Le ministère des Sports et le Comité national de soutien aux Eléphants ne parlent plus le même langage, qui ont convoyé les supporters au pays de Mandela. Des
dirigeants de clubs et journalistes ont failli payer le prix fort de ce désordre organisé.
La vie est devenue un calvaire les cinq cents supporters ivoiriens qui ont été convoyé en Afrique du Sud par l’Etat. La joie qui animait ces inconditionnels des Eléphants quand ils ont été tirés
au sort pour certains, désignés, invités ou envoyés en mission pour d’autres, s’est transformée en une angoisse quotidienne. Hommes politiques, religieux, hommes d’affaires ou simples admirateurs
qui suivent l’équipe nationale, les Eléphants, vivent comme des sans papiers à Johannesburg. Par la faute de la société de prestation de service « African village ». Cette situation a failli
tourner au pire dans la nuit de mardi à mercredi après le match de la Côte d’Ivoire contre le Portugal à Port Elizabeth, à plus de 900 km de Jo’Burg. En plein nuit de 23h30 à 2h ils faillaient
chercher ses papiers les hôtels. Revenus de Port-Elizabeth, un car de liaison leur a été affrété pour regagner les sites d’hébergement. Manque de pot. Le chauffeur du car ne maîtrise pas les
quartiers de cette métropole encore moins les hôtels. Les Congolaises qui servaient de guides bénévoles n’ont été d’aucun secours. La scène paraissait surréaliste ! Un conducteur ‘‘gaou’’
transportant des passagers ‘‘gnata’’ à une heure tardive dans une agglomération méconnue. De fait, un dialogue de sourds s’est installé entre les supporters des Eléphants et leurs ‘‘guides’’.
Parti de
l’aéroport de Jo’Burg, le car fait un premier tour en ville à la recherche des hôtels. Une odyssée couronnée par un premier échec. Le chauffeur décide alors de retourner à l’aéroport. Alors qu’on
est à une heure avancée? Les esprits s’échauffent. La colère est palpable au sein des ‘‘naufragés de Jo’Burg’’. Les Congolaises sont prises à partie.
Elles descendent du car presqu’en larmes. Le président du C.O Korhogo, Ouattara Bakary et son voisin ne sont pas loin d’en venir aux mains. La bagarre est évitée de justesse. La police
sud-africaine déployée en grand nombre pour assurer la sécurité des délégations est dépassée par cet événement. Il faut trouver la solution pour éviter de dormir à l’aéroport. Les guides sont à
nouveau sollicitées. Les présidents Koné Abdoulaye (Denguelé) et Ouattara Bakary (COK)
mènent la médiation qui paye. Le car redémarre. Le tourisme nocturne reprend. A la recherche de deux hôtels : Formule 1 au quartier Eden Valle où doivent loger les journalistes et Lodge Bridge,
le Q.G des dirigeants de clubs. Trois stations d’essence sont visitées. Le retour à la case départ crée la panique. Pour dédramatiser, les Ivoiriens ont recours à leur traditionnel humour. Au
bout d’une trentaine de minutes, l’échec semble consommé. Le car reprend la route de l’aéroport. Au moment où tout semblait perdu pour les supporters des Eléphants, une des Congolaises de service
trouve la géniale idée de téléphoner à un autre chauffeur. C’est ce dernier qui indique, l’hôtel des dirigeants à son collègue. Le sauveur de la délégation ivoirienne rejoint le groupe à Bridge
Lodge à bord de son car. C’est lui, finalement, qui conduit au petit matin les journalistes à leur hôtel :
Formule 1. Ce n’était qu’un début du parcours de combattant. Le plus dur restait à venir pour les Ivoiriens qui vont vivre la galère à Jo’Burg.
African village au banc des accusés
A peine un repas par jour, aucun moyen de communication encore moins de déplacement. Le tout dans un désordre révoltant ! Les Ivoiriens n’en pouvaient plus de souffrir le martyre par la faute
d’African village, prestataire de service à qui l’Etat ivoirien a donné le marché de la réception des supporters des Eléphants à la Coupe du monde 2010. A hauteur de 1,2 milliard Fcfa. Selon nos
sources, cette structure aurait déjà perçu 900 millions Fcfa pour démarrer la mission.
A l’épreuve du terrain, les Ivoiriens sont abandonnés à eux-mêmes.
Colère, indignation fusent de partout. Des représentants d’African village sont ‘‘pris en otage’’. Le Directeur général de cette société, Marcel Tapé, tente de désamorcer la bombe. Il se rend
dans le camp des supporters pour les calmer. « Il faut mettre l’argent de côté. Nous sommes tous de jeunes ivoiriens. Je voudrais m’excuser pour tous ces désagréments. Nous ne nous attendions pas
à autant de personnes. Ce que je redoutais lors de mes conférences est en train d’arriver. On a été débordés. Le marché ne nous a pas été octroyé tôt. Nous avons un personnel qualifié qu’on a dû
libérer parce qu’on n’était pas sûr d’avoir le marché. On a été obligé, à la place des professionnels, d’engager des bénévoles. C’est ce qui explique tous ces problèmes que
nous connaissons. Nous sommes en train de tout faire pour réparer la faute », s’est excusé, le premier responsable d’African village. Un aveu qui n’a ému personne. Dans la soirée, le président du
Cnse, Jean Louis Billon et son bureau font une « descente musclée » à l’ hôtel Formule 1. M. Billon ne mâche pas ses mots devant l’ homme d’affaires. « C’est de l’escroquerie. Les Ivoiriens qui
sont ici ne méritent pas un tel traitement. Je vais vous poursuivre en justice. Attendez-vous à cela. Nous allons prendre toutes les dispositions pour mieux traiter les supporters », a craché le
président du Comité national de soutien aux Eléphants au visage de Marcel Tapé. Si sur le terrain,
Didier Drogba et ses coéquipiers ont fait honneur à la Côte d’Ivoire, mardi face aux Portugais, dans le camp des supporters, c’est la bérézina. Par la faute d’African village.
Tibet Kipré, Envoyé spécial à Jo’Burg
Source : Le Quotidien


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La phrase du jour:
L`aventure
sud-africaine des Eléphants commence véritablement cet après-midi à Port Elisabeth face au Portugal. Dans un groupe G que tous les observateurs s`accordent à appeler " le groupe de la mort ", du
fait de la présence du Brésil, du Portugal et de la Côte d`Ivoire. Le match Côte d`Ivoire-Portugal se présente comme un match à ne pas perdre pour ses deux prétendants au second tour. Arrives
hier dans la matinée de leur base, les Eléphants ont effectué dans l`après-midi leur dernière séance d`entrainement au stade Nelson Mandela Bay. Les poulains d Eriksson ont fait donc la
reconnaissance de la belle pelouse de ce stade qui porte le nom du premier président noir sud-africain, Nelson Mandela. Pour ce match assez décisif, le sélectionneur Suédois, privé de son
capitaine, Didier Drogba, devra logiquement s appuyer sur le trio Kalou, Aruna, Gervinho ou Doumbia, comme atout offensif. Le Portugal, de son côté, misera sans nul doute sur son attaquant
vedette. Christian Ronaldo, le ballon d`or 2008 qui est un véritable poison des défenses. Son aisance bal au pied et surtout sa vitesse de pénétration sont des atouts. Carlos Quieroz,
l`entraineur portugais comptera également sur l`expérience de Deco et de Sima et la fougue de ses jeunes loups aux dents longues dont Raoul Meireles est le chef de file. Le milieu de terrain du
Fc Porto est celui par qui le danger pourrait venir puisqu`il se signale comme un véritable passeur et un perforateur. Côté Eléphants, l`absence de Didier Drogba, contraint au banc de touche du
fait de sa blessure, oblige Eriksson à faire confiance à cette jeune génération d`attaquants non moins talentueux que sont Kalou, Gervinho ou Doumbia qui veulent se servir de ce mondial pour
éclater aux yeux du public. Aussi, Zokora Didier, Arouna Dindané, Kolo, Eboué, useront de leur expérience pour mieux encadrer le groupe qui a plus que jamais besoin d une victoire pour soulager
un peuple ivoirien, partagé entre le doute et l`espoir.
Nommé à la tête des
Eléphants fin mars, Sven-Göran Eriksson va disputer sa troisième Coupe du Monde de la FIFA. Pour la FIFA en exclusivité, il parle de son expérience ivoirienne.











