La Côte d'Ivoire est mal gérée

Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /Juil /2010 17:29

Dr Albert Mabri Toikeusse, président de l`Union pour la démocratie et la paix (Udpci), candidat déclaré à l`élection présidentielle prochaine, continue sa tournée politique dans la région du Haut Sassandra. Après Iboguhé, lieu où trois de ses militants, Mme Affing, Mdl Allou, Dr Miézan ont trouvé la mort le 16 mars dernier et Saïoua, le leader du parti arc-en-ciel a rencontré les populations de Guessabo (12 km de Zoukougbeu à la place publique, sise au quartier Niaboua de ladite localité, qu`il visite pour la première fois. A cette occasion, le ministre Mabri, le regard vif, le ton grave et l`air menaçant, a annoncé la défaite de Gbagbo à la prochaine élection présidentielle: " Laurent Gbagbo sera bientôt sanctionné car les Ivoiriens me confieront la destinée de la Côte d`Ivoire. Votre fils est candidat à l`élection présidentielle. Ils ont volé l`argent des Ivoiriens, nous ne les laisserons pas voler notre victoire. Je veux lutter pour terrasser Laurent Gbagbo " a-t-il lancé, confiant, aux populations de Guessabo composées de Niaboua, Bété, Guéré, Baoulé, Yacouba, Agni, Dida rassemblées en grand nombre sous un soleil de plomb. Poursuivant, il a appelé les populations à la vigilance. " Restez en éveil, ils vont venir vendre des illusions " a-t-il soutenu. " Quand il passait ici, il ne pouvait pas donner 10000F à quelqu`un ". Visiblement, le parti du progrès et du développement est en train de gagner du terrain vu la grande mobilisation. Dans une ambiance entretenue par les danses et masques de la région, le leader du parti créé par le général Guéi, a levé un coin du voile sur ses ambitions pour la Côte d`Ivoire. "Nous allons redonner espoir aux paysans, permettre que les femmes enceintes se soignent, soignent leurs enfants et donner du travail aux Ivoiriens. Que les enfants aillent à l`école et aient la chance de réussir. Dans trois mois, tout va changer, car je vais prendre le pouvoir et Laurent Gbagbo va partir " a-t-il déclaré. Dans l`après-midi, sur la place publique de Zoukougbeu (45 km de Daloa), chef-lieu de département, le président Mabri s`en est pris à Bléoué Aka, président du conseil des sages de la filière café cacao, proche de Gbagbo, qui l`a précédé sur le terrain. " Si Bléoué Aka veut faire de la politique, qu`il entre dans l`équipe de campagne de Gbagbo. Il est venu à Zoukougbeu pour mélanger nos parents, car ils ont échoué sur toute la ligne " a-t-il martélé. De son avis, Gbagbo cautionne les dérives de Blé Goudé. " C`est Gbagbo qui a dit à Blé Goudé de tricher pour avoir sa licence. C`est Gbagbo qui a protégé Blé Goudé dans la tricherie " a-t-il fermement affirmé avant de tirer à boulets rouges sur la refondation. " Gbagbo pense que c`est lui seul qui sait danser. Ce qu`il sait faire, c`est la roublardise. Il a trompé tout le peuple. Il a anéanti toutes les chances des enfants de ce pays. Gbagbo parle de l`école gratuite, c`est de la démagogie. L`école ne peut pas être gratuite. Gbagbo a protégé ceux qui ont volé l`argent des paysans et qui sont en prison " a-t-il soutenu visiblement écœuré. Ibo Vincent, maire Pdci de Zoukougbeu, soutenu par une forte délégation du Rhdp, comme à Guessabo, a traduit l`engagement et les encouragements des populations, dans un message d`espoir pour un changement radical à la tête de l`Etat par les urnes. Ce matin, cap est mis sur Vavoua et Bédiala

SERGE AMANY
Le Nouveau Réveil

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Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 21:47

autre 8875Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire

Elle date du Mercredi 5 Juillet 2006. Et elle a été publiée par le ‘’défunt’’ quotidien Le Matin d’Abidjan financé en son temps par un certain Charles Blé Goudé. C’est dans les colonnes de son journal que ce dernier a publié une lettre ouverte adressée à Mamadou Koulibaly. Dans ce courrier, le chef de file des ‘’jeunes patriotes’’ ne tarie pas d’éloges pour le président de l’Assemblée nationale, dont il a loué le courage: « (…) Je suis toujours resté silencieux sur votre courage politique mais cette fois, je ne pouvais me taire (…)» écrivait-il. C’est ce même Blé Goudé qui, samedi dernier à Ménékré, a tiré à boulets rouges sur son mentor. Que les temps changent. Nous vous proposons l’intégralité de son courrier.

Président,
Je voudrais d'entrée, demander votre indulgence pour le caractère public de cette lettre. J'aurais bien pu la faire déposer à votre secrétariat mais j'ai choisi la voie publique pour des raisons qui, j'en suis convaincu, seront sues au terme de la lecture des lignes qui suivent.ble_goude.jpg
Monsieur le Président, cette lettre, je l'écris pour vous dire merci et vous féliciter pour la justesse des prises de positions qui sont les vôtres à chaque étape décisive de la crise qui secoue notre pays. Je suis toujours resté silencieux sur votre courage politique mais cette fois, je ne pouvais me taire devant le dernier acte politique par vous posé tant il est plein de symboles. En plus de ce que je respecte les hommes qui ne transigent pas sur les principes qu'eux mêmes se sont imposés, j'ai de l'admiration pour ceux qui osent et qui surprennent toujours l'adversaire au moment où celui-ci s'y attend le moins. Vous êtes l'un de ceux-là. Dépeint comme un homme dangereux, vous avez toujours assumé vos choix politiques, sans calculs. Patriote jusqu'aux os vous passez pour le ''désœuvré'' de l'Assemblée nationale car dans l'entendement de nos ancêtres les Gaulois, les patriotes sont des désœuvrés. Vous avez toujours été au carrefour décisif de l'Histoire de notre jeune nation. A trois reprises, l'adversaire a tenté de mettre la Côte d'Ivoire à genoux, trois fois vous vous êtes dressé pour dire, non!
Nombre d'Ivoiriens et d'Africains ont découvert pour la première fois votre force de caractère en janvier 2003. En effet au moment ou la France et ses rebelles tentaient d'opérer un coup d'Etat constitutionnel après avoir échoué par les armes, vous avez refusé de donner la caution de l'Assemblée nationale et vous êtes rentré au pays. Je me rappelle que ce jour, nous nous sommes rencontrés à un endroit que nous devons encore tenir secret pour les besoins de la lutte. Après vous avoir écouté ce jour-là j'ai compris que l'Afrique comptait encore de dignes fils. Vous veniez ainsi de désapprouver ce qu'il est désormais convenu d'appeler les accords de Linas Marcoussis. Aujourd'hui avec du recul, les observateurs de la crise ivoirienne peuvent conclure avec nous que vous avez eu tort d'avoir eu raison trop tôt. Ce scénario monté de toutes pièces par Paris pour décapiter l'Etat ivoirien, s'est avéré inapplicable. Marcoussis défiait l'éthique et tordait le coup à la démocratie tant ces accords faisaient l'apologie des armes. Comme leur détenteur exclusif, Seydou Diarra, ces accords ont disparu du langage des ivoiriens qui d'ailleurs n'en voulaient pas. Monsieur le Président, par cet acte-là, vous avez séduit beaucoup de patriotes ivoiriens. Et la flamme allumée à Marcoussis brille encore aujourd'hui. Résistant dans l'âme, vous avez pris un second rendez vous avec l'Histoire: c'était le 09 Novembre de l'an 2004. Sous un prétexte fallacieux, l'armée française avait stationné ses chars criminels devant l'hôtel Ivoire après avoir détruit les appareils volants de notre armée. Trois jours durant, la France avait mené une véritable guerre au cours de laquelle plusieurs patriotes sont tombés. Là encore, vous avez su transformer notre îlot de désespoir en un véritable océan d'espérances. Ce jour, vous avez mis les Généraux Mathias Doué, Fall et Henri Poncet devant leurs responsabilités. Devant le petit écran, les Ivoiriens vous ont vu, demandant à ces militaires, les raisons de la présence des chars français devant l'hôtel Ivoire. Une fois encore, vous avez joué votre partition en donnant une étoffe institutionnelle au combat des patriotes. Vous avez tout simplement osé; vous êtes allé là ou aucune autorité n'osait s'aventurer. Le coup d'Etat que la France préparait avec Doué Mathias a ainsi échoué. Aujourd'hui, Doué, Fall et Poncet sont partis. Le premier cité a même menacé depuis son exil volontaire de renverser le Président Gbagbo. Vous, vous êtes toujours avec nous, continuant le combat de la dignité du peuple africain. Vous venez encore de répondre présent à un troisième rendez-vous.
Comme pour vous défier, en Janvier 2006, nos censeurs du GTI ont voulu se substituer au peuple ivoirien en mettant fin au mandat de la noble institution dont vous êtes le président. Les patriotes sont descendus dans la rue quatre jours durant pour s'opposer à cette décision qui mettait définitivement la Côte d'Ivoire sous tutelle. J'ai moi-même entamé une grève de la faim devant l'ambassade de la France. A la suite de ce combat, le fils héritier du GTI, le président Obasanjo, est arrivé à Abidjan aux fins de préciser à ce groupement qu'il n'avait pas compétence pour mettre fin au mandat des députés. Nous avons en retour, demandé à nos amis de libérer la rue. Ils sont partis mécontents. Certains de nos journaux ont même parlé de trahison. Mais avec la dernière bataille que vous venez de remporter en faisant fonctionner effectivement l'Assemblée nationale, vous avez achevé de nous convaincre sur votre sens du devoir. Président du Parlement, vous avez réussi à le préserver des vautours qui voulaient le dissoudre. Au grand dam de vos adversaires politiques et à la joie de la majorité des ivoiriens. L'Assemblée nationale, clé de voûte de la démocratie a donc repris fonction. Si chaque Président d'institution pouvait s'inspirer de votre engagement et mener le combat dans sa sphère d'influence, c'est sûr, la Côte d'Ivoire serait épargnée du ballet des donneurs des leçons: Merci combattant!
Monsieur le président, c'est pour relever ces trois carrefours essentiels auxquels vous avez été présent que je me suis autorisé à vous écrire publiquement. Que votre modestie en souffre, mais vous êtes un modèle pour notre génération .Tous ceux qui ont cru nous faire mal en vous faisant passer pour notre idéologue n'ont fait que donner de la valeur à notre combat. Je n'ai jusqu'ici pas rencontré régulièrement mon idéologue; maintenant je l'exige pour que me soient enseignées les meilleures idées: celles de la dignité, la constance et la conviction sans calculs. Merci combattant, la jeunesse ivoirienne est fière de vous!

Charles Blé Goudé,
le sanctionné de l'ONU
Le matin d’Abidjan n° 204 du mercredi 5 juillet 2006

Source: Le Patriote

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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 12:53

Coulibaly-PresidentL’Affaire Désiré Tagro n’en finit pas d’alimenter les conversations et les débats. Les partisans des deux ‘’protagonistes’’ ne tarissent pas d’arguments pour faire pencher la balance du côté de leur ‘’mentor’’. Dans cette contribution publiée par la Rédaction du site Internet www.connectionivoirienne.net, les auteurs dévoilent dans les détails, tous les secrets de ce feuilleton politique dans lequel personne n’a ni tort ni et raison.

L’Affaire Désiré Tagro n’en finit pas d’alimenter les conversations et les débats. Les partisans des deux ‘’protagonistes’’ ne tarissent pas d’arguments pour faire pencher la balance du côté de leur ‘’mentor’’. Dans cette contribution publiée par la Rédaction du site Internet www.connectionivoirienne.net, les auteurs dévoilent dans les détails, tous les secrets de ce feuilleton politique dans lequel personne n’a ni tort ni et raison.


«En politique il n’y a pas d’amis ; il n’y a que des intérêts». Mamadou Koulibaly vient de l’apprendre à ses dépens. Dans le conflit qui l’oppose au ministre de l’Intérieur Désiré Tagro, et qui est désormais devenu une véritable affaire d’Etat – comme en France avec l’affaire Bettencourt –, le Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire est aujourd’hui un homme seul. Totalement isolé et orphelin même.
Le 2 juin dernier, quand Mamadou Koulibaly prononce son allocution lors du colloque sur les 20 ans du multipartisme en Côte d’Ivoire, organisé par la Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI) du Dr. Patrick N’Gouan, il n’est pas seul à l’Hémicycle. Le président de l’Assemblée nationale est encadré notamment par les députés Williams Atéby et Brissi Claude. C’est toujours accompagné de ses deux «lieutenants» que Mamadou Koulibaly s’est présenté le 25 juin au Parquet d’Abidjan, pour être auditionné par le Procureur de la République Tchimou Raymond Féhou dans le cadre de l’enquête diligentée par le Président Laurent Gbagbo. Mais depuis qu’il est question de mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur «l’affaire Tagro», les deux compagnons et collègues députés du président de l’Assemblée nationale ainsi que tous ses soutiens affichés ont tourné casaque. Comment en est-on arrivé là ?

Les origines d’un lâchage et la descente aux enfers de Koulibaly

En homme très méticuleux qu’on lui connaît, le député de Koumassi a pris soin de finaliser son exposé-conférence 72 heures avant de se rendre au colloque de la société civile. Selon certaines indiscrétions, le 3ème vice-président du Front Populaire Ivoirien (FPI) a remis copie de son discours à ses deux principaux «lieutenants», les honorables Atéby Williams et Brissi Takaléa Claude, vice-président de l’Assemblée nationale. Ainsi qu’à une poignée d’amis et proches collaborateurs avec qui il forme «un cercle restreint de réflexion». Une source précise même que le document aurait été transmis à la Première Dame… Personne n’a émis la moindre réserve sur l’adresse préparée par le Président du Parlement. Au contraire, tous ont jugé que les critiques de Koulibaly sont parfaitement fondées. Et qu’en sa qualité de numéro deux de l’Etat, il était la personne la mieux indiquée pour sonner le tocsin ! C’est donc après s’être entouré de toutes ces précautions et garanties, et certainement avec la caution de sa «marraine» Simone Gbagbo, que le président de l’Assemblée nationale délivre son message le 2 juin. Dans lequel il dénonce publiquement l’affairisme du ministre de l’Intérieur et proclame l’échec de l’Accord politique de Ouagadougou.
Dans la foulée de ses accusations, et comme pour anticiper la réaction et la contre-attaque du ministre de l’Intérieur, voire au-delà, Mamadou Koulibaly met en place un «think tank» chargé d’étudier les scénarii possibles et d’élaborer des stratégies de défense et de réplique. Dans les premières 72 heures, une centaine de personnalités, de cadres du parti au pouvoir, d’universitaires… se signalent. Le président de l’Assemblée nationale croule sous le poids des messages de soutien et de félicitation venant de toutes parts, pour son courage et sa capacité à «dire tout haut ce que tout le monde, y compris les refondateurs, pensent tout bas». La boîte E-mail de Koulibaly explose !
Entre-temps, Désiré Tagro aussi organise de son côté la riposte. Fort de la sortie énergique du président du FPI Pascal Affi N’Guessan, qui dénonce vigoureusement dans la presse un énième «one man show» de Koulibaly. Le ministre de l’Intérieur sort alors l’artillerie lourde : il met les gros moyens, soudoie un certain nombre de journaux au rabais et sans éthique ni déontologie, qui noircissent à souhait l’image du Président du Parlement, présenté comme un «pied nickélé» originaire de Gbayangara, au Mali. Tagro n’est-il pas le patron des «Grandes Oreilles» de la République (les services secrets de renseignements) ? La presse proche du «patron des policiers ivoiriens» peut alors écrire que la horde des rebelles de Soro Guillaume, qui a attaqué le Nord de la Côte d’Ivoire en septembre 2002, s’est aussi entraînée dans cette localité (Gbayangara) jusqu’alors totalement inconnue des Ivoiriens. Une façon de dire que Koulibaly était au courant de ce qui se tramait mais n’a rien dit au Président de la République,

diby koffi 5Laurent Gbagbo.

C’est en ce moment-là que le Chef de l’Etat entre en scène. Le week-end du 5 au 6 juin, soit à peine 48 heures après la publication de l’intervention de Koulibaly in extenso dans la presse, Laurent Gbagbo téléphone à quelques «dinosaures» et cadres de La Majorité présidentielle pour demander leur avis sur cette sortie de son dauphin constitutionnel. Le président de la République appelle en premier le président du Conseil Economique et Social, Augustin Laurent Dona-Fologo. Les deux personnalités ont à peu près cet échange : «Grand-frère, tu as lu ce que ton petit Maaadou-là a écrit encore ?», demande Gbagbo. «Oui, Excellence Monsieur le Président, je viens tout juste de finir la lecture. En tout cas, Koulibaly a bien fait, parce qu’il y a beaucoup de choses qu’il faut effectivement corriger au sein de la Refondation avant d’aller aux élections», s’extasie niaisement Fologo. «Non ! Cette fois-ci là, il n’a pas bien fait. Koulibaly a très mal fait de livrer ainsi Tagro à la vindicte du RHDP, et de déchirer l’APO…», coupe de façon péremptoire le Chef de l’Etat. «Excellence M. le Président, c’est vous qui avez raison ; je crois que je n’ai pas bien lu. Si vous dites que Koulibaly a mal fait, je suis d’accord avec vous ; il a effectivement mal fait de porter ces choses-là sur la place publique», se reprend rapidement l’homme politique le plus habile du pays. Gbagbo téléphone ensuite à Mme Danièle Boni-Claverie Akissi. «Je suppose que tu as lu ce que Koulibaly a écrit», lui demande le Chef de l’Etat. «Ah là ! M. le Président, le petit-là il est trop fort ! Il a tapé en plein dans le mil. Parce qu’il y a trop de personnes qui font n’importe quoi autour de vous», s’exclame Mme Claverie. «Et quand il affirme que l’Accord de Ouaga a échoué, tu es d’accord aussi ?», relance le Président de la République. «Là aussi je pense qu’il n’a pas tout à fait tort, parce que ce sont les rebelles qui s’en tirent à bon compte. On leur a tout concédé, y compris la Primature, mais jusqu’à présent ils n’ont rien lâché. Ils tiennent encore les régions du nord, de l’ouest et du centre, et ils refusent toujours de désarmer», argumente la femme politique-journaliste la plus éloquente et la plus raffinée de Côte d’Ivoire. «Mais pourquoi quand Koulibaly fait ces bêtises-là même vous tous vous le supportez ?», lui lance brutalement Gbagbo. Interloquée par cette apostrophe inattendue du Chef de l’Etat, Mme Boni Claverie balbutie : «M. le Président, je pensais que… Mais, je vois, il a poussé le bouchon un peu trop loin. Il n’aurait certainement pas dû intervenir comme cela en public». Laurent Gbagbo appelle une ou deux autres personnes, s’entretient sur le sujet avec son épouse Simone, et tous semblent prendre le parti de Koulibaly. Mais chaque fois, les interlocuteurs sont obligés de se rallier à l’opinion du Chef, qui affiche clairement son aversion contre ce qu’il qualifie de «sortie de route de trop».
Après le mini-conclave chez Affi, Gbagbo reçoit individuellement les protagonistes, Tagro et Koulibaly ; consulte à nouveau quelques conseillers et diverses personnalités, et s’envole quelques jours après pour Casablanca. Avant de se rendre au Maroc, le Chef de l’Etat a déjà une claire idée de la façon dont il va régler cette affaire : saisir le Procureur de la République pour innocenter Tagro… et faire payer à Koulibaly ses turpitudes. Son ancien conseiller juridique lui propose même une mouture de la requête de saisine du Procureur avant son voyage…
Le dimanche 20 juin, quinze minutes après l’élimination des Eléphants du mondial sud-africain de football face au Brésil (3 buts à 1), la «bombe» est lâchée. Par la voix de son porte-parole Gervais Coulibaly Delhpléna, Laurent Gbagbo donne ordre, sur les antennes de la chaîne de télévision nationale (RTI), au Procureur Tchimou d’enquêter sur les prétendues malversations de Désiré Tagro – et accessoirement de Soro Guillaume – dont l’accuse le président de l’Assemblée nationale. Curieusement, les Ivoiriens découvrent que les termes du communiqué sont délibérément liberticides et laissent la porte ouverte à toutes les interprétations malveillantes.

Ce qui joue contre Koulibaly

Sentant l’étau se refermer sur lui, le président de l’Assemblée nationale saisit au bon la demande d’une commission d’enquête parlementaire formulée par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) pour démêler l’écheveau. Mamadou Koulibaly est favorable à la sollicitation de l’opposition, et convoque rapidement une conférence des présidents pour se prononcer sur le sujet. On est le 29 juin. Les débats sont difficiles et longs (de 10h à 15h), mais deux commissions sont tout de même créées pour statuer sur le sujet. Le mercredi 7 juillet, après de houleuses empoignades en commission entre députés de l’opposition (PDCI, UDPCI et Solidarité) et élus du camp présidentiel (FPI et Loyauté), le non l’emporte à 15 voix contre 13. Une consigne ferme a été donnée par la direction du FPI à tous les députés du parti et à ses alliés, sans exception, de s’opposer par tous moyens à la mise en place de cette satanée commission d’enquête parlementaire appelée de tous ses vœux par Koulibaly. Et gare à celui qui transgressera la discipline du parti ! Résultats des courses, même les plus fidèles parmi les fidèles de Koulibaly ont voté contre, notamment ses deux «lieutenants» et quelques députés sur qui comptait le Président du Parlement.
Le cas Tadieu Edmond Atéby Williams. Ce jeune loup de la politique ivoirienne, passé du Parti ivoirien des Travailleurs (Pit) du Pr. Francis Wodié – qui l’a fait élire comme député de Yopougon en 2001 – au Front populaire ivoirien, est désormais devenu un «carriériste» si l’on peut dire. Et même si au fond il soutient les idées du Président Koulibaly, dont il a été jusqu’ici le plus fervent défenseur au sein de l’appareil de la Refondation, Atéby regarde de quel côté souffle le vent et fait de la «realpolitik». Ce brillant juriste n’est pas prêt à sacrifier sa carrière et son ascension fulgurante dans l’establishment politique ivoirien pour un homme dont la trajectoire semble très sinueuse en ce moment.
Quant au député Brissi Claude, actuellement vice-président de l’Assemblée nationale, il se verrait bien être récompensé par un strapontin ministériel. A quoi bon alors hypothéquer son avenir politique dans des combats de chefs ? «Quand les pots de fer se battent, les pots de terre doivent se mettre à l’abri pour éviter d’être réduits en débris», tel semble être la nouvelle posture des «supporters» de Koulibaly dans «l’affaire Tagro».
La morale de cette histoire est simple : en politique il n’y pas d’amis ; il n’y a que des intérêts. Et Koulibaly en prend pour sa claque !
Autre handicap, et non des moindres, le président de l’Assemblée nationale n’est pas un homme politique familier des lobbies d’argent. Là où un politicien sans scrupule peut claquer des sommes inimaginables pour se tailler une tunique de moine dans la presse, Koulibaly, lui, pense candidement que seules ses idées et sa posture de «Monsieur propre parmi les hommes sales» peut suffire à lui valoir des ralliements. A preuve, aucun journal ne le soutient officiellement – ce qui n’est pas le cas pour Tagro –, et même l’unique quotidien gouvernemental a pris parti pour… le ministre de l’Intérieur. Ne cherchez pas loin pour savoir pourquoi…

Desire-TagroTagro lève le lièvre sur le complot contre le président du Parlement

Presque sûr de son fait, le ministre de l’Intérieur peut dorénavant claironner qu’il aura la peau du président de l’Assemblée nationale ; et même de son ennemi juré au FPI, son «frère» Paul Antoine Bohoun Bouabré. N’est-ce pas que le Président Gbagbo lui a réitéré sa confiance et a ouvertement pris parti pour lui dans le conflit qui l’oppose à Koulibaly ?
Nous reprenons ici – à titre de rappel et pour montrer qu’il s’agit effectivement d’un complot grotesque ourdi contre le Président du Parlement ivoirien –, les confidences que le ministre de l’Intérieur a récemment faites chez lui à domicile.
“C’est un défi que Koulibaly lance au chef de l’Etat. Comment comprendre que le président de la république diligente une enquête judiciaire contre un ministre de la république et le président de l’Assemble nationale, sans attendre les conclusions, convoque à son tour les députés pour mettre en place une commission d’enquête parlementaire ? C’est un défi que Koulibaly lance à Gbagbo. C’est inadmissible… Dans quel pays sommes-nous ? Je n’accepterai jamais qu’une commission d’enquête parlementaire vienne investiguer à mon bureau. Je vais donner ordre aux policiers de bastonner tout député qui viendrait au ministère de l’Intérieur. Est-ce qu’ils savent ce que nous faisons dans ce ministère ? Je vais boucler mon bureau par un cordon de policiers. Le premier député qui se présentera sera chicoté et puis il n’y aura rien. Le président de la République, en initiant cette enquête judicaire veut comprendre si oui ou non les faits portés contre moi sont avérés. Il n’y a rien d’autre derrière. L’enquête n’ira nulle part. Les faits visés par l’enquête seront démontés un à un. Koulibaly et Bohoun ( Koulibaly Mamadou et Bohoun Bouabré, Ndlr) ont été surpris par cette enquête demandée par le chef de l’Etat. Leur objectif, ce n’était pas une enquête judicaire. Ils ont été pris au dépourvu par le président de la république et maintenant, ils sont paniqués. Le président (Ndlr : de la République) sait que je suis innocent. Le président sait que je n’ai rien fait. Au moment du choix de la Sagem, je n’étais pas encore ministre. J’étais, en ce moment-là, porte-parole du chef de l’Etat. C’était en 2006. Je m’étais opposé au choix de la Sagem… Je n’ai jamais voulu, même adresser la parole à Kagnassi (Ndlr : représentant de la Sagem, en charge du volet technique du processus électoral en Côte d’Ivoire). Quand je serai innocenté par l’enquête, le président (Ndlr : de la République) demandera une enquête sur Bohoun Bouabré, dans cette affaire de café-cacao. Et Bohoun Bouabré va tomber. Comme il sait qu’il va tomber, il veut me faire tomber avant lui. Mais ça ne marchera pas. Le président sait que je n’ai rien fait. J’attends la fin de l’enquête pour parler. Je ne veux pas faire du « vuvuzela » comme eux. C’est Bouhoun Bouabré qui est derrière tout ça … Avec James Cenach (Ndlr : Guédé Pépé Léonard), Ateby Williams, Kabran Appia (tous députés à l’Assemblée nationale). »

Ce que risque Gbagbo

Mais Laurent Gbagbo pourra-t-il se débarrasser aussi facilement de Mamadou Koulibaly ? «L’ère des faux complots d’Houphouët-Boigny est révolue, et Koulibaly ne se laissera pas aussi facilement faire. Donc Tagro peut pérorer, jubiler, mais qui rira le premier rira le dernier», assure un sympathisant du président du Parlement.
Effectivement, le Chef de l’Etat joue gros. S’il liquide Koulibaly, celui-là même qui est perçu dans l’opinion publique ivoirienne (et internationale) comme étant la seule personnalité de la Refondation qui ne s’est pas laissée enivrer par le «vertige du pouvoir, de ses jouissances multiples et de ses prérogatives», Laurent Gbagbo envoie un mauvais signal aux électeurs en ces périodes de campagne électorale. Innocenter Tagro et «trancher la tête de Koulibaly» voudrait dire que le Président de la République, comme partisans et adversaires le lui reprochent déjà, accorde une prime à tous les «voleurs» de la République.

Koulibaly peut-il rebondir ?

En politique, et certainement plus qu’ailleurs, «il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué». Et le Président Laurent Gbagbo a restitué tout son sens à ce vieil adage. Lui dont la fin politique a maintes fois été décrétée, mais qui s’est toujours sorti des situations les plus inextricables au point de les retourner à son avantage. Mamadou Koulibaly pourra-t-il être cette «bête politique» à l’image de celui qui l’a introduit au FPI ? Rien n’est moins sûr.
L’idée de base de Koulibaly concernant l’enquête parlementaire procède d’une rhétorique longtemps usitée par le Front Populaire Ivoirien lorsque ce parti était dans l’opposition. Pour des gens qui ont crié à tue-tête «Houphouët voleur ! Houphouët voleur !», badigeonné les murs et placardés les arrêts de bus de pareils écriteaux, seules des investigations menées par des élus du peuple de tous bords politiques pouvaient laver l’honneur souillé de la Refondation. Avec à la clé, une transparence garantie. «Que nenni», pestent aujourd’hui les socialistes au pouvoir qui, non ravis de rouler carrosses, circulent même en Maybach ou Q7, Infinity, Porsche sur les routes cahoteuses d’Abidjan et de l’intérieur du pays. Eux qui hier, réclamaient des enquêtes sur les surfacturations des complexes sucriers et d’autres projets de développement qui se sont transformés en «éléphants blancs» sous le règne quarantenaire du PDCI-RDA.
Koulibaly compte donc sur un réveil patriotique des députés ivoiriens, pour laver l’affront d’un Tagro qui n’accorde aucun respect pour leur institution. «Je vais les faire chicoter (les députés) par mes policiers si je les vois à mon bureau», peut se frapper la poitrine avec morgue et arrogance le ministre de l’Intérieur. Sous d’autres cieux, pareille menace serait passible d’enquête – et condamnation – judicaire. Comme on l’a vu en France avec le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux qui a été condamné par le justice pour avoir tenu des propos racistes en public…
Certes, le principe de l’enquête parlementaire a été rejeté par la commission qui a statué sur la question. Mais tout n’est pas perdu pour autant. Car même invalidé, le cas sera néanmoins discuté en plénière à la fin de ce mois de juillet. En commission, le vote se fait à main levée. Ce qui veut dire que même s’il y a des députés qui soutiennent la proposition, ils ne peuvent pas aller «à découvert» contre la discipline du parti ; au risque de subir des sanctions. Or en plénière, le vote est parfois secret, et cela laisse la porte ouverte à toutes les possibilités. Peut-être que pour une fois, les représentants du peuple mettront l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des intérêts partisans. Attendons donc de voir…

source:J-CI.NET

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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 11:50

gbagbo_soro-4--copie-1.jpgLa porte-parole principal du candidat du Rassemblement des républicains (RDR) à l’élection présidentielle à venir, Anne Désirée Ouloto, a affirmé dans une interview qu’elle a accordée, récemment, à la télévision panafricaine 3A TéléSud, que Guillaume Soro est « une fabrication » du président Gbagbo. « Ce que vous ne savez pas, c’est que Soro Guillaume est une fabrication de Laurent Gbagbo », a-t-elle assuré, ajoutant que c’est un fait qui est su de tous les Ivoiriens. Pour répondre à ceux qui accusent Alassane Ouattara d’être le père de la rébellion qui a éclaté en 2002 dans le pays, Mme Ouloto a déclaré que Guillaume Soro et Charles Blé Goudé -tout deux ex-secrétaires généraux de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI, Ndlr), très proche du chef de l’Etat- sont des « ouailles de Laurent Gbagbo ». « Aujourd’hui, pourquoi Soro Guillaume ne brandit-il pas les revendications du RDR pour les présenter à Laurent Gbagbo ? La primature, c’est bel et bien Guillaume Soro qui y est et non Alassane Dramane Ouattara », a-t-elle argué. Non sans noter que les Ivoiriens sont fatigués des manipulations orchestrées par le camp présidentiel. « Les Forces nouvelles sont indépendantes. Ce sont des Ivoiriens qui ont pris leurs responsabilités et qui ont décidé de s’élever, à un moment donné, contre le pouvoir en place. Ce ne sont pas des enfants qu’on peut mener par le bout du nez. On a raconté tellement de méchancetés et de mensonges au sujet de cette guerre », a indiqué Mme Ouloto, par ailleurs secrétaire nationale du RDR chargée de la solidarité. Aussi, parlant de solidarité et de cohésion sociale, Mme Ouloto a-t-elle martelé que la « cohésion est un leurre » en Côte d’Ivoire et que le pays baigne dans « un désordre désolant » auquel il faut mettre fin. A l’en croire, le pays renouera avec l’union, la discipline et le travail quand Alassane Ouattara, son candidat, sera élu à la magistrature suprême. Car, poursuivra-t-elle, le président du RDR a les compétences, l’expertise et l’expérience pour ramener le pays sur le droit chemin. « Il souhaite ramener les Ivoiriens aux fondamentaux de la Côte d’Ivoire. A la paix, à la cohésion nationale, à la discipline, à l’amour des autres, au développement et à la relance économique », a affirmé Mme Ouloto. Qui a trouvé ridicule le fait que les dirigeants ivoiriens n’aient pas organisé depuis 2005 l’élection présidentielle. « Ça devient à la limite ridicule pour les tenants du pouvoir. On ne peut pas comprendre qu’un parti politique qui se réclame démocratique ne soit pas capable de faire en sorte que l’élément qui fonde la démocratie, c’est-à-dire l’élection présidentielle, puisse être tenue dans un pays aussi sérieux que la Côte d’Ivoire. Le 31 octobre prochain, Laurent Gbagbo aura eu un deuxième mandat de façon gratuite. Nous ne pouvons pas continuer à l’accepter », a-t-elle signifié. Anne Ouloto a appelé les Ivoiriens à prendre leurs responsabilités face « aux manigances » du camp présidentiel pour retarder les élections. Des élections qui sont attendues par le peuple de Côte d’Ivoire depuis plusieurs années.

vendredi 9 juillet 2010 par Hervé KPODION: L'INTER

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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 20:35

En dix ans de règne, le Front populaire ivoirien a fini par instaurer une monarchie de parti dans l’administration publique. L’affaire des « 2/3 des places du concours de police réservées au camp présidentiel » rappelle l’inégalité des chances dans ce pays et la rupture du pacte républicain.
Gbagbo-livre-1.jpg
L’impact politique et social du scandale de l’affaire des « 2/3 des places du concours de police réservées au Front populaire ivoirien » est incontestable. C’est une petite révolution qui s’opère en cette période trouble où les modèles de vertu se comptent du bout des doigts. Ce scandale révèle en tout cas une monarchie du parti d’Affi N’Guessan et surtout la partialité de l’Etat. Le tout en déphasage avec les discours officiels et les engagements pour « refonder » la Côte d’Ivoire. Ce dossier révélé par Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale, troisième vice-président du Fpi, accusant le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, de magouille et de népotisme, établit un fait catégorique : les jeunes ivoiriens qui se ruent sur les concours de police, de gendarmerie, de l’Ena, bref tous les concours administratifs ont été toujours menés en bateau. On leur fait payer des droits d’inscription, ils font des examens médicaux, suivent des cours d’appui et, au finish, ce sont les privilégiés du régime qui occupent les 2/3 des places. Le tiers des places restant se partage alors entre ceux qui paient un, deux ou trois millions de Fcfa pour réussir et quelques méritants, sauvés par leur baraka. Une goutte d’eau dans la mer. Les discours sur la transparence et l’égalité des chances pour tous étaient donc un trompe-l’œil, pour installer un ordre fait d’iniquité sociale.
Aujourd’hui, certains jeunes évoquent de plus en plus ouvertement la nécessité de mettre en place un « collectif des jeunes pour la transparence aux concours de l’administration publique » en vue de mieux combattre ce système d’injustice sociale. Cependant, quelle influence quand il est organisé depuis le sommet de l’Etat ? Quel effet quand l’impunité règne ou quand un ministre ne peut pas rendre des comptes au gouvernement parce qu’il est ministre?
Ce qui est en cause dans ce débat, c’est la partialité de l’Etat, la capacité des autorités à transformer la chose publique en une affaire privée où le mérite et la compétition n’existent pas. Ce qui est en cause, c’est ce clanisme, cette sorte de retour du parti-Etat qui discrimine ceux qui ne pensent pas comme le prince. L’impartialité de l’Etat n’a jamais été aussi en danger depuis l’ère de la Refondation. De l’Etat pour tous, la guerre aidant, on est passé à l’Etat du Fpi. La Côte d’Ivoire fait face à la monarchie d’un parti politique. Cette monarchie crée une sorte d’immunité pour les « enfants » de la cour, là où le pouvoir et l’argent se rencontrent pour faire des « jeunes »… de l’autre rive des vassaux, des sujets. De nombreux témoignages recueillis dans le cadre de ce dossier font état de nombreux jeunes étudiants qui, pour fuir la galère, se sont enrôlés dans la Fesci. De la Fesci, d’autres ont été parachutés à l’Ena ou dans des directions centrales où ils veillent aux intérêts du Fpi. Les aveux de Désiré Tagro lors du secrétariat exécutif du Front populaire ivoirien et ceux de la Directrice générale de l’Ecole nationale d’administration dévoilent la pieuvre. «Je veux réconcilier l’Ena avec la population ivoirienne. On n’aura plus à payer pour y entrer», avait soutenu, le 10 juin, Mme Yapo Evelyne, la nouvelle directrice de cette institution. Le chef de l’Etat, lui, n’est pas resté en marge des rumeurs (sic) qui consacraient de fait la corruption à l’Etat. « M. le Dg, votre école a une mauvaise réputation. Il se raconte en ville que pour entrer ici, il faut payer. Si c’est vrai, renoncez à ça (…) Je ne veux plus qu’on dise que l’Ena est Sodome et Gomorrhe et que c’est l’épicentre de la corruption. Je ne veux plus qu’on dise ça », avait tancé Laurent Gbagbo lors de la sortie de la 48ème promotion de l’école.
Aujourd’hui, les jeunes recrutés à la police nationale et même à la gendarmerie, sans niveau ou qualification, pour la « survie du Fpi » représentent un danger réel pour la cohésion nationale. Les groupes parlementaires du Pdci, de l’Udpci et Solidarité ont mis le doigt sur ce danger, parlant de « milice privée au service d’un clan ».
L’incorporation des milices dans les rangs des Forces de défense et de sécurité au lendemain du 19 septembre 2002, pour engager la « résistance patriotique », a eu pour effet de décupler les violations de droits humains, déjà mis à mal par la belligérance. Les tirs à balles réelles lors des manifestations politiques ou des mouvements sociaux (marche des femmes, des handicapés, grève des transporteurs ou bavures policières) dénotent du faible niveau d’instruction de nos forces et parfois de l’inefficacité de la formation reçue. La rupture de la chaîne de commandement, les initiatives solitaires et solidaires pour racketter, la criminalisation de la police et de l’armée ne sont que l’expression de la rupture du pacte républicain entre l’Etat et la population.

Assoumane Bamba


Source: L'expression

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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 14:28

Port-extention-plan.jpg« Renforcer les capacités du gouvernement en matière de négociation et de suivi des contrats pétroliers ». Tel était le thème d’un séminaire organisé récemment par le Don de gouvernance et de développement institutionnel (DGDI). Aujourd’hui, la noblesse de cette initiative refait surface au rappel de ce que la Côte d’Ivoire n’engrange pas à la faveur de l’exploitation de ses ressources.

Adopter le système d’attribution des contrats pétroliers par appel d’offres, en lieu et place du système qui consiste en un gré à gré. Tel était l’un des objectifs de l’important séminaire de formation organisé récemment par le Don de gouvernance et de développement institutionnel, DGDI. Destiné à l’inciter le gouvernement à une salutaire révision des contrats commerciaux régissant l’exploitation du pétrole ivoirien, ce conclave avait pour thème : « comment renforcer les capacités du gouvernement en matière de négociation et de suivi des contrats pétroliers ». Comment permettre à la Côte d’Ivoire de tirer profit de ses activités pétrolières, afin que les ressources générées soient porteuses d’un développement durablement ressenti par les populations ? Cette question est plus que d’actualité, à cause des bruits qui courent sur le pétrole ivoirien, qui semblent ne pas tenir compte de la réalité, toute chose qui remet au gout du jour, cette belle initiative du DGDI, et pour cause. 54.750.000.000 FCFA. C`est ce que la Côte d`Ivoire gagne par an dans l`exploitation de son pétrole. Si les données officiellement approuvées par la communauté internationale sont vraies. En effet, ce pays ne pompe que 50 mille barils / jour mais selon un contrat signé il y a une dizaine d`années avec ses partenaires étrangers, seulement 12% de cette production lui revient, c`est-à-dire 6000 barils / jours. A raison de 50 dollars en moyenne le baril, la Côte d`Ivoire cède donc tout aussi officiellement au consortium Global Ressources - Texaco - Exxon, plus de 400 milliards FCFA par an. Vu sous l`angle de la reconnaissance du mérite, l`émissaire des bailleurs de fonds n`a donc que bien fait de féliciter le ministre de l`Economie et des Finances Charles Diby pour la bonne gestion de ces ressources. Après avoir confirmé les chiffres fournis par le gouvernement sur le pétrole ivoirien, Arend Kouwenaar avait, on s`en souvient, félicité celui-ci " pour les efforts constatés en matière de bonne gouvernance ", selon ses propres termes. Vu néanmoins sous l`angle du bon sens, l`on ne peut que regretter que l`envoyé des bailleurs de fonds n`ait pas automatiquement mis sur la table, la question de la répartition des ressources générées par les richesses ivoiriennes. Si cela avait été fait avec insistance et consigné dans son rapport, la communauté internationale aurait alors un argument officiel permettant la révision des contrats de partage desdites ressources.

La politique du cheval et du cavalier

Le cas du pétrole ivoirien est donc un argument de taille, pour envisager la révision de certains contrats commerciaux liant les Etats africains aux multinationales occidentales, spécialisées dans l`exploitation des matières premières. Le premier avantage sera de mettre fin à la politique du cheval et du cavalier, qui caractérise les échanges commerciaux entre l`Afrique et le reste du monde. A quoi sert-il en effet de se proclamer producteur de tel ou telle richesse, alors qu`après partage, l`on n`y gagne que des miettes ? Cela permettra aux Etats d`avoir les moyens de leur collaboration ou de leur coopération avec le reste du monde, étant donné que l`on parlera désormais d`égal à égal. Le second avantage aurait été de mettre à un autre niveau de réflexion, ceux qui entretiennent cet inutile conjecture rien que sur la gestion des revenues du pétrole ivoirien, par soucis de voir la petite bête partout. Cela aurait surtout permis de convaincre les Ivoiriens qu`ils ne sont pas issus d`un pays pétrolier. Dans maints pays d`Afrique comme le Gabon, les citoyens ont ralenti leurs réflexions et leurs efforts avec l`illusion du pétrole salvateur, alors que seule, cette denrée ne pouvait en rien suffire à leur développement. Cette attitude crée la paresse, l`oisiveté, le manque d`ingéniosité et surtout les accusations mensongères et ridicules, et pourtant. Pendant toute sa gouvernance, Félix Houphouët-Boigny insistait sur le fait que le succès de la Côte d`Ivoire reposait sur l`Agriculture. Cette sagesse avait emmené les Ivoiriens à minimiser les ressources insignifiantes de leur pétrole, en les maintenant au travail et à l`effort diversifié. Il y a donc lieu de conjuguer les efforts pour obtenir du gouvernement, la révision des contrats commerciaux, au lieu de perdre du temps à conjecturer sur des ressources qui n`existent pratiquement que de nom.

Franck Boyo

Encadré : Assumer ensemble les erreurs du passé

A l`analyse, l`on est emmené à se demander ce qui revient finalement à l`Etat et au peuple, de tout ce que la Côte d`Ivoire produit comme ressources ou génère comme richesse. Du téléphone au pétrole, en passant par l`eau, l`électricité, le port, le gaz, l`aéroport internationale Houphouët-Boigny, etc… tout appartient aux multinationales occidentales, principalement françaises. Quant aux produits agricoles surtout le café et le cacao, ils sont achetés à vil prix, puis revendus ici à un prix presque quintuplé. Comment œuvrer à ce que la Côte d`Ivoire profite de ses richesses comme cela se doit ? Telle doit par conséquent être la préoccupation de chaque ivoirien, si toutefois l`on décide de sortir des débats inutiles et futiles. Pendant que les Ivoiriens s`accusent mutuellement de détourner ou de mal gérer ceci ou cela, les multinationales occidentales s`empiffrent officiellement mais en douce. Certes, il est légitime de s`interroger sur les raisons qui ont emmené l`Etat a signé ce genre de contrat. Certainement que cela était motivé par le souci de ne pas assumer les frais de production. N`empêche, le résultat est aujourd`hui là, implacable et regrettable. L`Etat étant une continuité et vu que les Ivoiriens sont condamnés à partager leurs joies et peines en vivant ensemble, il y a plutôt lieu d`assumer ensemble cette erreur d`appréciation. Tout étant dans la nécessité d`avancer vers de nouvelles perspectives basées sur la correction des erreurs du passé, afin de profiter largement de ce dont Dieu a dotée le sol ivoirien. Le jour où cela sera, il faudra alors continuer dans le sens de la bonne gouvernance, afin d`éviter les détournements de masse dont seuls les dirigeants d`entreprises africaines ont le secret.

F. B

Légende 2 : Selon la coordonatrice du DGDI Yao Madeleine, la révision des contrats liés au pétrole permettra à l’Etat de disposer de plus de fonds.

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Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 13:35

Desire-Tagro.jpgDesiré Tagro,Ministre de l'intérieur de la Côte d'Ivoire

“Afin d`éviter l`enfer vécu par feu Emile Boga Doudou à l`Ecole de police, le Fpi a décidé de se constituer une force de police à lui. Ainsi, chaque année, deux tiers des places ouvertes au concours d`entrée à l`Ecole de police sont réservés d`office aux membres de la direction du Front populaire ivoirien (Fpi) qui se les partagent". Scandale, révélations choquantes et révoltantes. Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, les pontes du Fpi qui se sont retrouvés au domicile de Affi N`Guessan pour régler en famille les palabres entre Mamadou Koulibaly et Désiré Tagro ont plutôt levé un coin du voile sur leurs gestions obscures de l`Etat. Et le moins que l`on puisse dire c`est que la Côte d`Ivoire court un grave danger…
Plus de six (6) heures n`ont pas suffi, avons-nous écrit, aux membres du Secrétariat exécutif du Fpi pour vider le contentieux Koulibaly-Tagro. Mais au terme de la rencontre de jeudi nuit, tous s`étaient jurés, la main sur le cœur, de ne faire aucune déclaration à la presse. Vu certainement que tout ce qui avait été débattu constituait des dossiers trop lourds qui risquaient de mettre en péril la survie même du régime s`ils étaient portés sur la place publique. Mais ce serment ne sera pas respecté par les partisans de Tagro qui, dès le lendemain de la rencontre, faisaient des déclarations dans tous les sens pour dire que le Secrétariat exécutif du Fpi a condamné et mis en minorité Koulibaly. Vidant du coup de sa substance le communiqué qui devrait intervenir pour situer l`opinion sur cette séance de travail nocturne.
Les langues se déliant, nous avons pu recueillir, de sources diverses, l`essentiel de cette nuit de débats, d`ébats et de combat au domicile de Affi N`Guessan.

Révélations choquantes
Au cours des échanges en effet, le ministre Désiré Tagro aurait pris la parole pour dire clairement que lorsqu`il est arrivé au ministère de l`Intérieur, d`abord comme directeur de cabinet de feu Emile Boga Doudou, il avait pu constater que tous les policiers qui étaient là étaient ceux de Emile Kéi Boguinard (?). Le Fpi n`avait pas d`emprise réelle sur ces policiers qui, a-t-il rappelé, ont lancé une bombe lacrymogène sur le ministre Boga Doudou lors d`une visite de travail à l`Ecole de police en 2002. C`est encore par la faute de ces mêmes policiers si Boga Doudou est mort en septembre 2002 car ceux-ci ne l`ont pas protégé comme il se devait lors de l`attaque des hommes de Guillaume Soro.
A son arrivée à la tête de ce ministère stratégique, Tagro aurait décidé de faire en sorte que le Fpi ait ses propres policiers, c`est-à-dire des hommes sûrs recrutés par les responsables du parti, prêts à mourir pour le Fpi. Dans cette logique, le ministre de l`Intérieur aurait révélé que depuis 3 ans qu`il est là, deux-tiers (2/3) des places ouvertes au concours d`entrée à l`Ecole de police sont réservés au Fpi. Autrement dit, chaque année avant l`ouverture du concours, deux tiers des 1000 ou 1300 places ouvertes sont bloqués d`avance pour le Fpi. Le ministre Tagro aurait révélé que ces places ne sont pas vendues mais gracieusement distribués entre les membres de la direction du Fpi. Il aurait même cité quelques unes des personnalités comme Simone Gbagbo, Affi N`Guessan, Sokoury Bohui et autres auxquelles est affecté chaque année un quota de places au concours de police. Tagro aurait aussi ajouté, en réponse à Koulibaly, que pendant que le président de l`Assemblée nationale utilise son budget de souveraineté pour grossir son compte en banque, lui, en tant que ministre de l`Intérieur, utilise ses pouvoirs et privilèges pour renforcer les bases du pouvoir de Gbagbo, recruter des gens au Fpi. En trois ans, beaucoup de milliards passés entre ses mains auraient servi à faire ce travail. Ainsi à la différence du Pr. Mamadou Koulibaly qui passerait le clair de son temps à développer des thèses sur le développement durable, la souveraineté monétaire ou les libertés individuelles et collectives, lui Tagro userait de son temps pour réfléchir à des choses concrètes. Et sur ce point le ministre de l`Intérieur aurait révélé qu`il songe déjà à une alternative à l`Apo. Implicitement, il rejoint Koulibaly sur l`échec de cet accord.

Réponses de Koulibaly
Après cet exposé de Tagro qui a mis en lumière la fidélité et le dévouement du ministre de l`Intérieur à Gbagbo et au Fpi, ses partisans étaient plus que satisfaits. Ils auraient alors demandé à ce que Koulibaly présente ses excuses et regrets à Tagro.
Mais le président de l`Assemblée nationale n`entendra pas les choses de cette oreille. Koulibaly refuse de présenter la moindre excuse à Tagro. Pour la simple et bonne raison qu`il s`estime floué. Au contraire, c`est à moi qu`on devrait présenter des excuses, estime-t-il. Et pour cause, le 3ème vice-président du Fpi qu`il est, président de l`Assemblée nationale, député de Koumassi, Ddc de Gbagbo dans cette commune, comment avec toutes ces qualités et fonctions cumulées, lui Koulibaly n`a jamais été associé à ce commerce honteux qui consiste à proposer des noms pour l`entrée à l`Ecole de police ? Est-ce parce que les gens de sa tribu n`étaient pas aptes à accéder à cette école ? En tout état de cause, Koulibaly condamne cette façon de gérer l`Etat et réclame l`ouverture d`une enquête parlementaire, d`une enquête de l`inspection générale d`Etat et du comité de contrôle du Fpi sur le sujet.

Colère de Lida Kouassi
L`ancien ministre de la Défense Moïse Lida Kouassi aurait alors pris la parole pour crier son étonnement par rapport au procès fait à Koulibaly. Il ne comprend pas que l`on puisse exiger au président de l`Assemblée nationale des excuses parce qu`en son temps, il avait été accusé d`avoir fait assassiner le ministre Boga Doudou. Une enquête interne avait été ouverte contre lui Lida. Et cette procédure avait établi son innocence. Pourtant, jusqu`à ce jour, Lida déclare n`avoir pas reçu les excuses formelles du parti. Il n`en fallut pas plus pour provoquer le courroux de Laurent Akoun et de Odette Sauyet qui auraientt manqué d`en venir aux mains avec Lida Kouassi. Ces derniers trouvant inacceptable que l`ancien ministre de la Défense évoque un problème personnel, réveille un souvenir douloureux alors qu`on parle d`autre chose.
C`est dans ce tintamarre de récriminations et de griefs que Simone Gbagbo prend la parole pour appeler tout le monde au calme. Elle-même un peu gênée par les révélations de Tagro qui l`a personnellement citée au titre des personnes bénéficiaires des quotas à l`Ecole de police. Le Pr. Mamadou Koulibaly aurait par ailleurs refusé de présenter des excuses à Affi N`Guessan, le président du Fpi qu`il invite à le démettre de la direction du parti s`il juge intolérables ses propos. Avant de lever la séance qui n`a pas permis de dégager un consensus sur un quelconque sujet à l`ordre du jour, les parties auraient convenu de se revoir mais avant de ne faire aucune déclaration à la presse. Mais le mot d`ordre n`a pas été respecté, hélas !
AKWABA SAINT-CLAIR
Sourc:
Le Nouveau Réveil

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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 11:05

Roland-Dagher2.JPG


Roland DAGHER
Conseiller Economique et Social


S’il est notoirement reconnu que tous les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent, il est aussi que parmi les dirigeants, il y en a toujours quelques uns qui se distinguent par des signes qui leur sont uniques comme les empruntes digitales. Mais il est aussi bon de reconnaitre la valeur intrinsèque d’un Monsieur qui se distingue par son courage à travers ses dires et sa façon de vivre : le Professeur Mamadou KOULIBALY. Défenseur acharné d’une monnaie Nationale ou tout du moins Africaine, non arrimée à aucune autre puissance monétaire, alors Ministre de l’Economie et des Finances au début de « l’ère » GBAGBO, Mamadou KOULIBALY, aujourd’hui Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, apparait aux yeux de ses compatriotes comme un homme singulier, voir un dirigeant différent de ce qu’il leur a été donné de voir en d’autres temps. Il est connu pour sa simplicité. Il n’est pas rare de le voire arpenter les voies de la capitale ivoirienne au volant de sa voiture de commandement sans aucune escorte, se faufilant comme il peut dans les dédales de nos interminables bouchons. Au perchoir, l’on ne perçoit aucune solennité dans l’expression, l’on, se croirait à un cours magistral dans les amphis théâtres de l’Université de Cocody où il a l’habitude de dispenser le savoir. Tout en restant fidèle au régime auquel il appartient, il n’en demeure pas moins fidèle aux principes auxquels de loin il semble être attaché : l’Equité, la Justice, la Dignité Humaine.

Aussi, ses compatriotes éprouvent-ils toujours du plaisir à la suivre à chacune de ses sorties, où il met un point d’honneur à mettre le doigt sur la plaie, en proposant le pansement qu’il pense indispensable pour la guérison. Sûr de lui, il apparait comme un homme de conviction et cela il l’a véritablement prouvé au début de la crise, lors de cette table ronde de Marcoussis en France. Table ronde qui, et cela n’est qu’un secret de polichinelle, a accouché d’une petite souris, si non qu’elle a eu le mérite, hélas bien triste de transformer la plaie ivoirienne en gangrène. Avec les journaux comme support, il a toujours su jouer sa partition dans cette symphonie éternellement inachevée. Aujourd’hui, encore quoiqu’on dise, peut-on peut être lui reprocher le cadre ou le mode adopté, mais force est de reconnaitre qu’il a le courage de dire haut ce que bon nombre de ses compatriotes pensent très bas, avec à l’appui une analyse pédagogique digne du Professeur qu’il est.

La crise ivoirienne a gros dos. Mais, en réalité de part et d’autre de l’ex mur de la honte, à qui profite le crime ? Ex mur dont les fondamentaux demeurent toujours. Au Nord, c’est le pillage systématique dans l’impunité totale des richesses du sous sol, de la vente pour le compte des seigneurs de guerre des matières premières. Au sud, le clanisme, la ploutocratie et la corruption sont érigés en mode de Gouvernement, caractérisé par une hypocrisie déconcertante. Personne n’ose parler pire, l’on finit par entrer dans « le contexte » comme pour dire à qui mieux, mieux sans oublier les appétits gloutons de certains de ces dirigeants qui achètent à tous vents, édifices et véhicules dont les puissances en chevaux contrastent avec nos routes laissées à l’abandon par ces mêmes dirigeants. Pendant ce temps, que devient le peuple. De quel peuple s’agit-il ? Ceux là reclus dans les baffons des quartiers insalubres, parias qu’ils sont oubliés des humains. Voilà à quoi est réduit le peuple que l’on dirige ou que l’on aspire à diriger.

La ruelle qui séparait les citoyens il y a seulement vingt ans ; sous toutes les différentes ères politiques que nous avons connues, est devenu un fossé si profond qu’il parait infranchissable. Fossé creusé davantage par cette fameuse titrisation des créances de l’Etat vis-à-vis des opérateurs économiques, véritables poumons de la vie socio économique de ce pays, suffisamment éprouvés après quatre à cinq ans d’attente ; mesure dirais-je certes normale pour permettre à l’Etat de mobiliser des ressources, comme appliquée dans bien d’autres pays en difficulté de trésorerie ; mais que malheureusement aucun organisme financier n’accepte de prendre à sa juste valeur, sans une décote drastique de 25 à 30%. A cela faut-il comme si cela était encore nécessaire ajouter les pourcentages versés de part et d’autre 5, 10 voir 20% afin qu’une facture régulière ne soit payée. Je pense qu’il en est de trop. « Silence on développe ». En d’autres termes, la passerelle de pouvoir conférée à l’individu pour le bien être commun, est détournée à des fins personnelles, individuelles…

L’on a parlé du panier de la ménagère, puis du sachet de la ménagère et aujourd’hui plus de ménagères. L’on tirait le diable par la queue, aujourd’hui le diable n’a même plus de queue. Pendant ce temps les gestionnaires de nos deniers publics claironnent à tous vents et brandissent comme un trophée la remise de la dette par ces pays qui au début de nos indépendances avaient le même niveau de vie que nous. Et comble, hélas ! L’on se donne des satisfécits par des titres de meilleurs gestionnaires, alors que le peuple dont on gère les biens croupis dans la misère.

Alors où est passé l’Honneur, où est passé l’Humain dans ce pays dit béni des Dieux, qui après les miracles a vu pleuvoir des milliards. Oh ! si Dieu pouvait venir au secours de ce pauvre peuple et de son Président Laurent GBAGBO et son épouse dont la Garde courtoise ou rapprochée, imposée ou pas ne lui renvoie hélas pas l’ascenseur. Qu’a-t-on fait pour mériter pareil situation ? a quoi sert-il d’amasser tant de richesses, si elles ne sert qu’à appauvrir davantage une population, qui pourtant a braver les mains nues, aux prix de la perte de tant de vies humaines, pour n’avoir de récompense que l’injustice, voir la brimade économique. Avec ce pouvoir d’achat, ce mot pouvoir que j’emploi parce que je n’en trouve pas un autre, enfin, ce « pouvoir » d’achat qui se rétrécit comme une peau de chagrin, ou à la fermeture de tant d’entreprises, ou à la réduction de leur capacité de production par manque de consommateurs. Si tant est qu’on ne change pas une équipe qui gagne, il est évident qu’il est bon de changer une équipe qui perd et qui persiste dans la perte.

La Côte d’Ivoire est malade depuis près de deux décennies de ceux qui l’ont dirigé et qui la dirigent. Par novisme ou par égoïsme, ils ont plongé le pays dans le coma économique. La confiance qui naguère était un des piliers de notre développement n’existe plus entre la population et ses dirigeants, ni entre les opérateurs économiques et les décideurs, ni entre les décideurs eux-mêmes. Alors, allons-nous comme des moutons de panurge suivre ceux là jusqu’à la noyade ? Je pense pour ma part que le Président de la République doit ouvrir grand les yeux et aussi les oreilles, afin d’amputer les membres qui gangrènent le corps, se faire une nouvelle virginité afin de continuer à bénéficier de la confiance de son peuple auquel il a présenté un programme basé sur le slogan : « Donnez moi le pouvoir, afin que je vous le redonne ». C’est ce qu’il fait dans moult domaines, mais hélas, il n’a pas été récompensé à la mesure de ses largesses et de sa volonté.

C’est pourquoi, je voudrais lui rendre hommage et demander au peuple d’avoir foi en son président et à son épouse qui fort heureusement ont pris de la hauteur dans cette ruée vers l’or, établie par certains de leurs collaborateurs.

Monsieur le Président de la République Laurent GBAGBO et son épouse méritent notre confiance et nos encouragements. Le peuple qui n’a pas la mémoire courte le leur revaudra pour une Côte d’Ivoire qui sait se tenir débout et aller toujours de l’avant.

Enfin je terminerai en adressant au Professeur Mamadou KOULIBALY, Président de l’Assemblée Nationale, en lui disant que son amour pour la Mère Patrie n’a d’égale que pour son engagement pour la Nation.

Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Roland DAGHER
Conseiller Economique et Social
18 B.P 71 Abidjan 18

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  • de Seth KOKO
  • : Homme politique ayant longtemps œuvré dans une diplomatie discrète au profit de l'ancien chef de l'état ivoirien, Laurent Gbagbo.« Il est l'auteur du Dialogue Direct inter-ivoirien qui a ramené la paix en Côte d'Ivoire » entre 2006 et 2010. Seth Koko est aujourd’hui opposé à la politique de M.Gbagbo qu’il accuse d’avoir manipulé et trompé les ivoiriens durant ces 10 dernières années.Seth Koko est désormais un Leader d'opinion,défenseur de la société civile ivoirienne
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logo-fr 24Seth Koko sur France24 le 15 février 2010

    intro Télécharger l'interview de Seth Koko sur Africasbeat Radio le 12  décembre 2009

 

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·        Le peuple ivoirien a été abusé pendant 10 ans par Laurent Gbagbo et ses amis du FPI.

voice of africaVoice of Africa Radio reçoit Seth Koko le 11 mai 2010

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·        Le Président Gbagbo n’a fait qu’accumuler les dérives autoritaires pour appauvrir et isoler la Côte d’Ivoire.

Seth koko sur GRIOO.COM le 28/10/2010logo grioo

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ALTER INFO CONFIRME LES PROPOS DE SETH KOKO

Laurent Gbagbo gouvfr LA CÔTE D'IVOIRE GRUGEE PAR LE SOCIALISME DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO  

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