cause de la guerre, on n`a pas mis en pratique.

Justement M. le président, là on est dans un nouveau contexte. Est-ce que vous avez de nouvelles priorités qui n`étaient pas celles de 2000 ?
Non, les priorités sont les mêmes. Aujourd`hui, il faut faire l`assurance maladie universelle en Côte d`Ivoire comme dans la plupart des pays pauvres. Si on ne fait pas, on expose les habitants de son pays à la maladie et à la mort. Je crois que ça c`est une priorité. Il faut faire l`école gratuite et obligatoire. Je le disais en 2000, je la dis aujourd`hui, il faut le faire. La crise nous a bloqué, mais il faut le faire.

Vous avez prononcé le mot, la pauvreté a fortement progressé. Il y a deux ans, le taux de pauvreté qui était affiché atteignait 49%, ce qui est très important. Est-ce que vous pensez que ce taux va décliner inéluctablement et que comptez-vous faire pour le faire décliner ?
Je veux dire que vous ne savez pas ce que les Ivoiriens attendent. Moi, je sais ce qu`ils attendent. C`est pourquoi, quand on les interroge, ils disent que c`est Gbagbo que nous voulons. Parce que nous sommes un panel de candidats. Regardez-nous tous et demandez aux Ivoiriens qui pour eux est plus apte à faire reculer la pauvreté. Ils vous répondent sans sourciller que c`est Gbagbo. C`est ça qui est l`essentiel. Parce que nous avons une chance énorme en Côte d`Ivoire dans cette campagne, c`est que les principaux candidats ont gouverné déjà. Ils ont déjà gouverné. Donc ce n`est plus une élection où quelqu`un qui n`a jamais gouverné va venir vendre…Tout le monde a gouverné, et les Ivoiriens ont vu chacun à l`œuvre.

Vous voulez dire que la pauvreté était aussi importante qu`au temps de vos prédécesseurs ?
Elle était bien là, mais maintenant, il y a la guerre en plus. Aucun d`entre eux n`a connu la guerre. Moi, je l`ai connue. Donc il y a des choses dont je peux parler et qu`eux, ils ne peuvent pas parler.

M. le président, il n`y a pas que la pauvreté. Là vous affrontez une coalition assez forte avec un ancien Premier ministre, un ancien président. Et si on se fie à ce que l`on dit sur la Côte d`Ivoire, il y a aussi les identités qui jouent. D`où vous vient cette confiance de dire, " je vais gagner, si vous demandez aux Ivoiriens celui qui est capable de réduire la pauvreté, ils vont dire, c`est Gbagbo " ?
Venez le jour des résultats des élections et vous allez voir. Venez. Moi je dis, une élection, ça se joue sur sa valeur propre. C`est ça aussi la comparaison avec les autres. On a la chance que chacun d`entre nous a déjà gouverné. Les Ivoiriens savent ce que chacun fait et ce que chacun a fait. C`est ça que je vous dis.

Mais et la guerre, M. le président ?
Mais ce n`est pas moi qui ai fait la guerre. C`est contre moi qu`on a fait la guerre. Moi justement, pendant que j`étais dans l`opposition, je n`ai jamais fait la guerre.

Est-ce que vous ne craignez pas que vos adversaires vous disent, vous brandissez la guerre comme une excuse pour tout expliquer ou pour tout justifier ?
Ils ont déjà commencé à le dire, je ne crains pas si c`est la vérité. Sinon pourquoi est-ce que je n`ai pas fait la loi sur l`école gratuite obligatoire ? Pourquoi je n`ai pas mis en pratique une loi qui est déjà votée sur l`assurance maladie universelle ? Pourquoi je ne l`aurais pas fait si ce n`était pas la guerre ?

A vous écouter, la fracture provoquée par cette guerre va peser dans le choix des électeurs.
On va s`expliquer. La guerre va peser dans la campagne électorale. Chacun va expliquer de quel côté il était, chacun va dire où il était, de quel côté il s`est rangé. Du côté du peuple ou du côté de ceux qui nous ont agressé.

Si j`insiste, M. le président, sur ces questions de guerre, de prétexte comme le disent vos adversaires, il y a aussi une question de gouvernance. La preuve en est que vous avez commencé à nettoyer un peu les écuries d`Augias dans la filière café cacao. Vous avez envoyé les dirigeants en prison, on attend d`ailleurs les procès. Est-ce que ce n`était pas aussi une question de gouvernance qui faisait que la pauvreté a augmenté en Côte d`Ivoire ?
Monsieur Novaro, moi je vais vous dire une chose, ceux qui sont en prison sur la filière café cacao, les vols dans la filière café cacao ont commencé exactement après le mois de janvier 2003, c`est-à-dire après la réunion de Linas-Marcoussis quand Gbagbo a été donné comme partant, comme tombé. Les vols sur lesquels ceux qui doivent être jugés vont l`être, ont commencé après la fin de 2003. Donc là encore la guerre. Et là, les adversaires ne peuvent pas parler de ça. Parce que quand eux, ils étaient au pouvoir, les gens qui étaient soupçonnés d`avoir détourné des fonds publics, on ne les mettait pas en prison. Sous moi, ceux qui sont soupçonnés, on les arrête.

Aujourd`hui M. le président, avez-vous des soupçons sur d`autres secteurs ?
Il y a d`autres secteurs, je ne veux pas en parler maintenant parce que si je n`ai pas encore saisi le procureur, c`est parce que les soupçons ne sont pas encore suffisamment étayés. Dès que les soupçons sont étayés, je saisis le procureur.

Le coup de balai va continuer
Oui, je veux dire, on ne peut pas gouverner un pays en laissant au dehors les gens qui pillent l`économie nationale.

M. le président, on termine cette émission. L`Afrique vous a-t-elle soutenu, vous a-t-elle déçu pendant cette crise ?
Moi, j`ai un combat à mener, je le mène. Je le gagne ou je le perds, mais je le mène. Je n`attends pas que les autres viennent à mon secours avant de mener le combat que je dois mener.

Dans ce combat, quelle a été votre principale arme ?
La tranquillité, la lecture de la Bible, la vigueur dans la résistance.

Le peuple dans tout ça ?
Ah non le peuple a fait son devoir. Le peuple a élu quelqu`un et il voit des gens qui veulent dégager ce quelqu`un-là. Mais le peuple est dans la rue. Le peuple a fait son devoir. Il a suivi son bulletin de vote. Il voit qu`il a élu quelqu`un et qu`on veut le dégager, il vient, il s`interpose entre ceux qui veulent dégager et celui qu`on veut dégager.

Est-ce que ce n`est pas jouer avec le feu ?
Mais jouer quoi ? Jouer, quel jeu ?

Est-ce vraiment à un peuple de protéger un régime ?
Mais qu`est-ce que vous voulez ? (Rires) Je vous demande encore qu`est-ce que vous voulez ? Si c`était quelqu`un de très impopulaire qui avait fui, vous allez dire voilà, vous arrivez au pouvoir, vous truquez les élections et personne ne vous soutient. Vous vous trouvez en face de quelqu`un qu`on veut enlever et pour lequel le peuple descend dans la rue, et puis vous lui reprochez cela. Qu`est-ce que vous voulez au juste, madame ?

Merci, M. le président.
Propos recueillis sur Rfi par Paul Koffi
Source: LE NOUVEAU REVEIL

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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 20:50

Le Conseil de sécurité s`est donné un mois jeudi pour réfléchir à une reconfiguration de la force de paix de l`ONU en Côte d`Ivoire, où elle est censée aider au déroulement d`élections qui n`en finissent plus de se faire attendre.
onu_rechauffemenT.jpg
Dans une résolution adoptée à l`unanimité, le Conseil a prorogé le mandat
de l`Opération des Nations unies en Côte d`Ivoire (Onuci) et de la force
française "Licorne" qui la soutient, jusqu`au 30 juin. Le mandat allait
expirer lundi.
Selon des diplomates, le Conseil a souhaité se donner un délai de réflexion
pour examiner les recommandations du secrétaire général Ban Ki-moon,
concernant les missions de l`Onuci.
Dans un rapport publié cette semaine, M. Ban souhaite le maintien à leur
niveau actuel des effectifs militaires et policiers de l`Onuci jusqu`à fin
2010, "afin de permettre à la Côte d`Ivoire de couvrir le dernier kilomètre de
la course aux élections avec le plein appui des Nations unies".
L`Onuci compte actuellement quelque 8.650 personnels dont 7.392 pour la composante militaire (7.200 soldats et 192 observateurs militaires), et 1.250
policiers.

Mais le chef de l`ONU recommande une "rationalisation et reconfiguration"
de cette force, consistant à accroître les concentrations de troupes "dans les
zones considérées comme à haut risque". Les troupes basées à Bouaké (nord),
fief de l`ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), seraient notamment
renforcées.

En outre, les effectifs militaires et policiers seraient rééquilibrés au
profit de ces derniers, "compte tenu de l`aggravation prévue des troubles
civils et de l`augmentation des demandes de protection" lors de la période
électorale.

Pour la même raison, M. Ban demande également 500 soldats et policiers
supplémentaires "pour une période d`au moins trois mois avant et trois mois
après les élections".

Sans cesse reportée depuis la fin du mandat du président Laurent Gbagbo en
2005, l`élection présidentielle est censée clore la crise née du coup d`Etat
manqué de 2002, qui a coupé la Côte d`Ivoire en un sud loyaliste et un nord
contrôlé par les FN.
Après l`abandon de la dernière date officielle (novembre 2009), aucune
nouvelle date n`a encore été fixée. L`ONU a exprimé à maintes reprises son
impatience devant les retards à répétition subis par l`élection présidentielle.
Le processus avait progressé fin 2009 avec la publication d`une liste
électorale provisoire, le lancement des procédures d`appel et la validation de
tous les principaux candidats à la présidentielle.
Mais les tensions sont réapparues après la suspension de l`enregistrement
des électeurs en raison de violences et le président Gbagbo a dissous le
gouvernement et la Commission électorale indépendante en février.
Dans son rapport, M. Ban se dit "très déçu par l`arrêt brutal du processus"
en janvier et les violences qui ont suivi en février, qu`il qualifie de "grave
revers pour le processus de paix ivoirien".
"Le pays demeure une poudrière susceptible de prendre feu à tout moment si
les causes profondes du conflit ne sont pas traitées", dit-il encore.
Le chef de l`ONU dénonce également "le rôle négatif des médias, qui exacerbent les tensions politiques et incitent à la violence" et "encourage le Conseil de sécurité à prendre fermement position sur cette question, y compris en prenant des sanctions ciblées à l`encontre des médias concernés".

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Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 23:37

Les lundi 10 et mardi 11 mai 2010, s’est tenue à la résidence du Président Henri KONAN BEDIE à Abidjan, la Conférence des Présidents des Partis membres du RHDP
16206.jpg
Cette conférence était co-présidée par les Présidents :
Henri KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA,
Alassane Dramane OUATTARA, Président du RDR,
Albert Toikeusse MABRI, Président de l’UDPCI,
Innocent ANAKY KOBENA, Président de MFA,

Cette séance de travail a porté sur l’analyse de la situation sociopolitique nationale.

En introduction, la Conférence des Présidents a suivi le compte rendu de la rencontre entre le Président BEDIE et le chef de l’Etat Laurent GBAGBO à la demande de celui-ci, en présence du Premier Ministre SORO KIGBAFORY Guillaume et du Représentant du Facilitateur M. BADINI BoureÏma.

Ce compte rendu fait par le Pr DJEDJE MADY, a porté sur la situation de blocage actuel du processus électoral et s’est articulé autour des points suivants :
ado_bedie-2.jpg
1 la liste électorale
2 la réunification du pays
3 Le dialogue inter-ivoirien

Suite à cet exposé et aux échanges, la Conférence des Présidents a remercié et félicité le Président Henri KONAN BEDIE pour avoir fidèlement défendu les positions du RHDP sur l’ensemble des questions abordées.

Examinant l’ordre du jour, la Conférence des Présidents a constaté que le blocage issu de la double dissolution de la CEI et du gouvernement par le chef de l’Etat demeure.

Cette situation, il convient de se le rappeler, a conduit à la rencontre d’Abidjan en date du 22 février 2010 en présence du Facilitateur Son Excellence Blaise COMPAORE et qui a décidé notamment de ce qui suit :

 Prorogation du contentieux administratif et judiciaire de la liste électorale provisoire pour une durée de 21 jours allant du 1er au 21 mars 2010 ;
 Production de la liste électorale définitive à partir du 22 mars 2010 ;
 Respect scrupuleux du mode opératoire relatif au contentieux administratif et judiciaire de la liste électorale provisoire ;
 Réexamen par les tribunaux des contentieux judiciaires n’ayant pas respecté le mode opératoire par des réclamations écrites auprès des CEI locales ;
 Elaboration d’un nouveau calendrier électoral aux fins de tenir le premier tour de l’élection présidentielle à fin avril- début mai 2010 ;

A la date du 11 mai 2010, aucune de ces diligences n’a connu un début de mise en œuvre.

La Conférence des Présidents, préoccupée par la situation catastrophique dans laquelle le FPI a plongé notre pays, caractérisée par la paupérisation généralisée, la désorganisation de l’économie et la déstructuration du tissu social, exige la tenue effective de l’élection présidentielle, seule voie de sortie de crise, qui nécessite la publication immédiate d’un chronogramme précisant :

 La reprise immédiate du contentieux électoral qui doit durer 21 jours et l’affichage de la liste électorale définitive dans la première quinzaine du mois de juin 2010 ;
 La date du 1er tour de l’élection présidentielle au plus tard le 15 juillet 2010.
En conséquence, la Conférence des Présidents lève le mot d’ordre de suspension de manifester lancé le 03 mars 2010.

Cependant, face au risque d’affrontement et de pertes en vies humaines qui se profile de façon évidente, et conformément à l’esprit de paix et de dialogue qui les a toujours guidés, et rappelant leur attachement à la conquête du pouvoir d’Etat par les urnes et non par la violence d’une part, d’autre part, tenant compte de la nécessité de permettre la bonne tenue des Assemblées Annuelles de la BAD qui préfigure le retour du siège de l’institution panafricaine en Côte d’Ivoire , les Présidents du PDCI-RDA et du RDR ont décidé de reporter les manifestations prévues le 15 mai 2010, à une date qu’ils fixeront et communiqueront.

Les Présidents du PDCI-RDA et du RDR invitent les militants et sympathisants de leurs Partis ainsi que tous les Ivoiriens épris de paix, à rester mobilisés et à l’écoute pour les actions futures.

Fait à Abidjan, le 12 mai 2010

ONT SIGNE :
POUR LE PDCI-RDA
HENRI KONAN BEDIE

POUR LE RDR
Gbagbo_Bedie-copie-1.JPGALASSANE DRAMANE OUATTARA

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Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 20:23

Marche du 15 mai, Rencontre Bédié Gbagbo

ANAKY-KOBENA.jpgIl est resté droit dans ses bottes de « Rajoelina ivoirien » et de politicien le plus intraitable vis-à-vis du chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. Anaky Innocent Kobena, président du Mouvement des forces d’avenir (Mfa), une composante du Rhdp, revient ici sur les enjeux véritables de la marche du 15 mai, met au défi Gbagbo de l’interdire, interpelle Bédié, Ado et Mabri sur leurs responsabilités devant l’histoire, et balance dans l’opinion quelques révélations sur la situation socio-politique.

Quel est l’enjeu véritable de cette marche du 15 mai que les jeunes du Rhdp projettent ?

Innocent Anaky Kobena : Pour bien saisir et cerner l’enjeu de cette manifestation, il faut comprendre les origines de ce à quoi nous avons affaire. Cette manifestation a deux origines différentes. La première origine : ce sont les jeunes leaders du Rhdp, issus du Pdci, le Rdr, du Mfa et de l’Udpci, qui, depuis avril 2010, préparent une grande marche pour le 15 mai et qui devait être la marche de la libération de la Côte d’Ivoire. Cette marche traduit leur désespoir de constater qu’au premier trimestre 2010, il n’y a toujours pas d’élection.

Qu’entendez-vous par « marche de la libération de la Côte d’Ivoire » ?

I.A.K : La Côte d’Ivoire est totalement enfermée dans un ghetto social et politique et que les perspectives d’en sortir qui reposent sur des élections, sont plus que jamais compromises. A qui la faute ?

I.A.K : Pour ces jeunes, tout repose sur la volonté de Laurent Gbagbo et de son camp (la refondation), d’éviter les élections ou de les reporter le plus tard possible. Ma position est claire sur cette question. Je les rejoins et je ne cesserai de répéter que Laurent Gbagbo n’acceptera d’aller aux élections que lorsqu’il sera pratiquement convaincu de les remporter. Or, à ce jour, nous en sommes loin. A côté des sondages trompeurs, pratiqués par eux-mêmes, sur le terrain ici ne leur donnent que dix (10) à 12 % d’opinion favorable de vote en cas d’élection. Laurent Gbagbo et les siens savent très bien qu’en cas d’élection, ils n’ont aucune chance de les remporter. Et pire, contrairement à ce qu’ils croyaient, le deuxième tour ne leur est pas garanti. (...) Et avec la dissolution de la Cei, Laurent Gbagbo a créé les conditions de la non tenue des élections. Si on additionne le paramètre des contentieux qui viennent de commencer, il est évident que ce n’est pas avant un an que nous aurons les élections. Les jeunes du Rhdp ont voulu donc crier leur ras-le-bol et faire cette grande manifestation au niveau national pour exiger de Laurent Gbagbo qu’il s’engage à une date, à la publication de la liste électorale définitive, la distribution des cartes électorales, des cartes d’identité et la fixation de la date du premier tour. La date de cette marche a été donnée depuis avril 2010. Au fur et à mesure, les populations ont intégré en eux cette date du 15 mai 2010, non plus par rapport à un souci d’élection, mais pour exprimer un ras-le-bol au regard de leurs conditions de vie. La vie des Ivoiriens, aujourd’hui, est misérable et scandaleuse. Il est inimaginable que la Côte d’Ivoire, avec le potentiel de richesse, agricole, minière et surtout humain, soit pauvre et misérable à ce point. Vous Anaky, vous surfer sur ces conditions que vous qualifiez d’exécrables des Ivoiriens pour leur demander de sortir et d’occuper les rues jusqu’à ce que Gbagbo s’en aille ?

I.A.K : Au Nord, au Sud, au Centre, à l’Ouest, à l’Est, partout où nous nous sommes rendus, ces populations nous parlent. Elles nous disent qu’elles n’en peuvent plus de souffrir. Elles nous disent qu’elles sont à bout. Elles sont au bout du rouleau de la souffrance... C’est surtout par rapport à leur condition d’existence qu’elles veulent manifester. Pour ces populations, c’est la présence de Gbagbo et des siens à la tête du pays qui fait qu’elles n’ont aucun espoir quant à leur avenir et celui de leurs enfants. C’est pour cette raison qu’elles ont décidé de sortir pour crier leur ras-le-bol et exiger de Gbagbo qu’il quitte le pouvoir. Donc, voici les deux démarches. Les deux enjeux qui se croisent. Je tiens à vous dire ceci : le départ de Gbagbo n’est pas quelque chose qui est demandée, ni par le Rhdp, ni par sa jeunesse, ni par Anaky Kobena, mais par les populations ivoiriennes qui n’en peuvent plus de souffrir. Et je suis sûr que le 15 mai, nous verrons un degré de mobilisation tel qu’on n’en a jamais vu dans ce pays. C’est alors qu’on comprendra qu’on a affaire à un phénomène nouveau en Côte d’Ivoire. Ce sont les populations qui ont dit qu’elles n’en peuvent plus et quand elles commenceront à manifester, elles n’arrêteront plus jusqu’à ce qu’elles touchent leur but. Voici exactement l’enjeu de cette manifestation. Il faut comprendre aussi que par rapport à ces événements du 15 mai prochain, qu’il s’agit d’une grande manifestation populaire qui va s’étendre dans la durée. On va commencer par la marche pour arriver au lieu du rassemblement. Une fois arrivé au lieu du rassemblement, on s’y maintiendra, jusqu’à ce que, quelque part, on estime que ce qu’on veut pour les populations ait été entendu par Gbagbo et les siens et que des résultats aient été obtenus. Aujourd’hui, nous voyons germer en Côte d’Ivoire, une nouvelle génération de citoyens qui se battent pour leur liberté, mais aussi qui se battent pour sortir leur pays de l’ornière afin que le développement de la Côte d’Ivoire reprenne. Il y a des jeunes qui estiment que leur avenir a été mis en cause ou menacé trop longtemps. Ils veulent désormais le prendre en main, pour que l’économie et le pays repartent de sorte qu’ils aient des conditions de vie normales. J’en profite pour saluer cette nouvelle race de jeunes qui ne font pas forcement partie du Rhdp. Il incombe donc aux leaders du Rhdp, d’être à la hauteur et de bien lire cette revendication pour être en phase avec cette nouvelle jeunesse. Le moment est venu, pour les leaders du Rhdp de mettre la main à la patte... Comment, au plan formel, les choses vont se dérouler.

Y aura-t-il une occupation, dans la durée, de la ville d’Abidjan ou alors les manifestants vont rester dans leurs zones respectives pour protester ?

 

I.A.K : Normalement, au niveau des régions et des départements et sous-préfectures, les populations sortiront pour faire des sit-in dans des zones bien précises. Ils maintiendront leur sit-in le plus longtemps possible. Au niveau d’Abidjan, ce n’est pas compliqué. C’est la même consigne, sauf qu’ici, l’objectif final est que tout le monde puisse venir se retrouver pour le clou de la grande manifestation. Cela pourra prendre le nombre de jours que ça prendra, mais à Abidjan, forcement, nous allons occuper la place de la République. La marche se terminera à cet endroit-là quel que soit le dispositif mis en place pour bloquer cela. Est-ce que les quatre leaders du Rhdp, en l’occurrence Bédié, Ado, Mabri, vous-mêmes et les autres leaders des fronts, notamment le Front pour des élections urgentes (le Feu) et le Frd (Front de refus de la dictature) seront présents aux côtés des jeunes ce 15 mai ?

 

I.A.K : Ce que je peux vous assurer, déjà, c’est que Anaky Kobena, président du Mouvement des Forces d’Avenir sera présent dès le départ ici à Abidjan. J’irai après à l’intérieur pour soutenir les jeunes et à la partie finale à Abidjan, je serai là. Je suis convaincu que les autres leaders du Rhdp seront aussi présents pour apporter leur soutien et leur caution morale à cette manifestation. C’est un devoir qui leur est fait pour répondre à l’attente de leurs populations. Quelle analyse vous inspire cette rencontre Gbagbo-Bédié qui s’est tenue à l’insu de toutes les composantes du Rhdp ?

 

I.A.K : Il faut déjà dire à tous les Ivoiriens que le fait que Gbagbo ait fait un forcing pour obtenir cette rencontre avec le président Bédié, président du Pdci, chez lui à la maison, ça veut dire, quelque part, que Gbagbo estime qu’il y a péril en la demeure. C’est le signe d’une peur panique dans son camp. Mais, je pense que c’est une bonne chose qu’il ait pris conscience de ce fait. Il faut prendre la chose sous cet angle et positiver. Mais, au fond, une chose est certaine. C’est un mouvement qui est déjà lancé, qui est déjà en cours que personne ne peut arrêter. Le président Bédié ne peut pas l’arrêter. Les présidents Ouattara, Mabri et Anaky ne peuvent pas l’arrêter. Donc, dès le départ, comme on le dit de façon prosaïque en Côte d’Ivoire, Gbagbo a joué « bidet ». Qu’il se le tienne pour dit. La marche aura bel et bien lieu. Le peuple en a assez de souffrir sous le joug des refondateurs. Il faut des élections maintenant... Mais avant-hier, vous vous êtes réunis à la résidence de Bédié et vous ne vous êtes pas accordés sur un certain nombre de choses. Que vous a rapporté le président Bédié, notamment, en ce qui concerne le tête-à-tête qu’il a eu avec Gbagbo ?

I.A.K : Evidemment, on ne peut pas livrer à la presse le compte rendu que nous a fait le président Bédié à l’issue de sa rencontre avec Gbagbo. Ce que je puis vous dire, c’est qu’avant-hier (lundi 10 mai), au terme de notre réunion, il a été décidé que la manifestation du 15 mai était confirmée sur l’ensemble du territoire national. Aujourd’hui (hier) mardi 11 mai, le communiqué final devrait être signé et prêt avant qu’on ne l’annonce à l’ensemble de la population et de nos militants qui attendent cela avec impatience. En dépit des démarches de Gbagbo, la marche est maintenue ?

 

I.A.K : Je vous l’affirme, la marche est maintenue. Donc nos militants seront contents d’avoir cette confirmation du maintien de la marche. Et mieux, cette manifestation a le soutien des quatre leaders du Rhdp.

Combien de personnes sont attendues ?

I.A.K : Ecoutez, normalement, nous devrions avoir entre cinq et six millions de personnes à travers le pays qui accepteront de se mobiliser. Mais il ne faut pas exclure que dans certaines villes de l’intérieur, les populations ne viendront pas des villages pour occuper les chefs-lieux de département et de sous-préfectures. Dans ce pays d’environ 20 millions d’habitants, c’est tout le pays qui sera en branle, à l’échelle de la nation. Ne craignez-vous pas une répression de cette manifestation ?

I.A.K : Il n’y a pas de raisons pour les Fds de s’en prendre à une population qui dit simplement haut et fort qu’elle ne peut plus supporter ses conditions de vie misérable. Et si Gbagbo prenait un décret d’interdiction de cette marche ?

 

I.A.K : Si la marche devrait être interdite, la décision appartiendrait au peuple de faire savoir le 15 mai, s’il est d’accord ou pas de cette interdiction. Ce serait d’ailleurs une violation flagrante et inacceptable des libertés consacrées par la constitution (...). Cette marche, rien ne pourra l’arrêter. Si vous étiez à la place de Gbagbo, qu’auriez-vous fait.

 

Quelle décision auriez-vous prise face à une telle situation ?

I.A.K : Si j’étais à sa place et comme il est connu que gouverner c’est prévoir, j’aurais pris toutes les dispositions pour ne pas qu’on soit dans la situation actuelle que connait le pays. J’aurais été beaucoup plus attentif aux conditions de vie des Ivoiriens, j’aurais fait beaucoup d’efforts au niveau du coût des produits de première nécessité, notamment l’alimentation, les soins de santé, pour que, de ce côté-là, le minimum soit assuré au plus grand nombre des ivoiriens. En ce qui concerne le jeu normal démocratique, je n’aurai pas fait de la rétention des élections pour ne pas qu’au bout de cinq ans, il n’y ait pas de scrutin en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, à mon avis, nous sommes dans une situation créée par Laurent Gbagbo lui-même. Il faut qu’il en tire toutes les conséquences. Il doit l’assumer et payer les pots, si cela devrait se casser. Le constat des Ivoiriens est que vous êtes particulièrement dur avec Gbagbo, votre ancien compagnon de lutte. Est-ce par ‘’dépit amoureux’’ ?

 

I.A.K : J’entends souvent dire cela... Mais, je voudrais dire que je suis d’un apport très agréable. Je suis un homme qui est pratiquement incapable d’en vouloir à qui que ce soit. Gbagbo et moi, nous nous sommes rencontrés en politique. Et par rapport à un projet politique, relativement à ce que nous pouvions apporter, à travers la lutte. C’est pour cette raison que nous nous étions inscrits contre le régime du parti unique. C’est par rapport à ce passé commun politique qu’Anaky Kobena, aujourd’hui, leader politique, regarde et interpelle Laurent Gbagbo. Anaky Kobena estime qu’au départ, des engagements ont été pris, vis-à-vis du peuple. Nous avions décidé de faire quelque chose pour ce peuple. Aujourd’hui, Laurent Gbagbo, arrivé au pouvoir, a trahi ses engagements. Nous n’avons rien vu se réaliser. Toutes les promesses d’hier et les engagements sont tombés dans le lac. C’est plutôt pire ce qu’on voit avec son régime. C’est me faire son complice si je me tais. C’est pour cela, je suis peut-être le plus critique et le plus intraitable vis-à-vis de Laurent Gbagbo. Cette manifestation semble dirigée contre les Assemblées annuelles de la Bad, d’autant qu’elle coïncide, curieusement, avec elles ?

 

I.A.K : Ceux qui ont décidé de cette marche ne savaient pas, à l’époque, que ces assemblées annuelles devraient se tenir à Abidjan. Et je voudrais inviter les uns et les autres à ne surtout pas se culpabiliser avec cette assemblée de la Bad. Parce que si on veut que cette assemblée se tienne sans être perturbée, de quelque manière que ce soit, il ne faut pas l’entraver. Deuxièmement, on pourrait dire, bien qu’étant tous soucieux du retour de la Bad en Côte d’Ivoire et ce, au plus tôt, il est évident que ce retour de cette institution en Côte d’Ivoire ne pourra pas se faire, s’il n’y a pas d’élections dans ce pays. Si on ne revient pas à une situation constitutionnelle normale, la Bad ne reviendra pas maintenant. Il faut que cela soit clair dans les esprits des uns et des autres. Vous dites que la Bad ne reviendra pas en Côte d’Ivoire en l’état actuel de la situation sociopolitique du pays ?

 

I.A.K : Et j’ajoute que ceux qui pensent que le fait d’avoir rénové l’hôtel Ivoire à coup de milliards et pour avoir telle ou telle promesse que le retour de la Bad ici est gagné, se trompent. Comme d’ailleurs les Bailleurs de fonds le font, ils diront toujours, rendez-vous après les élections.

par Armand B. DEPEYLA de Soir Info

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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 20:45

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AMANIEN

L’EMISSION FRANCOPHONE RECOIT M. SETH KOKO

Mardi 11: 22h-00h et Samedi 15 mai 2010: 09h-10h

Sur VOICE OF AFRICA RADIO à Londres

94.3 FM / www.voiceofafricaradio.com

 

Interview avec M. Seth koko

Sujet :

Situation politique et sociale en Cote d’Ivoire depuis les élections de 2000 jusqu'à nos jours.

Commentaires,analyses: Seth KOKO (Consultant Diplomatique) et initiateur du ‘’dialogue direct-ivoirien’’

 

Autres sujets 

- Qui est M. Seth koko

Depuis quand il se retrouve en France, et pour quelles raisons ?

Opinion de M. Seth sur la situation politique en Cote d’Ivoire à l’heure actuelle,

Les reports incessants des élections présidentielles depuis 2005,

L’organisation du cinquantenaire de l’indépendance de la Cote d’Ivoire

-La marche du RHDP prévue le 15 mai 2010 et de son opportunité

Quel futur politique pour la Cote d’Ivoire ? etc……

Nous parlerons aussi de son livre à paraître et de son contenu pour terminer l’interview.

Par Adje KOUAKOU
Producteur/Présentateur  www.voiceofafricaradio.comvoice of africa  

 

 

 

 

 

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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 13:46

kkb-pdci.jpgAprès avoir rencontré le ministre de l`Intérieur hier, Kouadio Konan Bertin dit Kkb, président national de la jeunesse du Pdci Rda, par ailleurs vice-président du directoire du Rjdp, chargé de la mobilisation et de l`organisation, a annoncé le maintien de la marche du Rjdp pour le 15 mai prochain. En outre, il a dénoncé avec vigueur, le mépris avec lequel, ses camarades et lui ont été traités au ministère de l`Intérieur et l`attitude peu responsable de Tagro. Appelant à la mobilisation totale de la jeunesse du Rhdp, il confirme la participation des quatre leaders de l`opposition que sont les présidents Bédié, Ouattara, Mabri et Anaky.

Monsieur le président de la Jpdci, hier matin, vos collègues du Rjdp et vous avez été convoqués par le ministre de l`intérieur désiré Tagro. De quoi avez-vous parlé ?
Merci. Pour être franc avec vous, j`ai été heureux d`avoir participé à ma première réunion à proprement parler avec un des responsables de haut niveau du Fpi et de l`Etat de Côte d`Ivoire, par ailleurs ministre de l`Intérieur. Je suis sorti de là conforté que la Côte d`Ivoire est aux mains de bricoleurs amateurs. Je l`ai souvent répété à mes meetings, mais je ne croyais pas si bien dire ! Je viens ainsi d`avoir la preuve de la manifestation de ce que Tagro a tout sauf le discours d`un ministre. En lieu et place du ministre de l`Intérieur, nous avons rencontré un homme qui fait du zèle, je ne sais plus quel autre qualificatif donner. Le ministre de l`Intérieur nous a convoqués pour 11 heures. Arrivés, on nous a installés dans une salle, et jusqu`à 11heures et demie, personne ne s`adressait à nous, jusqu`à ce que nous manifestions le désir de rentrer chez nous. On vient nous apprendre par la suite que Tagro est en séance de travail avec les gens. Si tant est que Tagro avait besoin de nous à 11 heures, pourquoi on nous fait asseoir jusqu`à 11h30mn ? En personnes bien éduquées, nous avons accepté. C`est seulement quatre d`entre nous qui devaient accéder à son bureau. En présence de M. Abou Moussa de l`Onuci, de M. Badini et des officiers de la police de l`Onuci. Tagro nous a donc signifiés clairement, mais non sans afficher une arrogance, une suffisance et violence verbale, que nous sommes des fuyards ! De son avis, nous sommes des fuyards, nous avons abandonné nos familles, donc nous n`avons pas droit à la parole dans cette cité. Hier, Tagro nous a dit qu`à partir du 15 mai, les délégations de la Banque africaine de développement vont arriver. C`est pour cela, il nous a demandé de surseoir à notre marche afin que son assemblée générale puisse se tenir dans un climat de sérénité. Nous avons répondu que notre priorité en Côte d`Ivoire n`est pas que la Bad s`installe pour une semaine, ou un mois, le temps de s`illusionner que la paix est revenue. Nous voulons que la Bad revienne en Côte d`Ivoire mais définitivement. Mais pour qu`il en soit ainsi, il faut que la paix soit définitive et cela par des élections. Pour nous, la priorité n`est pas la semaine de travail de la Bad ! Pour nous, la priorité, c`est la paix ! La paix par les élections. Or, ni lui, ni Abou Moussa qui étaient assis là, n`ont rien fait pour donner à chaque Ivoirien une carte d`identité, des cartes d`électeurs et nous dire quand on va aux élections. Nous marchons le 15 pour exiger au président de la Cei, une date des élections. Pour finir, nous avons maintenu notre marche pour se tenir concomitamment avec les assises de la Bad, étant donné que nous sommes habitués à marcher dans ce pays sans casser. Notre marche est maintenue pour le 15 mai, rien ne nous freinera, rien ne nous arrêtera, même pas les menaces ! Que Tagro le sache, le samedi 15 mai, nous sommes dans la rue.

Monsieur le président, avez-vous répondu à la convocation de Tagro, ou vous vous y êtes rendus sur votre propre initiative ?
C`est Tagro qui nous a convoqués. C`est moi qui ai eu l`information ! Sa secrétaire m`a téléphoné pour me dire que Tagro voulait nous rencontrer aujourd`hui (ndlr hier) ! Nous n`avons pas adressé de demande. Il nous a dit, c`est vrai qu`il n`y a pas demande, mais il a lu dans les journaux que nous voulons marcher. Mais il anticipe puisqu`on n`a pas encore adressé de demande, pour nous recevoir, pour nous dire que compte tenu des assises de la Bad, qu`on reporte notre marche au mois de juin.

Monsieur le président, ne pensez-vous pas que le ministre Tagro Désiré a raison, puisqu`il s`agit d`un événement important pour la Côte d`Ivoire ?
Il n`y a pas, à notre sens, un événement qui soit plus important et qui soit au-dessus des élections en Côte d`Ivoire. La priorité des priorités, c`est la paix par des élections .C`est le plus important pour nous, c`est ce qui doit créer toutes les autres conditions dans la durée. Les élections, la paix par les urnes. Donc pour nous, que la Bad vienne travailler sur une semaine et repartir, ce n`est pas ça le plus important pour nous. Ce qui est important, c`est la souffrance des Ivoiriens. Il faut qu`on délivre les Ivoiriens pour qu`on puisse accueillir les étrangers.

Comment la rencontre avec le ministre Tagro s`est-elle achevée ?
Ca s`est terminé en queue de poisson. Je vous assure qu`on était à un doigt de la bagarre ! Je suis sorti de là avec la conviction que ce n`est pas Bédié qu`il faut comme interlocuteur à ses hommes. Ce ne sont pas M Bédié ou M. Ouattara qu`il faut à ses hommes-là comme interlocuteur. Il faut peut-être avoir des hommes comme eux en face d`eux. De plus en plus, c`est ma conviction. Tagro me lance un défi, on va le relever. Nous nous sommes quittés en queue de poisson mais on a convenu de nous revoir lundi. D`ici là, nous allons consulter nos bases. Nous ne sommes pas nos maîtres. Il y a une situation qui est posée, on en parle à nos bases, notre hiérarchie, on apprécie ensemble mais notre nous n`arrêterons jamais parce que Tagro aura voulu qu`on arrête. Nous marcherons le 15 mai. Ecoutez, Tagro me traite de fuyard, je l`informe que je n`ai jamais fui. Je comprends que son raisonnement est culturel. Mais je le préviens, nous avons presque tout en commun. Et bien s`il me cherche, il me trouvera.

Vous allez donc consulter vos bases, qu`est que vous arrêtez concrètement ?
J`ai dit et je reviens là-dessus. Je demande à tous les jeunes de Côte d`Ivoire qui en ont marre, qui sont fatigués, qui veulent des élections, une date, des cartes d`identité, des cartes d`électeurs, qui sont fatigués du délestage, des pénuries d`eau, qui ne vont plus à l`école, qui ne travaillent pas, de se tenir prêts pour le 15 mai. Le 15 mai, nous devrons délivrer la Côte d`Ivoire, c`est tout !

Est-ce que ce n`est pas une défiance à l`autorité de l`Etat ? Comment pouvez-vous qualifier cela ?
Ecoutez, ce ne sont pas des gens qui ont marché toute leur vie, du 1er au 31 du mois pendant des décennies qui nous feront des leçons de ce genre. Il n`y a pas de défiance. Heureusement qu`il reconnaît lui-même que le régime de la Côte d`Ivoire ne dispose pas d`un décret pour interdire les marches. Les marches sont libres ! Tout citoyen est libre de s`organiser comme il veut pourvu qu`on encadre sa marche. Tout ce que qu`on demande à Tagro c`est d`encadrer notre marche, ce n`est pas son autorisation qui importe, mais qu`il encadre la marche.

Craignez-vous qu`il y ait des débordements s`il advenait que vous mainteniez votre marche ?
Nous allons marcher, il est clair que nos militants ne peuvent plus accepter de se tirer dessus impunément sans réaction. Quiconque se hasardera à tirer sur un militant aux mains nues le paiera cash.

Monsieur le président, vos militants de base vont certainement analyser tout cela. Est-ce que vous irez vers eux, ou alors le Rhdp va animer une conférence de presse pour porter l`information aux jeunes de Côte d`Ivoire ?
Ah non ! Nous allons forcement avoir l`avis des gens. Et puis après, c`est la base qui détermine ce que nous ferons. C`est elle qui décide. Moi, je reviens de Korogho, j`ai vu un peuple décidé qui est fatigué de subir et qui veut en découdre, qui veut s`assumer. C`est cette position de la base que nous allons respecter à tout point de vue.

Si les responsables du Rhdp vous demandent de surseoir à votre marche, qu`allez vous faire ?
A force de se mettre entre les intérêts des Ivoiriens, ils finiraient par dresser leur propre base contre eux. Tout ce que nous faisons, c`est d`abord dans leur intérêt. Je crois que c`est comme le président Félix Houphouët-Boigny le disait, ils sont les capitaines, hors de l`eau, ils ne sont rien. Sans nous, ils ne seront pas facilement quelque chose et leur eau, c`est leurs militants de base et je crois qu`ils feront facilement ce que la base leur demande. Je le dis et je le répète ici, Monsieur Bédié, monsieur Ouattara, monsieur Anaky et monsieur Mabri marcheront avec nous. Je le dis et je le confirme ici.

Interview réalisée par Patrice Yao
Coll. Serge Amany et Annie Yao (Stagiaire)

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Par Seth KOKO - Publié dans : La Côte d'Ivoire est mal gérée
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 13:56

PIT1.jpgLe professeur Francis Wodié, président du parti ivoirien des travailleurs (Pit) et candidat dudit parti à la prochaine présidentielle est passé, hier, devant le jury du grand oral de Fraternité Matin mieux connu sous l`appellation de "Invité des rédactions de Fraternité Matin". Il a croqué avec les journalistes de Fraternité Matin et leurs invités, la situation socio-politique de la Côte d`Ivoire qui est faite des reports successifs de l`élection présidentielle (I), les relations du président du Pit qu`il est avec les autres leaders politiques notamment le Pdci-Rda et le Fpi (II), son rapprochement avec les partis membres du Rhdp (III), la flambée des prix en Côte d`Ivoire (IV), les arrestations des responsables de la filière café-cacao (V)…avant d`en arriver à la conclusion où il prône comme toujours la concentration, le consensus pour sortir la Côte d`Ivoire de la situation de crise dans laquelle elle Patauge depuis près de dix ans maintenant.

De l`élection
présidentielle
Sur cette question, de loin la plus importante de cette rencontre, le président Wodié donnant la position de son parti dira " Tant que l`élection présidentielle n`aura pas lieu, nous seront dans cette situation d`enfermement en Côte d`Ivoire. Nous voulons que cette élection ait lieu le plus tôt possible. C`est vrai que l`élection présidentielle ne réglera pas tous les problèmes. Mais, il faut qu`on commence par cette élection et les autres problèmes, nous les réglerons au fur et à mesure. Il faut faire très attention. On a trop joué avec le feu en Côte d`Ivoire. Et le feu (Front pour des élections urgentes) risque de brûler toutes les institutions si on n`y prend garde ".

Des relations du Pit avec les autres leaders
politiques notamment Bédié et Gbagbo
"En 1995, il y avait la menace du boycott actif. Nous nous sommes demandé ce qu`il fallait faire pour éviter le feu au pays. Nous avons jugé qu`il fallait aller aux élections présidentielles pour éviter au pays de tomber dans la violence. Nous avons donc tu notre dignité personnelle pour l`intérêt du pays. Sinon, il n`y avait aucun accord secret entre le Pdci et nous. Je n`ai pas de rapport particulier avec Bédié. Nous nous voyons quand cela est nécessaire pour le pays. Nous avons un intérêt commun, qui s`appelle sauver la Côte d`Ivoire. En 2004, j`ai rencontré Gbagbo, pour la dernière fois. C`était dans le cadre de l`opération dignité. Depuis, nous ne nous sommes plus rencontrés. Le Pit a un seul allié, c`est le peuple de Côte d`Ivoire. A l`époque, nous étions alliés au Fpi, à l`Usd et autres, mais aujourd`hui nous ne nous reconnaissons plus dans ces alliances…"

Des relations avec le Rhdp
"Le 12 février, a déclaré Wodié, nous étions chez Bléoué Aka et c`est là que nous avons été informé de la dissolution de la Cei et du gouvernement. Devant cette situation, nous avons décidé de faire le tour des partis politiques. Et en faisant ce tour, nous avons constaté qu`il y avait une convergence de point de vue entre le Rhdp et le Pit pour sauver le pays en rétablissant la Cei dans son rôle. Et ce que nous avons obtenu, c`était pas pour le Pit, mais pour le pays tout entier…Aujourd`hui, on a l`impression que les anomalies dans le pays sont considérées comme des normalités. Cela n`est pas bien. Et le Pit parle aux Ivoiriens pour leur dire que l`anomalie ne doit pas être considérée comme la normalité. Dans ce pays, tout se passe comme si c`est ceux qui nuisent au pays qui sont suivis et écoutés. Dans ces conditions, tout le monde y compris le Pit peut être tenté de prendre les armes. Ce n`est pas bien".

De la candidature à la présidentielle d`Adama Dahico
"Je n`ai rien contre la personne de Adama Dahico. Seulement sa candidature à la présidentielle apparait comme une manipulation du pouvoir. Gbagbo sait que Adama Dahico n`est pas selon le sens de la Constitution un Ivoirien d`origine. Cela Yao N`Dré le président du Conseil constitutionnel qui a validé sa candidature le sait également. Du point de vue des accords de Linas Marcoussis et de l`Apo, Adama ne pouvait non plus pas être accepté comme candidat à la présidentielle. C`est pour manipuler ce garçon que cette décision a été prise. Adama excelle dans son rôle de comédien, qu`on le laisse continuer à jouer ce rôle. On a manipulé l`accord de Ouaga, et tous les accords antérieurs dont il s`inspire pour manipuler ce garçon. Ce n`est pas acceptable. Gbagbo et Yao N`Dré jouent avec des choses trop sérieuses… "

Des acteurs politiques
qui encombrent la scène politique ivoirienne
Wodié, qui a nommément cité ces hommes dira d`eux. "En Côte d`Ivoire, nous avons trois candidats à la présidentielle qu`on désigne comme les principaux. Et ces trois-là ont des comptes à régler entre eux. Il s`agit de Bédié, de Gbagbo et d`Alassane Ouattara. Ces comptes à régler entre eux constituent déjà une menace pour la paix en Côte d`Ivoire. Parce que si l`un des trois l`emportait, les deux autres peuvent se coaliser pour refuser la victoire sous le prétexte que l`élection n`a pas été régulière…Tout ce jeu n`est pas de nature à nous rassurer. Le Pit est un parti incontournable car nous sommes le seul parti à tenir un autre discours, un discours de raison et de mesure dans le climat actuel. Tous les événements que nous constatons ne menacent pas que certaines personnes mais tout le monde. Et quand il y a la guerre, celle-ci ne choisit pas ses victimes. Nous sommes tous victimes de la guerre et des victimes innocentes souvent. C`est pour cela que je voudrais que nous prenions conscience, pour mener un jeu clair et honnête ayant pour souci le pays. C`est pour cela que nous disons que dans le souci de ramener la paix le plus tôt et en toute conscience, que les candidats à la présidentielle ne conduisent pas le processus. Et notre constitution d`ailleurs au Pit dit que lorsque le président de la République est à sa réélection, il doit démissionner. Car quand on est candidat président ou président-candidat, cela gène le processus car on peut être tenté de prendre des décisions moins désormais en tant que candidat qu`en tant que président".

De la liste électorale actuelle
A ce propos, le candidat Wodié dira. " Nous avons engagé d`énormes frais en recrutant des opérateurs techniques, la Sagem en particulier. On parle de 40 ou 60 milliards de nos francs. Et pour recourir au service d`une institution, cela suppose qu`on a confiance à cette institution. On est arrivé à une liste provisoire de 5 millions et quelque dite liste blanche et puis survint l`affaire Mambé. Le seul fait pour le président de la Cei d`avoir pris l`initiative de ce croisement des 429 mille personnes est déjà fautif car il n`a ni le pouvoir, ni le droit de faire cela contre l`avis du bureau et contre l`avis de la commission centrale de la Cei. Pour cela, il devrait rendre sa démission. Il y a été amené. Il y a un contentieux électoral, il faut suivre le processus de ce contentieux pour arriver à une liste électorale fiable, et acceptable pour l`ensemble. Mais aujourd`hui, on utilise une expression ambiguë dont on ne comprend pas très bien la portée. L`audit ou le croisement manuel ou humain. Voilà des expressions qui brouillent le jeu. Au Pit, nous disons qu`il faut pour calmer le jeu, prolonger le délai du contentieux électoral, pour ouvrir la possibilité aux Ivoiriens qui ne sont pas d`accord de se saisir du contentieux pour redresser la liste électorale si cela se justifiait mais en empruntant la voie qui a été acceptée et reconnue par tous, c`est-à-dire, en passant devant les commissions locales et devant les juges. Aujourd`hui, on cherche un nouveau mode opératoire. Quel est-il ? Et comme il s`agit d`un jeu dans le bois fermé, nous ne savons pas très bien ce qui s`y passe. Il faut qu`on en finisse avec cette question de liste provisoire"…

Le président de la Cei serait-il aphone ou autiste ?
Le professeur qu`on accuse d`avoir donné ces qualités à Youssouf Bakayoko s`en défend. " Je n`ai pas dit du président de la Cei qu`il est aphone ou autiste. C`est lui-même qui dit qu`il n`est ni aphone ni autiste. Et nous en sommes-là. Allons-nous restés là ? Non. Il doit jouer son rôle qui est de faire en sorte que le processus électoral avance. Il doit prendre l`initiative de la concertation nationale, d`autant plus qu`il jouit de la confiance du Rhdp et du camp présidentiel. Il doit régler les problèmes en suspens.

De la cherté du carburant et de la vie en Côte d`Ivoire en général
"Par principe et a priori, je dis que la pression fiscale est trop forte en Côte d`Ivoire. C`est vrai, ces temps-ci, les taux du bénéfice industriel et commercial bic et la Tva ont baissé. Mais cela ne suffit pas. Il revient que pour le carburant, la taxe est extrêmement élevée et tournée autour de 60%. Il appartient à l`Etat de réguler ces taxes dans le sens de les diminuer. Car le carburant est un produit de consommation de première nécessité. Il faut baisser le prix du carburant pour que les véhicules puissent circuler librement pour le transport des hommes et des marchandises…Le Pit au pouvoir va remédier à la cherté de la vie en Côte d`Ivoire. L`Etat doit stabiliser le prix du carburant à un niveau supportable comme il doit stabiliser les prix des produits de première nécessité et de large consommation. L`Etat peut le faire et doit le faire. La crise politique et armée que nous connaissons ajoute une dimension économique et sociale à nos problèmes. La situation est mauvaise…Et nous Pit, par définition, nous soutenons la revendication que nous trouvons légitime des travailleurs. Car l`appauvrissement est une réalité en Côte d`Ivoire et pendant ce temps, il y a une minorité qui s`enrichit grassement. Il faut que tout cela change…Il parait que le carburant produit par la Côte d`Ivoire est de très bonne qualité. Mais ce carburant est vendu à l`extérieur et nous importons du carburant de moindre qualité. Il y a là quelque chose que je ne comprends pas très bien…Il y a là une espèce de complicité interne qui sent déjà la fumée. Il faut faire très attention… "

De la détention préventive des dirigeants de la filière café-cacao
"Depuis deux ans, des dirigeants de cette filière sont détenus sans jugement à la Maca. Cela n`est pas normal. En la matière, ils doivent jouir de la présomption d`innocence. Mais curieusement, tout se passe comme si nous sommes dans une situation de présomption de culpabilité. Il faut les juger et les libérer s`ils ne sont pas coupables et les garder en prison si leur culpabilité est établie… "
Après donc deux heures qu`a duré le grand oral dans la salle de conférence Charles Diagne, le candidat du Pit à l`élection présidentielle prochaine a conclu en ces termes "Notre ambition est de faire en sorte que ce pays qui est le nôtre sorte au plus tôt de la situation de crise qu`il vit depuis trop longtemps déjà. Nous n`en sortirons que si nous sommes déterminés et unis. C`est la raison pour laquelle le Pit a toujours préconisé la concertation, le consensus. Car dans un système pluraliste comme le nôtre, c`est l`ensemble qui doit décider. Et à défaut de l`unanimité, il faut aller vers le consensus général et national… "
Liah Ignace

Source: Le Nouveau Réveil

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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 11:57

civ_plateau_jour2.jpgMalgré les efforts des autorités ivoiriennes, le cinquantenaire de l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance risque de ne pas connaître l’éclat escompté. C’est presque dans l’indifférence que se déroulent les préparatifs des festivités, à l’ombre des querelles politiciennes.

La crise qu’elle traverse, depuis septembre 2002, risque de déteindre fortement, négativement du reste, sur la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Toute chose qui ne garantit pas le succès de cette commémoration. C’est que, dans l’attente de cette fête célébrée par tous les pays africains, anciennement colonies françaises, les Ivoiriens ne sont pas sur la même longueur d’onde. Là où les uns estiment que cet anniversaire devrait permettre à la Côte d’Ivoire d’affirmer de manière particulière son indépendance vis-à-vis de son ancienne métropole, les autres soutiennent, a contrario que l’heure n’est pas à la fête mais à la sortie de la crise qui dure depuis dix ans. Les tenants de la première thèse se recrutent surtout dans le camp du chef de l’Etat sortant, Laurent Gbagbo qui a, pour les festivités, promis d’importantes sommes d’argent au comité d’organisation piloté par l’ambassadeur Pierre Kipré. Le budget prévisionnel du cinquantenaire s’élèverait à 20 milliards Fcfa. La contribution de l’Etat avoisinerait les 4 milliards F Cfa. C’est d’ailleurs la valeur des moyens dégagés qui semble ulcérer les opposants à la fête colorée. Dédji Amondji Pierre, gouverneur du district d’Abidjan et très proche de Laurent Gbagbo, s’est toujours posé en défenseur de ces noces d’or. Pour lui, le coût ne doit effrayer personne. « Qui réussit une fête à Abidjan, l’a réussie au plan national. carteci 1On ne badine pas avec l’âge d’or parce que beaucoup d’Ivoiriens n’auront pas la chance de voir les 100 ans de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Nous devons donc célébrer ces noces d’or avec faste », a-t-il soutenu lors d’une conférence de presse organisée en décembre dernier. Loin de cet enthousiasme, les premiers à marquer leur opposition au caractère fastueux de la fête ont été les opérateurs économiques. Approchés début février dernier, par le président de la Cnpcici qui aurait sollicité leur participation au budget de la commémoration, les opérateurs auraient clairement opposé un niet catégorique à Pierre Kipré. Outre les opérateurs économiques, les opposants à la commémoration avec faste du cinquantenaire se recrutent dans les partis de l’opposition, notamment le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) qui soupçonne Laurent Gbagbo de privilégier le cinquantenaire du pays au détriment des élections de sortie de crise. « Les Ivoiriens sont invités à préparer et à célébrer avec faste, le cinquantenaire de leur Indépendance sur fond de plus de sept années de crise multiforme, avec ses corollaires que sont : les difficultés d’organisation des élections et l’illégitimité des Institutions de la République depuis cinq (5) ans (…). Mais plus grave encore, les ravages des délestages et des coupures d’eau en vigueur qui menacent dangereusement le tissu économique et le bien-être des populations. Dans cette situation des plus désolantes, une fête à coups de milliards est-elle nécessaire pour commémorer l’indépendance, là où une journée de réflexion suffit ? », s’était interrogé le maire, Nicolas Kouassi Akon, à la faveur d’un séminaire organisé le 10 mars dernier par la Commission nationale préparatoire du cinquantenaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire (Cnpcici). Cette passe d’arme entre le cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda) et la Cnpcici n’est pas bon signe pour la fête puisque c’est dans cette même logique que s’inscrit le chef du gouvernement ivoirien. Dans une interview accordée, le lundi 5 avril dernier au panafricain, Jeune Afrique, Guillaume Soro a implicitement laissé entendre qu’il n’imagine pas la Côte d’Ivoire en train de célébrer son cinquantenaire sans élections. La Coalition pour le changement de comportement (Cpc), à l’image de plusieurs autres organisations de la société civile ne dit pas autre chose. « On ne fête pas l’anniversaire d’un enfant malade », proclame son président, Touré Mamadou. Comme on le voit, en dépit des sommes importantes qui seront dégagées, les festivités du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire risquent de ne pas connaître tout l’éclat souhaité vu que les élections que réclament une partie des Ivoiriens continuent chaque jour de s’éloigner un peu plus.

Marc Dossa
du Quotidien Nord Sud.

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  • de Seth KOKO
  • : Homme politique ayant longtemps œuvré dans une diplomatie discrète au profit de l'ancien chef de l'état ivoirien, Laurent Gbagbo.« Il est l'auteur du Dialogue Direct inter-ivoirien qui a ramené la paix en Côte d'Ivoire » entre 2006 et 2010. Seth Koko est aujourd’hui opposé à la politique de M.Gbagbo qu’il accuse d’avoir manipulé et trompé les ivoiriens durant ces 10 dernières années.Seth Koko est désormais un Leader d'opinion,défenseur de la société civile ivoirienne
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