L’élection présidentielle prochaine sera âprement disputée. Dans
l’histoire de la Côte d’Ivoire, c’est la première fois qu’une présidentielle sera véritablement ouverte. Les candidats considérés comme « petits » auront certes leur mot à dire, mais
il est fort possible que la partie se joue entre les trois « grands »candidats : Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Le leader des républicains le sait. Il
est conscient que cette élection ne sera pas une sinécure. L’ancien premier ministre d’Houphouët Boigny sait aussi que ce scrutin représente un enjeu certain pour lui. Depuis plus de 15 ans,
Ado court après le pouvoir d’Etat. Rejetée en 2000 pour cause de « nationalité douteuse », sa candidature a été finalement acceptée pour l’élection présidentielle prochaine en Côte
d’Ivoire. C’est donc une occasion que l’ex Directeur général-adjoint (Dga) du Fonds monétaire international (Fmi) ne veut pas rater. Il entreprend toute action susceptible d’augmenter son
capital confiance auprès des électeurs. A côté des grands meetings qu’il anime, M. Ouattara multiplie les campagnes de proximité. Histoire d’être proche des populations. Mardi 20 juillet
2010, il est 8 h passé, quand Alassane Ouattara arrive à Angré-Djibi. Il est dans ce quartier pour réconforter les populations qui souffrent de la pénurie d’eau. Il visite trois familles. En
présence de ses hôtes, le président du Rdr ouvre des robinets. Il se rend compte que l’eau ne coule pas. Et Mme Kouadio Yvonne d’indiquer à son invité : « Président, c’est la
situation que nous vivons ici. Il n’y a pas d’eau ». « Le manque d’eau, c’est notre problème dans ce quartier. Pour avoir de l’eau, nous sommes obligés de nous lever à 3 h du matin
pour en recueillir. Parfois, nous allons charger l’eau sur la tête à Abobo-Té », informe-t-elle Ado. Qui prend l’engagement, une fois au pouvoir, de résoudre le problème de l’eau en Côte
d’Ivoire. « Nous sommes naturellement au contact des souffrances réelles des populations. Parce que se lever à 2 h ou 3 h du matin pour recueillir de l’eau, ce n’est pas facile. Le matin,
tout le monde est fatigué, ensuite les enfants doivent aller à l’école. Il y a aussi la peur de dormir et de rater l’arrivée de l’eau. Donc, ce sont des angoisses permanentes pour ces dames. Et
je suis venu leur apporter ma compassion, mon soutien et mon réconfort. Je suis venu aussi leur dire que nous pourrons avoir les faire après les élections. C’est pourquoi, il faut des élections
rapidement pour permettre de régler ces problèmes et de mettre fin aux souffrances de mes compatriotes », déclare le « bravtchê » à la fin de sa visite aux familles. « J’ai
été bien reçu par les familles que j’ai visitées. Je les remercie de cet accueil, de cette hospitalité. Je voudrais les rassurer que nous pensons à eux et que nous ferons tout pour trouver des
solutions aux problèmes qui se posent », promet-il.
Prendre le dessus...
Outre les familles visitées, Ado est allé voir l’état d’avancement du château d’eau en construction à Angré. Il s’est aussi rendu à l’église Sainte-Ambroise du jubilé également en construction. Là, il a pris un bain de foule. Avant Angré, c’est au marché gouro d’Adjamé qu’Alassane Ouattara est allé s’imprégner, avec son épouse, des réalités des commerçantes. C’était le 14 avril 2009. « Je suis venu ce matin, vous saluer, vous les femmes au travail. Mes chères sœurs des marchés d’Adjamé, j’ai été très heureux de vous voir tenir bon avec un grand moral, malgré les difficultés de la crise. Bravo à vous les femmes ! Bravo pour votre courage. Vous savez, vous êtes le pilier de la société ivoirienne. Vous êtes le pilier des familles. Quand les femmes acceptent un message, il va tout droit chez le mari et chez les enfants qui sont les jeunes », a t-il affirmé ce jour-là. « Vous les femmes, vous êtes donc au centre de tout ce qui se décide dans notre pays. Je viens vous saluer pour le travail important que vous faites. Je sais que vous êtes ici très tôt le matin, certaines à 5 h et d’autres même à 4 h du matin. Vous venez pour recevoir les marchandises et attendre ceux qui doivent acheter les produits. Nous avons eu la chance de visiter, non seulement le Forum des marchés, mais aussi, le marché gouro. Je voudrais saluer ces dames qui nous ont tenu compagnie ce matin. Je salue également les femmes des autres marchés que nous n’avons pas pu visiter ce matin. Je voudrais vous encourager pour tout ce que vous faites », a-t-il ajouté. Des mots d’encouragements et des contacts de proximité qui marquent forcement. A l’évidence, cette campagne de proximité procède d’un plan sinon d’une stratégie d’Alassane Ouattara pour épater l’électorat. Et prendre le dessus, in fine, sur ses adversaires à la présidentielle prochaine. C’est de bonne guerre !
Article: Soir info
par Sylla ARUNA jeudi 22 juillet 2010
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Les Ivoiriens qui gardent encore
une lueur d`espoir quant à une sortie honorable de la crise par des élections justes et transparentes doivent se réveiller de leur long rêve qui dure depuis 2005. Le Fpi a remis en cause tout le
travail abattu pour la dernière ligne droite du processus électoral. Conséquence, le processus électoral est une fois encore totalement bloqué et cette fois-ci, il y a lieu de vraiment
s`inquiéter. La Côte d`Ivoire et son opposition ont depuis des années avalé stoïquement des couleuvres. De report en report de l`échéance électorale, on en est arrivé à ce que les observateurs
avertis ont toujours révélé aux Ivoiriens. Quel que soit ce que l`opposition concédera, le camp présidentiel n`acceptera pas d`aller aux élections. Laurent Gbagbo l`a dit lors de la présentation
des vœux de nouvel an en janvier au palais présidentiel ; il ne veut pas " aller aux élections comme un mouton ". Car, aller à un combat qu`on sait perdu d`avance est quasiment suicidaire. Alors
tous les stratagèmes sont mis en œuvre pour tourner en bourrique une opposition qu`il sait trop sage, trop respectueuse de la parole donnée et qui ne peut pas taper du poing sur la table parce
que façonnée dans le moule de la paix. Mais, être conciliant et adopter des attitudes de paix ne signifie pas qu`il faut laisser son adversaire prolonger la souffrance de son peuple. L`opposition
doit donc changer de fusil d`épaule et adopter d`autres stratégies faute de quoi elle finirait par se discréditer aux yeux des nombreux Ivoiriens qui attendent que leurs leaders viennent les
sortir du bourbier. Les cris d`alarme retentissent des profondeurs du peuple qui n`en peut plus de subir le temps qui ronge, de la masse silencieuse qui n`a plus de voix à force de pleurer.
Agacement et exaspération. Ce sont les sentiments qu’éprouve la
communauté internationale vis-à-vis de la crise que vit la Côte d’Ivoire depuis bientôt une décennie. Connue pour être une crise qui ‘’grille’’ les Premiers ministres, (Affi N’Guessan, Seydou
Diarra, Konan Banny et actuellement Guillaume Soro), la crise ivoirienne n’en est pas moins une qui ‘’bousille’’ tout aussi les Représentants spéciaux des Secrétaire généraux de l’ONU à Abidjan.
D’Albert Tévoédjré à Y.J. Choi en passant par Pierre Shori, le ‘’cimetière’’ des patrons de l’ONUCI ne désemplit pas. Quel est donc ce pays qui ‘’mange’’ tous ceux qui viennent l’aider à
retrouver la paix? C’est la question que tout le monde se pose. Et c’est cette même question que se pose également le Président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama. Oui, vous avez bien lu. Le
‘’Président du monde’’ comme on appelle tous les présidents américains, s’est résolu à s’intéresser à la crise ivoirienne. La France qui a longtemps et traditionnellement servi de tuteur à la
Côte d’Ivoire a passé le relais à ‘’plus fort et plus téméraire qu’elle’’. Surtout que depuis le déclenchement de la rébellion, tous ses efforts sont demeurés vains, s’ils n’ont tout simplement
pas été tués dans l’œuf par le pouvoir et ses partisans qui n’hésitent point à la présenter comme le vrai auteur du coup d’Etat manqué perpétré contre Gbagbo le 19 septembre 2002. Le chef de
l’Etat ivoirien lui-même qui croit en ce raisonnement en a gros sur le cœur contre les dirigeants français. Dont l’ancien président Jacques Chirac et l’actuel locataire de l’Elysée Nicolas
Sarkozy. Tant que le contentieux entre les deux pays n’est pas vidé, Gbagbo a juré qu’il «ne mettra pas les pieds en France», dans une interview accordée récemment à RFI. Désormais, le règlement
de la crise ne sera plus une affaire entre Gbagbo et Sarkozy qui, pour avoir hérité de la crise est catalogué par son homologue ivoirien comme ‘’ennemi’’ de son pays. L’administration Obama,
désormais, en fait son affaire. Avec les méthodes américaines qu’on connaît. Faites de pragmatisme, de réalisme et de rigueur. Pour venir à bout de la question ivoirienne, les Etats-Unis ont
décidé d’inverser les rôles. Les initiatives de Résolutions sur la Côte d’Ivoire qui étaient une exclusivité de l’ancienne puissance tutélaire, seront celles de pays de l’Oncle Sam. Un avant goût
de ce changement de cadence. Un nouvel Ambassade sera bientôt à Abidjan. Son nom? Phillip Carter III. Il va remplacer la précédente, Mme Wandat Nesbitt qui, elle, sera affectée ailleurs. Le
successeur de Nesbitt a été nommé depuis le 10 mai dernier. Ancien numéro deux de Jendayi Frazer (secrétaire d'Etat adjointe chargée des affaires africaines dans l'administration Bush), Phillip
Carter III n’est pas un inconnu sur le continent africain. Il a joué un rôle de premier plan dans l’organisation d’élections dans trois pays où le scrutin n’était pas donné d’avance. Il s’agit de
Madagascar, du Gabon et de la Guinée-Conakry où le premier tour de l’élection présidentielle a eu lieu le 27 juin dernier et le second tour est prévu pour le 18 juillet prochain. Si ces pays ont
voté, ce n’est donc pas la Côte d’Ivoire où la crise est totalement terminée, selon les propos de Gbagbo, qui restera en marge de ce ‘’vent électoral’’ qui souffle sur certains pays africains.
Phillip Carter III a pour mission exclusive de faire en sorte que les élections démocratiques, propres et transparentes se tiennent en Côte d’Ivoire. Et ce, le plus tôt possible. En tout cas,
l’année 2010 ne passera pas, sans que les Ivoiriens n’aillent aux élections. Le nouvel Ambassadeur des USA a donc pour rôle premier de ‘’mettre Laurent Gbagbo sous pression électorale’’ de sorte
que le pays quitte le cercle des pays baptisés ‘’PSS’’ dans l’entourage d’Obama. C’est-à-dire Pays sans Election. Et dont la Côte d’Ivoire est la tête d’affiche. Une situation incompréhensible
qui a fait baisser les bras à Choi qui a confié à un de ses proches selon le quotidien français Libération que «de toutes façons, il n’y aura jamais d’élection ici». Pour sa part, l’actuel
Ambassadeur des USA sur le départ, Wanda Nesbitt, ne dit pas le contraire. A l’occasion du 234 anniversaire de l’indépendance de son pays, elle a fait cette ‘’plaidoirie’’: « (…) Le monde a
énormément changé depuis lors; l’Afrique a énormément changé depuis lors. (…) La Côte d’Ivoire a encore le potentiel d’être un exemple pour d’autres, un «modèle de l’espérance promis à
l’humanité», comme le dit si joliment votre hymne national et je saisis donc cette occasion pour demander à chacun de vous de faire votre part de sacrifice afin que ce pays si accueillant brille
de nouveau au firmament des nations prospères.» Avec l’arrivée de son successeur et la prise en main du dossier ivoirien par son pays, nul doute que son appel sera entendu et que les Ivoiriens
iront aux élections cette année.
Eburnews - Ne nous trompons pas de cible, la CEI n’est pas le blocage du processus électoral, elle travaille à offrir aux ivoiriens dans un contexte apaisé, des élections
démocratiques, transparentes et acceptables par tous, voilà comment pourrait-on résumer la dernière sortie de son porte parole, Bamba Yacouba.








