La Côte d'Ivoire est mal gérée

Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 18:30

cinquantenaire prside1 ivoire-gbagbo revolteLaurent Gbagbo, candidat 100 % et président 100 % a décidé, à 40 jours du scrutin présidentiel, de mettre le pays en coupe réglée, du point de vue militaire et administratif. Les 9 derniers décrets qu’il a signés le 16 septembre 2010, portant, notamment, nomination d’une centaine de sous-préfets, de secrétaires généraux de préfecture, avec à la clé un vaste mouvement préfectoral touchant 58 département et 13 régions, ainsi que le déploiement des Crs à l’intérieur du pays, s’inscrivent dans cette dynamique. Le candidat de la Lmp qui a enjoint, récemment à Divo, à l’occasion de l’installation de la Cr3, les forces de l’ordre « à mater sans réfléchir » poursuit, par ailleurs, le verrouillage militaire du pays, par l’envoi, la semaine prochaine de plusieurs unités de la compagnie républicaine de sécurité, notamment à Abengourou, Agboville, Gagnoa, Soubré, Bouna, Duékoué et San-Pedro, en raison de leur caractère particulièrement névralgique. Ces villes, qui se veulent pour la plupart des bastions de l’opposition, ont été surtout des foyers d’affrontements meurtriers entre les populations et les forces de l’ordre lors des contentieux sur les listes électorales. Au motif que, selon Kadet Bertin, « les relations entre l’Onuci et les populations n’ont toujours pas été paisibles », Laurent Gbagbo a donc décidé de « cadenasser » le pays, dans la partie sud restée sous son contrôle après le coup d’Etat manqué de 2002. Laurent Gbagbo qui n’arrête pas de hausser le ton depuis l’annonce de la date de la présidentielle pour le 31 octobre 2010, ne veut laisser aucune chance à l’opposition, surtout dans ces villes hautement stratégiques. C’est pourquoi, il y a ordonné une surveillance spécifique. Laurent Gbagbo n’a jamais pardonné au Rhdp (rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix) sa trop grande proximité avec l’ex-rébellion des Forces nouvelles qui a sabordé la mise en œuvre de son programme de gouvernement. Le contrôle militaire de ces villes réputées êtres des zones à risques pour le candidat de La majorité présidentielle apparait, de toute évidence, comme une option visant à réduire au silence, voire à neutraliser l’opposition sur ses fiefs. C’est dans cette perspective qu’il faut inscrire cette démarche du chef de l’Etat qui veut un maillage militaire ferme, centré sur ces villes.

Armand B. DEPEYLA

Source: Soir Info

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Par Seth KOKO - Publié dans : La Côte d'Ivoire est mal gérée
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Lundi 23 août 2010 1 23 /08 /Août /2010 16:03

ANAKY-KOBENA.jpgLe président du Mouvement des forces d`avenir (Mfa), Anaky Kobéna, était, en fin de semaine dernière, l`invité de "La semaine en revue" de la radio des Nations unies en Côte d`Ivoire (Onuci-Fm). Emission produite et animée par notre bouillant confrère Ousmane Kanté. Nous vous proposons de larges extraits des propos qu`il a tenus en rapport avec plusieurs points de l`actualité nationale.

Date du 31 octobre, premier tour de l`élection présidentielle
"(…) Je ne pense pas qu`il soit possible de tenir cette date. Nous venons de parler de démobilisation ou désarmement, mais il y a d`autres facteurs tout aussi importants pour lesquels on n`arrivera certainement pas à tenir cette échéance. C`est le lieu de regretter que jusqu`à ce jour, il n`ait pas été proposé par la Cei un chronogramme clair et précis donnant et les dates et les moyens dégagés. Je recommande au président de la Cei, le ministre Bakayoko, de procéder rapidement à la publication d`un tel tableau, ne serait-ce qu`en cas de non effectivité des élections, la Cei ne se retrouve pas elle-même en cause".

Encasernement et démobilisation
" (…) Pour les uns et pour les autres, le plus important, c`est qu`il y ait un geste, surtout un geste qui établit la confiance. Certes le Premier ministre Soro Guillaume peut s`engager et se mettre en avant, mais il est évident que comme nous le savons tous, cela dépend en grande partie du chef de l`Etat. Alors est-ce que les éléments des Forces nouvelles ont confiance au chef de l`Etat ? Est-ce qu`ils ont des raisons de lui faire confiance ? J`avouerai que je n`en sais rien. Sinon je pense que le problème qui s`est posé récemment, c`est que les locaux prévus pour l`encasernement n`étaient pas normalement aménagés pour certains. Là encore, c`est une espèce d`engagement qu`on a pris un peu à la légère. Et ça ne contribue pas à mettre les éléments des Forces nouvelles en confiance. C`est, l`un dans l`autre, des accumulations de mesures annoncées à grand renfort de publicité mais qui, dans leur exécution, ne sont pas réellement appliquées avec le sérieux de la part d`un Etat responsable".

Les Forces nouvelles auraient pu réhabiliter, elles-mêmes, les sites d`encasernement
"Parlons un peu des recettes des Forces nouvelles. Je pense qu`il est évident qu`il y a effectivement des taxes qui sont perçues dans la zone Cno pour le compte des Forces nouvelles. Est-ce qu`il a été établi quelque part les montants que cela peut générer par semaine ou par mois ? Alors si c`est le cas, je pense que ce problème peut être résolu de manière simple. A savoir que d`un côté, le Premier ministre Soro Guillaume qui est la haute autorité des forces nouvelles et Laurent Gbagbo, le chef de l`Etat de Côte d`Ivoire, les deux peuvent s`entendre pour trouver la solution. On pourrait par exemple envisager que l`un prenne tel pourcentage et l`autre tel autre pourcentage. On n`a pas besoin de la Côte d`Ivoire pour cela, étant donné qu`à première vue, le courant passe parfaitement entre les deux".

Epidémies de fièvre jaune et de dengue
"(…) Juste avant les indépendances et immédiatement après, nous avions au niveau d`Abidjan et des autres villes de Côte d`Ivoire, ce qu`on appelait le service d`hygiène. Il y avait des agents formés qui faisaient le tour des quartiers de la ville, qui entraient dans les cours, les concessions et qui procédaient à des contrôles très stricts, assortis de sanctions là où il était détecté qu`il y avait des saletés qui pouvaient générer des moustiques. Dans le cas présent, acceptons de mettre sur pied des équipes qui vont faire le tour de la ville, mais surtout qui vont réprimer. La peur de la répression fera que ce qui est demandé par le ministère de la Santé sera rapidement éradiqué. Il faut y aller de manière un peu ferme, avec un peu d`autorité. Je vous donnerai un exemple, il y a un quartier d`Abidjan qu`on appelle "Génie 2000" que je connais. Dans ce quartier, il y a un syndic qui est très bien organisé, qui ne laisse vraiment rien passer. Vous ne trouverez pas là-bas des saletés à terre, des poubelles ouvertes. Cela devrait servir de modèle partout en Côte d`Ivoire. (…) Même dans les quartiers précaires, il est évident que si l`on prend les périmètres bloc par bloc, les chefs de famille se réunissent pour désigner un superviseur, celui-là aura de l`autorité pour imposer la salubrité à tout le monde. C`est une question de salubrité publique et tout le monde y trouve son compte. (…) J`invite l`Etat à aider les populations à s`organiser".

Requêtes à radiation sur la liste électorale provisoire
"Je crois savoir qu`au début, le mode opératoire n`était pas respecté, et qu`il y avait de nombreux abus dans des zones. Souvent, il a été fait état de ce que c`était des zones où il y avait des magistrats peut être un peu favorables à un parti comme le Fpi. Et qu`ils n`observaient pas le passage préalable de la Cei au niveau de la recevabilité avant de procéder à des radiations. Par rapport à cela, je vois que le phénomène, de jour en jour, prend de l`ampleur, et je suis inquiet, je suis même très inquiet. Nous avons affaire à presque une espèce de bras de fer ou d`affrontement presque direct entre d`un côté le Fpi qui a le maximum de ses militants, ses agents ou ses cadres qui réclament des radiations. Et de l`autre, le Rdr qui aurait la majorité de ses militants qui seraient ainsi mis en cause. La chose est ainsi grave parce que si ce phénomène prend de l`ampleur même si pour la pluspart des cas de radiation, il n`y a pas de suite favorable, il faut se poser une question : Est-ce qu`on n`est pas en train déjà de nous préparer à une remise en cause demain des résultats de l`élection en se fondant sur la région, l`ethnie et peut-être sur la religion ? C`est ce qu`il faut craindre. Cette campagne, je crains qu`elle n`aboutisse à terme à ce qu`une bonne partie de la population soit conditionnée à refuser la victoire si elle vient de tel ou tel camp parce qu`il y aurait une présomption généralisée de fraude sur la nationalité des électeurs du candidat vainqueur. C`est très grave. On devrait tous, peut-être, marquer un temps d`arrêt et faire très attention".

Comment expliquer que les demandes à radiation se comptent par milliers ?
"(…) C`est le vrai problème posé par l`identité ivoirienne. Nous sommes aujourd`hui en train de tirer les conséquences de près d`un siècle de grande immigration généralisée de beaucoup de pays de l`Afrique de l`ouest vers la Côte d`Ivoire. La chose a démarré au moment de la colonisation. Elle a ensuite pris de l`ampleur et a été encouragée par le gouvernement ivoirien et surtout par feu le président Félix Houphouët-Boigny. Mais ce qu`il faut réaliser, c`est la chose suivante : ces frères, qui arrivaient des pays voisins, n`arrivaient pas comme des travailleurs saisonniers. Ils arrivaient, ils s`établissaient là de manière définitive. Ils constituaient des familles, ils faisaient venir des femmes ou ils en prenaient ici, ils faisaient des enfants qui vivaient ici et qui ne repartaient plus dans leurs pays d`origine. Ça veut dire donc qu`aujourd`hui, il y a une sorte d`assemblage qui fait qu`on ne peut pas parler de véritable identité ivoirienne concentrée à tel endroit. Au départ, ceux de la zone sud ou de la zone forestière étaient majoritaires, mais aujourd`hui, ils ne le sont certainement plus à cause du fait que ceux qui sont arrivés sont restés en place. Ils se sont reproduits. Il faut même dire que la religion qui autorise la polygamie a fait que leurs familles se sont développées de manière beaucoup plus rapide que celles du sud. Aujourd`hui, il y a une Côte d`Ivoire où les originaires de la zone de savane ont fait l`équilibre avec ceux originaires de la zone de forêt. Et ils sont même en phase de les dépasser. Ceux des pays voisins qui sont arrivés se sont presque naturellement et automatiquement assimilés aux Ivoiriens de la zone de savane. Et comme à l`époque sous Houphouët Boigny, les cartes d`identité ivoirienne étaient distribuées sans distinction à tous ceux qui étaient là, qui le voulaient ou même qui ne voulaient pas parce qu`on le leur imposait pour la phase des élections, nous avons affaire à une situation nouvelle que la plupart des Ivoiriens n`ont pas encore intégrée dans leur tête. Nous avons une situation tout à fait à part, et c`est ce qui peut justifier telle ou telle réaction intempestive à tel endroit".

Phase judiciaire du contentieux sur la liste électorale provisoire. Comment désamorcer la bombe ?
"(…) Je pense qu`il faut prendre ce problème de deux manières. Comprenons tous que tous les Africains, qui sont fils d`immigrés et qui sont sur le territoire ivoirien, ne repartiront plus. Ils vivent ici depuis des générations pour certains. Ils participent à notre économie, ils contribuent à notre produit intérieur brut. Quelquefois, ils sont plus dynamiques en ardeur à la tâche que nous-mêmes qui sommes les autochtones. Partant du principe qu`ils ne partiront plus, on ne va continuer sans arrêt à leur dire qu`ils sont étrangers. C`est pour cela que le Mfa a pris soin sur lui de dire de manière courageuse depuis 2005, que tous ceux qui sont de l`Ouest africain qui le désirent deviennent Ivoiriens par une procédure de naturalisation globale et générale. Nous y arriverons, beaucoup de grands pays y sont arrivés. D`ailleurs, regardez un peu la carte du monde, prenez les Etats-Unis, le Canada, la France, ils ont eu à un moment donné des immigrés, ils les ont naturalisés. Il faudra que la Côte d`Ivoire y arrive. Le seul problème que nous avons eu, c`est que peut-être au moment où il fallait arriver à ce genre de décision, nous avons eu malheureusement un problème politique, une lutte pour le pouvoir. Et il y a eu une sorte d`amalgame qui a un peu miné ou faisandé la cause. Mais dans tous les cas, ce que j`ai dit, on le fera d`une manière ou d`une autre, on n`a pas le choix. Tout le monde a raison de dire qu`au moment des élections, ce problème ne pourrisse tout et ne nous occasionne des troubles. C`est pour cela que qu`il faut peut-être que maintenant, on accepte que tous les partis politiques se réunissent, que la société civile s`y joigne, qu`il y ait surtout nos rois et chefs traditionnels, les chefs religieux, qu`on fasse une sorte de séminaire dès maintenant pour attirer l`attention de tout le monde sur ce phénomène. Il faut trouver les voies et moyens pour dire, il faut mettre balle à terre. C`est très important et plus important que de savoir qui sera le prochain président de la République. A quoi ça sert d`être le prochain président de la Côte d`Ivoire si dans les heures qui suivent votre élection, les machettes sortent et le sang commence à couler un peu partout. (…) Allons aux élections, mais d`abord et avant tout, pensons à la Côte d`Ivoire".

4e anniversaire du déversement des déchets toxiques
"(…) Ou on ne sait pas ce qui est ou alors, on ne cherche pas trop à le savoir. J`ai l`impression que depuis le départ, on ne se pose pas les bonnes questions. Depuis le départ, tout le monde a été embobiné dans quelque chose, indemnisation qui veut dire de l`argent. Et le gouvernement, contre toute éthique et toute morale, à mon avis, a été prendre un accord avec Trafigura de 100 milliards dans cette affaire. 100 milliards négociés dans quelles conditions et par qui ? C`est quelque chose, à mon avis, de scandaleux d`autant plus que sur ces 100 milliards, je n`ai pas l`impression qu`il y a plus de 20 ou 25 milliards qui soient allés réellement vers ceux qui sont les véritables victimes. Et surtout, avec ces 100 milliards, il y a encore des sites où on n`a pas touché aux déchets. Les deux entreprises françaises qui ont fait venir des spécialistes de niveau mondial qui auraient pu traiter ces sites, ces spécialistes ont été payés en monnaie de singe. Ils ont plié bagage et sont repartis. Nous continuons à vivre dans la périphérie d`Abidjan avec ce genre de déchets. C`est vraiment scandaleux. Dans un autre pays, le gouvernement et le chef de l`Etat ne peuvent pas rester en place avec une affaire de ce genre. Mais la Côte d`Ivoire, c`est la Côte d`Ivoire. La première question qu`on devrait se poser est la suivante. Le navire Probo Koala opérait pour qui ? Pour quelles raisons il a fallu, après avoir fait le tour de la terre, qu`il revienne au port d`Abidjan pour déverser ses déchets ? Trafigura est une entreprise de Trading international qui négocie une bonne partie du pétrole brut extrait en Côte d`Ivoire. Trafigura qui, d`ailleurs depuis 2006, a eu ses activités et son chiffre d`affaires sur le pétrole ivoirien multipliés par deux ou trois. Trafigura, je crois savoir, par le canal de Puma Energie qui est sa filiale ici en Côte d`Ivoire, est entrain de terminer la construction d`un terminal pétrolier où il investit plus de 20 milliards de fcfa. Voici Trafigura qui n`a pas l`air de mal se porter ni surtout d`être en de mauvais termes que ce soit avec l`Etat de Côte d`Ivoire ou alors avec ceux qui représentent l`Etat de Côte d`Ivoire, surtout au niveau politique et au niveau de l`hydrocarbure. Ensuite, qui a dit à Trafigura qu`on pouvait traiter ce problème ici en Côte d`Ivoire ? Il faut être honnête, les dirigeants de Trafigura ont pris la peine de bien expliquer dans leur mail à leur agent ici ce qu`ils avaient dans ces déchets qui se trouvaient au fond de la cale du navire. Qui est ce qui a donné le ok pour que ça revienne ici. C`est une autre question qu`on pourrait se poser et que l`on ne se la pose assez. Qui est ce qui a affrété les camions vidanges qui sont venus prendre ces déchets ? Qui est ce qui a donné l`autorisation au niveau de la décharge d`Akouédo. Il y a beaucoup de questions fondamentales pour lesquelles, à mon avis, on n`a pas cherché de réponse jusqu`à ce jour (...) Trafigura travaille pour le compte de la Petroci qui est la société d`Etat ici en Côte d`Ivoire. Où on fait semblant de ne pas regarder dans les directions qu`il faut mais un jour, cela se fera. J`ai juste une pensée émue pour les victimes qui ont été nombreuses, surtout aussi une grande crainte pour ce que les déchets qui sont en place pourront nous causer un jour".

Qui portera le chapeau du non respect du 31 octobre ?
" La date du 31 octobre vient d`où ? Je crois savoir que c`est la Cei qui aurait trouvé la primature et le chef de l`Etat pour leur proposer une date. Il vaut mieux que dans cette affaire, la Cei soit très prudente et publie un chronogramme en mettant l`accent sur ce qui est la part du gouvernement pour qu`on arrive à tenir cette date. Pour ce qui est de retard des élections jusqu`à ce jour, pour nous au Mfa, nous l`avons toujours dit, ça procède des manœuvres du camp présidentiel. Mais maintenant, il y a quand même quelque chose qu`il faut tenir comme ferme. La communauté internationale n`acceptera pas qu`il y ait un 8e ou un 9e report. Cette date du 31 octobre est à considérer comme une date butoir et irréversible. Ensuite, c`est le brave peuple de Côte d`Ivoire qui ne cherchera pas à savoir qui est responsable ou pas. Si le 31 octobre, il n`y a pas d`élections, ce que le peuple a à faire, il saura le faire"

Propos recueillis par Paul Koffi

Source: Le Nouveau Réveil

Par Seth KOKO - Publié dans : La Côte d'Ivoire est mal gérée
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Samedi 14 août 2010 6 14 /08 /Août /2010 12:44

nicolas-sarkozy-et-barapresse-a-la-maisonLe vendredi 5 août 2010, revenant de Washington après avoir participé au forum du président Obama avec les jeunes leaders africains, nous avons eu l'agréable surprise de nous retrouver à l'aéroport de Paris Roissy Charles De Gaulle, dans le même rang d'embarquement sur le vol AF702 de la compagnie Air France, avec l'ancien premier ministre de Côte d'Ivoire, par ailleurs président du parti au pouvoir, M. Pascal Affi N'guessan. Nous avions pensé que notre ex-Premier ministre rentrait au pays, après une mission bien remplie au pays de M. Nicolas Sarkozy. Mais c'est une fois rentrés au pays que nous avons appris en suivant le dernier journal télévisé de la Rti 1ère chaine, que M. Affi N'guessan avait été interdit d'accès au territoire américain depuis Paris où il a été informé que son visa diplomatique américain valable jusqu'en 2017 avait été annulé pour des raisons qui ne lui ont pas été signifiées.

afDans le communiqué lu à l'antenne, il avait été précisé que le gouvernement américain, après une vive protestation du gouvernement ivoirien, avait présenté ses excuses et promis faire le nécessaire pour que notre ancien premier ministre obtienne un autre visa. On ne nous a pas dit quel est l'officiel américain qui a présenté ces excuses du gouvernement américain. Serait-ce l'ambassadeur américain en poste à Abidjan ? Nul ne le sait. Toujours est-il que le lundi 9 août 2010, en suivant le journal télévisé de 20 heures de la même Rti 1ère chaine, nous avons vu l'ambassadeur des Etats Unis sortir d'une audience avec le chef de l'Etat ivoirien et affirmer que la question liée à la mésaventure de notre ancien premier ministre n'a guère été abordée au cours de cette audience et que des solutions étaient en train d'être envisagées pour régler ce problème. Ce qui signifie en d'autres termes que jusqu'à nouvel ordre, M. Affi N'guessan reste interdit d'accès au territoire américain. Ce qui jette aussi du coup, un doute sur la réalité des excuses que le gouvernement américain aurait présentées à notre pays. En réalité, madame l'ambassadrice Nesbitt Wanda était allée faire ses adieux au chef de l'Etat parce qu'elle part définitivement de notre pays. Précisons que son départ n'a absolument rien à voir avec cette affaire " Affi N'guessan ", comme certaines personnes l'ont affirmé dans certains espaces que tout le monde connait à Abidjan. Elle quitte notre pays tout simplement parce qu'elle a fini sa mission de trois ans en Côte d'Ivoire et d'ailleurs son départ a été annoncé depuis plus de deux mois. Il faut se rendre à l'évidence. Si jusqu'au jour d'aujourd'hui, ce problème qu'on a tenté de présenter comme une grossière erreur commise par le gouvernement américain n'est pas encore réglé, cela signifie clairement que les autorités américaines ne veulent pas de notre ancien 1er ministre sur leur sol et que c'est une décision qu'ils ont prise en toute responsabilité et en toute connaissance de cause. M. Affi N'guessan n'est ni un terroriste ni frappé de déchéance de ses droits. Il n'empêche, jusqu'à nouvel ordre, les Américains ne veulent pas de lui chez eux. Le dimanche 1er août, nous avons pris le même vol pour Washington avec les enfants d'une haute autorité membre du Fpi que nous nous gardons de citer. Nous avons même eu l'immense honneur de nous voir confier ces enfants par une autorité de l'Ambassade de Côte d'Ivoire en France. Laquelle a dû, pour rassurer la haute autorité ivoirienne, lui donner au téléphone, notre nom. Ces deux enfants (des adolescents), se rendaient seuls à Washington pour passer leurs vacances. Quoi de plus normal, dirait-on. Ils n'ont eu aucune difficulté, à l'aéroport de Dulles, pour être autorisés à entrer sur le territoire américain. Mais avec ce qui vient d'arriver à M. Affi N'guessan, nous nous demandons si leur papa aurait pu quitter Paris pour Washington avec eux. En réalité, ne faudrait-il pas voir au-delà de ce qui est arrivé à M. Affi N'guessan, les prémices d'une politique américaine qui consisterait sans doute à faire passer le message suivant aux dirigeants africains qui rusent avec la démocratie dans leur pays ? " Vous êtes des dirigeants de pays indépendants, donc souverains. D'ailleurs, vous ne manquez aucune occasion pour le rappeler au monde entier. Cependant, vous avez l'obligation de créer les conditions pour que vos populations vivent dans des conditions de dignité minimum, mener une politique scolaire et universitaire crédible pour que votre jeunesse puisse se former afin de relever les défis du développement, gérer de façon transparente les ressources de vos pays pour que toutes les populations en profitent, donner la place qu'il faut aux femmes pour qu'elles participent de façon plus accrue à la gestion des affaires publiques, faire en sorte qu'un seul individu, quelle que soit son intelligence, ne passe pas plus d'une décennie à la tête de vos pays, etc. En tout cas, c'est ce que nous avons fait chez nous et qui nous a permis d'être ce que nous sommes. Alors, si vous ne voulez pas suivre notre exemple, si vous ne voulez pas œuvrer pour le bonheur de vos peuples et si vous parlez de souveraineté chaque fois qu'on vous rappelle vos obligations envers vos peuples, eh bien nous aussi, nous sommes des pays souverains. Et nous avons le droit de vous demander de rester chez vous et de ne pas venir chez nous dépenser l'argent de votre peuple. ". Ne serait-ce pas ce message que les Américains ont voulu passer à nos dirigeants ? M. Affi N'guessan, de source sûre, se rendait à Huston, à la veille de la célébration du cinquantenaire de son pays, pour assister à la soutenance de thèse de sa fille qui étudie aux Etats Unis, pays de démocratie et de justice sociale. Avoir les moyens d'envoyer ses enfants étudier dans les meilleures universités du monde pendant que l'école chez soi est foutue, c'est beau, n'est-ce pas ?

ASSALE TIEMOKO
a02375898@hotmail.fr

Source: Le Nouveau Réveil

Un grand merci à M. Assalé Tiemoko pour son article: Par Seth koko

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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 13:57

Abidja-drogue.jpg Entre ceux qui fument un joint dans le salon VIP d'un bar de Biétry, et ceux qui " chassent le dragon " dans un fumoir de Treichville ou qui fument du "Sékou Touré " dans les encablures d'une gare routière d'Adjamé, le monde de la consommation de la drogue à Abidjan se construit et se développe. Durant plusieurs mois, nous avons été sur les pistes de ce monde parallèle pour en déterminer les modes de consommation, les lieux de vente, les catégories de consommateurs, les prix pratiqués sur le marché, la nature des drogues vendues, etc. Plongée au cœur d'un monde qui ne se cache (presque) plus.

Le samedi 15 mai dernier, par un début d'après-midi ensoleillé, M. François Kouamé est au cimetière de Yopougon. Cet enseignant au lycée technique de Cocody a la gorge nouée, les yeux embués de larmes. Sa nièce, une " jeune fée de 16 ans ", selon ses termes, vient d'être portée en terre. Une semaine plus tôt, elle avait rendu l'âme aux urgences du Centre hospitalier et universitaire (Chu) de Yopougon. Sur le certificat de genre de mort, le médecin a écrit : " coma stade 4 ", résultant d'une overdose de drogue. M. François Kouamé n'en revient pas : " Elle était une fille tranquille, un peu introvertie à la suite du décès dans un accident de la circulation, de ses parents. Je n'ai pas compris pourquoi elle a commencé à faire des fugues, à fréquenter des bars et à se droguer au point où elle a été internée à deux reprises au centre de désintoxication de Bingerville. Pourtant, plus jeune, elle se plaignait de moi, quand je fumais encore de la cigarette ".
La mort prématurée de la nièce de M. Kouamé, emportée par la consommation non maîtrisée d'une drogue dont on ne saura peut-être jamais la nature, est symptomatique de cette nouvelle jeunesse ivoirienne qui a décidé (avec ou contre son gré) de fumer son…âme.
Une jeunesse qui s'est trouvée une figure emblématique : l'artiste " zouglou " Petit Denis, avec ses overdoses et ses interpellations répétées.

Youpougon.jpgCHASSEUR DE DRAGON
Marcory. Non loin du grand marché. La nuit tombe sur une commune trempée par des pluies diluviennes au début du mois de juin dernier. Dans la petite cour cimentée de Diakiss ; Asko, un homme formé à l'école des loubards des années 90, a rendez-vous avec son dealer. Diakiss est absent. " C'est le boss, il vient seulement à la fin du mois pour désintéresser les policiers. C'est comme ça depuis que je connais ce coin. On n'a jamais été embêté par la police ", explique en riant, Asko. Il dit ne pas craindre que son nom apparaisse dans un article de presse : " au moins je serai une star devant les copains ". La maison de Diakiss est un crack-house, qui est aussi bien un " djassa ", entendez un endroit de vente au détail de la drogue, qu'un fumoir, appelé " talouèk ", dans le monde parallèle de la drogue. Le crack-house de Diakiss n'est pas un " valval ", c'est-à-dire, un espace de consommation à ciel ouvert, comme l'est, par exemple, le cimetière municipal de Williamsville.
Dans la cour de Diakiss, on se croirait dans le Bronx (New York) des années 80. En effet, de chaque côté du mur, des hommes assis sur des bancs en bois, fument tranquillement des joints. Ceux-ci dégagent une odeur âcre. Les hommes paraissent pour la plupart en parfaite santé, hormis un adolescent aux cheveux " afro ", portant des vêtements griffés, qui semble regarder les nouveaux visiteurs sans les voir. Lui, il " chasse le dragon ". Traduction : il inhale de la fumée d'héroïne chauffée sur du papier aluminium. Chaque fois qu'il inhale la fumée, il semble s'endormir les secondes qui suivent. Debout, une jeune fille, maigre comme un bambou, les nerfs à fleur de peau et des vaisseaux sanguins saillants, hume un caillou blanc qui lui fait balancer la tête dans tous les sens. Dans un coin de la cour, près du robinet, un crachoir. Le dealer d'Asko est dans l'une des trois pièces de la maison. Asko l'a déjà prévenu par sms, de la quantité qu'il souhaite avoir. C'est dire que le milieu de la drogue utilise aussi les technologies de l'information et de la communication…

LE PARFUM DU DIABLE
Les échanges, ici, se font dans le silence. Ainsi, Asko tend-il un billet de 5.000 FCFA au dealer. Celui-ci lui remet un petit sachet blanc. Aussitôt, Asko sort de la pièce non éclairée, où on a l'impression d'étouffer, tant le mélange d'odeur de cigarette, de drogue, de sueur humaine et de poussière, est suffocante.
Asko va se placer auprès de la jeune fille anorexique et découvre le sachet blanc. Il en sort un petit caillou blanc qu'il casse en petits morceaux. C'est du crack. Obtenu en mélangeant du bicarbonate de soude à de la cocaïne. Chez Diakiss, on ne vend que de la drogue dure : du crack appelé cailloux ou " gor " et de l'héroïne, le " pao " fabriqué dans les mêmes conditions que le crack, sauf qu'à la différence du crack, il se présente sous une couleur jaunâtre.
Asko allume une cigarette mais ne la fume pas. Il la pose sur le banc et la laisse se consumer. Il sort une petite pipe de son pantalon jeans puis s'étire longuement, comme s'il s'apprêtait à livrer une partie de lutte. A l'aide d'une lame, il pousse la cendre de cigarette dans la pipe et jette les bouts de cailloux sur la cendre, puis il sort son briquet et allume la pipe. Il ne fume pas la pipe mais inhale la fumée qui s'en dégage. Cette fumée-là, qui dégage un parfum nauséeux de déchets toxiques, c'est le " parfum du diable ", ainsi dit dans le milieu, parce qu'une fois inhalé, " on ne peut plus s'en passer ", souligne Asko.
Ici, le gramme de crack, c'est-à-dire la " dose adulte ", comme celle que prend Asko, est vendue à 5.000 FCFA. Le demi-gramme à 3.000 FCFA. C'est à ce prix que le caillou d'héroïne est vendu. L'héroïne est aussi vendue au " quarter ", entendez au quart de gramme, à 1.000 FCFA. C'est la dose préférée des jeunes collégiens des quartiers chics de Cocody et du quartier résidentiel de Biétry. Il s'achète aussi à Treichville non loin du 18ème arrondissement de police, au quartier Apolo, à l'avenue 15 rue 7.
A l'avenue 12 rue 11 de la même commune, il existe un fumoir à la réputation établie. En effet, c'est l'un des rares " djassa " où on trouve du speedball. Le speedball est la " sainte des saintes " des drogues dures consommées en Côte d'Ivoire. La drogue des " django ", autrement dit, des durs. Le speedball est le mélange de deux drogues dures : l'héroïne et la cocaïne. Un cocktail potentiellement mortel ! On se l'injecte avec une seringue. Les consommateurs sont généralement des bandits de grands chemins, des junkys indécrottables et inguérissables, ceux que les Allemands appellent les " Drogen Abhängige " ou des soldats. Le samedi 29 mai 2007, par exemple, la police a interpellé 191 personnes dans sept fumoirs d'Abidjan, au cours d'une vaste opération " coup de poing ". Parmi les personnes interpellées se trouvait un militaire, selon le communiqué du ministère de l'Intérieur publié quatre jours plus tard. Le communiqué dénonçait les fumoirs comme étant " une nouvelle catégorie de commerce honteux par lesquels des individus mettent à la disposition d`autres individus, en toute illégalité, des drogues de toutes natures en leur assurant un espace pour les consommer ".
Avant septembre 2002, date du début de la crise armée qui les a contraints à être plus discrets, des militaires français étaient des consommateurs et/ou des revendeurs de speedball, dans certains bars de Biétry. Selon l'Observatoire géopolitique des drogues (OGD) de France, " plusieurs soldats servant au 43ème BIMA purgeaient une peine de plusieurs années de prison pour usage ou revente " de stupéfiants, en 1994.

DROGUE VIP
De jeunes cadres d'entreprises privées ou publiques, ainsi que des artistes qui ont assez d'argent pour s'acheter régulièrement de la drogue dure se retrouvent souvent dans des bars à Abidjan. De nombreux bars situés à l'avenue 21 de Treichville, ont des espaces pour Very important personalities (VIP).
La plupart de ceux qui fréquentent ces bars ne se doutent pas qu'on y vend et consomme de la drogue. Ces endroits sont pourtant facilement identifiables : vigiles musculeux affichant des airs de chiens battus, contrôles au faciès à l'extérieur, blocs VIP interdits aux non habitués, grande piste de danse. Dans ces bars, point de coke inhalé ni d'héroïne injecté. On y vend plutôt des joints d'héroïne et de cocaïne. Coût : 2.000 FCFA pour le premier et 4.000 FCFA pour le second.
Ces drogues sont très rarement à l'état pur. De nombreux accrocs l'ignorent. Asko, lui, se défend de consommer " n'importe quoi " mais ne nie pas la pratique. En effet, de nombreux (sinon tous) revendeurs malins ajoutent d'autres substances, telles la chaux ou la craie, à la coke pour accroître leur marge bénéficiaire. C'est ce qui explique les fréquentes overdoses, puisqu'en fin de compte le consommateur final de crack consomme tout sauf de la cocaïne pure.
Le dealer d'Asko est un détaillant qui achète les 5 grammes de coke à l'état " pur " à 80.000 FCFA, soit un gramme à 16.000 FCFA. Après le mélange avec le bicarbonate de soude, le détaillant obtient cinq fois plus que la quantité originelle. Il revend le caillou de crack ainsi obtenu à 5.000 FCFA le gramme, soit un chiffre d'affaires de 125.000 FCFA sur les 5 grammes de coke achetés.
" Avant, au temps du vieux père Pololo (un loubard médiatique d'Abidjan, des années 80-90 qui a été éliminé dans des circonstances floues par la junte militaire en 2000, NDLR), il fallait se rendre à l'avenue 15, rue 17 (de Treichville) pour avoir un caillou. Ce sont les durs qui en prenaient à cette époque, parce que le caillou s'achetait à 30.000 FCFA ", raconte Asko.
Explication de la chute du prix, par la loi du marché : la quantité de drogue offerte a énormément augmenté sur la place.
" Avant, le seul talouèk que je connaissais était à Treichville, chez une ressortissante du Ghana ", indique Asko. Le nom de code de cette dernière : " Vieille chinoise ". Celle-ci est manifestement la pionnière de la création des fumoirs à Abidjan.

SEKOU TOURE ET MARIE-JEANNE
Depuis lors, les fumoirs poussent comme des champignons à Abidjan. Les sections anti-drogue de la police, de la gendarmerie et de la douane ont démantelé, depuis 2006, plus de 2.000 fumoirs à Abidjan. Chaque semaine, ce sont au bas mot, entre 50 et 70 personnes qui sont appréhendées, soit pour consommation, soit pour détention, soit encore pour vente de drogue. Ces chiffres record fournis par la Direction de la police des stupéfiants et de la drogue (DPSD) montrent aussi bien la détermination des autorités à lutter contre le phénomène avec des moyens modestes, que la hargne de la mafia locale du trafic de stupéfiants à gagner de nouvelles âmes à perdre.
Le 30 décembre 2009, rien que la section anti-drogue de la gendarmerie nationale a procédé à la destruction de plus de 900 kg de drogue représentant les saisies effectuées au cours du dernier trimestre de l'année 2009. Stupéfiant ! Sur la quantité saisie, 210 kg de cannabis en partance pour Ossybissa, (Si tu ne sais pas, il faut demander, traduction littérale de l'Ashanti, langue la plus parlée au Ghana). Dans ce campement, situé sur l'île Boulay, les agents chargés de la lutte contre les stupéfiants s'aventurent très rarement.
Les dealers d'Ossybissa fournissent le marché de Yopougon, d'Adjamé et d'Abobo en marihuana.
A Yopougon (bas-fond de Siporex, Yaoséhi), à Adjamé (sous l'échangeur après le zoo, bas-fond de la nouvelle gare, derrière la grande mosquée) ou à Abobo (dépôt 9, Derrière Rails), les quartiers populaires de la capitale, ou encore au cimetière de Williamsville, le " valval " géant de 50 ha, les accrocs aux drogues ne se cachent pas. Dans ces endroits, les fumeurs de " ganja ", de " kangbé ", de " gban ", de " tchoukounou ", de " l'herbe de Marley ", les noms divers de la marihuana, appelée par les jeunes branchés des milieux rasta de Port-Bouêt " Marie-Jeanne ", ne se sentent guère troublés.

PROCHES DE LA TOMBE
La marihuana est considérée dans le milieu comme la drogue des pauvres. En effet, elle est consommée tout comme l'Imménoctal (IM10, surnommée " Sékou Touré ", pour ses dégâts sur l'organisme), par les jeunes désœuvrés de Yopougon et de Koumassi (quartier Divo), par les aboyeurs et autres arracheurs de sacs à mains, des gares routières d'Adjamé et d'Abobo.
On reconnaît facilement ces derniers à la nouvelle gare d'Adjamé par leurs dents abîmées, leurs corps squelettiques, leurs haleines de baleine, leurs yeux rougis et leur hyperactivité.
Ceux qui fréquentent le " valval " de Williamsville peuvent être facilement observés à travers les miradors des immeubles qui entourent la grande nécropole. Des loques humaines aux déhanchements fantomatiques, comme balancées de tous côtés par le vent.
Qu'ils soient dans les ghettos d'Adjamé ou d'Abobo ou qu'ils vivent dans des maisons plus ou moins modestes à Cocody ou à Treichville, les consommateurs de drogue d'Abidjan ont tous un point commun. Ils sont quotidiennement plus proches que jamais des tombes que leurs " homologues " de Williamsville profanent sans ménagement.



Des zones de transit bien connues
20 mai dernier. A la barre du tribunal des flagrants délits du Plateau, Lazare Yougoné Tizié, un petit dealer bien connu au quartier Banco 2 de Yopougon, confesse publiquement qu'il s'approvisionne à Ossybissa, un campement situé sur l'île Boulay de Yopougon, dans la banlieue d'Abidjan. Ce dimanche du lendemain de la célébration de l'indépendance (7 août) de la Côte d'Ivoire est un jour ordinaire dans ce campement. Dans la cour du chef de la communauté ghanéenne, majoritairement résidente de l'île, un gospel ashanti, distillé par un vieux transistor, semble rythmer l'avancée sur la lagune ébrié, d'une pinasse qui roule plutôt rapidement. Dans ce lieu, les bateaux-bus de la Société des transports abidjanais (Sotra, transport public) refusent de s'aventurer, préférant comme site de débarquement, la paisible Eden City voisine. On s'y rend donc à bord de pinasses, des bateaux construits de façon artisanale. La pinasse qui accoste ce dimanche contient des sacs de 50 kg solidement attachés. Ils sont déchargés par les occupants du bateau de fortune, qui ne se soucient guère de leur entourage.
" Il ne fait l'ombre d'aucun doute que c'est du cannabis ou du marihuana ", dénonce Jérôme Danho, un jeune homme qui travaille en tant que rabatteur dans un restaurant de l'île Boulay. Il dit ne pas supporter les activités illicites à Ossybissa.
A Abidjan, certains lieux à l'instar d'Ossybissa, sont réputés zones de transit de la drogue. C'est le cas de Colombie, un quartier précaire au nom évocateur, situé à Cocody entre le zoo et le carrefour Duncan des Deux-Plateaux. C'est le cas aussi de Gobelet, un autre quartier précaire de Cocody, logé dans un ravin entre les Deux-Plateaux Vallons et le commissariat du 30è arrondissement d'Attoban. Dans ce quartier, la douane anti-drogue a saisi, le 5 septembre 2007, la quantité surréaliste de 1,62 tonne de chanvre indien. Il y a 17 ans, c'était presque la quantité totale (1,63 tonne de drogue) qui était saisie à Abidjan, au cours du premier semestre, selon les chiffres de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Un autre quartier : Yaoséhi, dans la commune de Yopougon. Le 20 juillet 2009, les populations de ce quartier précaire se sont soulevées contre les policiers du 16è arrondissement, situé non loin, accusés de ne rien faire pour éradiquer la commercialisation de la drogue qui se fait au vu de tous.
Aujourd'hui, les saisies concernent toutes sortes de drogues. Outre les drogues dures, il y a aussi des psychotropes ou drogues synthétiques. Les plus courants de ces psychotropes sont l'Immenoctal (IM10) ou "Sekou Touré", les amphétamines et le Mandrax. Ces drogues sont consommées dans les milieux des travailleurs de l'informel. Ceux qui n'ont pas assez d'argent pour se rendre dans un salon VIP d'un bar de Treichville ou de Biétry et qui en ont suffisamment pour ne pas " s'empoisonner ", selon l'expression d'Asko, avec du " fôtô " (de la colle forte) imbibé dans un mouchoir et aspiré violemment.
André Silver Konan
kandresilver@yahoo.fr

Source: LE NOUVEAU REVEIL

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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 13:25

Gbagbo-livre-1.jpgLe constat était net. Les Ivoiriens ont vu deux Laurent Gbagbo à l’occasion de cette fête de l’Indépendance et de célébration du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire. Un Gbagbo, dans la nuit du 6 août et l’autre, dans la matinée du 7 août. Avec deux discours qui présentent des divergences flagrantes, notamment du point de vue de la forme. Dans son message à la nation le 6 août, c’est un homme différent, dressé dans ses habits de Chef de l’Etat, qui s’est adressé à ses concitoyens. Un Laurent Gbagbo bien maquillé, campant son rôle de président, a lu un discours écrit et empreint d’une grande courtoisie. Et ce message du 6 août présentait beaucoup plus d’intérêts pour la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens. Car, il s’est agi, à l’occasion, de faire à ses concitoyens, un état des lieux – plus ou moins objectif – de la situation sociopolitique du pays au soir de ses cinquante années d’existence. Avec plus de pragmatisme, il reconnaît que l’avenir commun des Ivoiriens « sera le condensé des voies nouvelles de consolidation de notre indépendance afin de nous engager avec lucidité, audace et responsabilité, dans la voie du progrès ». Se voulant un vrai démocrate, il ajoute qu’au-delà « des divergences politiques qui heureusement consolident les Etats démocratiques, au-delà des divergences d’opinion qui enrichissent les perspectives d’alternative qu’elles offrent, cette responsabilité collective, nous devons l’assumer et à chaque instant, la traduire dans tous nos actes ». Un discours digne de chef d’Etat qui doit se mettre au-dessus de la mêlée.
1236.jpg Malheureusement, c’est un autre Laurent Gbagbo qui s’est adressé le 7 août sur le parvis du Palais présidentiel à ses compatriotes. Pas le chef de l’Etat, mais le candidat qui cherche à se succéder à lui-même. Agressif, l’homme, comme à son habitude, s’est attaqué aussi bien à la communauté internationale qu’à ses adversaires politiques. Dans un langage à peine voilé, Gbagbo annonce le coup de force électoral qu’il pourrait envisager comptant sur l’armée. Sa phrase « Si je tombe, vous (les généraux de l’armée) tombez aussi » veut tout dire, qui restitue la pensée profonde de l’homme qui avait lâché il y a quelques mois à Mama, son village, que pour lui arracher le pouvoir, il faudrait lui marcher sur le corps. D
iawara Samou

Source: Le Patriote

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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 19:28

HOUPHOUE.jpgAprès avoir été durant des décennies un modèle de stabilité et de prospérité en Afrique, la Côte d’Ivoire est depuis 2002 une puissance régionale au prestige entamé, qui a connu en quelques années ce qui fut longtemps inimaginable : la guerre intérieure, des massacres de civils, une mise sous tutelle internationale et la déliquescence de son économie paralysée. La célébration du cinquantenaire de son indépendance a des relents de nostalgie d’une gloire passée.

Avant l’arrivée des Européens, la région connaît d’importants mouvements de population et des royaumes d’une certaine ampleur sont signalés (tel le Royaume de Kong au XVIIIe siècle). Les Portugais, dès le XVe siècle, puis les Hollandais et les Anglais installent des comptoirs et se livrent au commerce côtier, achetant des esclaves à compter surtout du XVIIe siècle, période qui voit plusieurs grandes migrations de populations akan - notamment les Baoulé dirigés par la Reine Poku -, venues de l’actuel Ghana. Français et Anglais entrent en concurrence, signent respectivement des traités d’amitié avec les populations jusqu’au partage de leurs zones d’influence en 1884, explorent l’arrière-pays et introduisent la culture du café. gbagbo_soro-4--copie-1.jpgLa Côte d’Ivoire devient colonie française en 1894, mais la conquête de tout le territoire, rattaché à l’Afrique occidentale française en 1905, aboutit très progressivement (défaite de Samory Touré en 1898). Après Grand-Bassam, puis Bingerville, Abidjan devient la capitale du territoire en 1934.

Lire la suite))) / Laurent Gbagbo et Soro Guillaume (Les chefs de la Mafia qui détruit l'Héritage que Houphouet Boigny nous a laissé)

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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 20:41

JOEL-NGUESSAN.jpg“Ressources nationales et gouvernance étatique en Côte d’Ivoire ». Tel était le thème de la conférence publique organisée par l’association « Génération Côte d’Ivoire » le samedi dernier au QG de campagne du RDR d’Abidjan-Sud. Pour le conférencier principal de cette rencontre, Joël N’Guessan, les ressources nationales de la Côte d’Ivoire sous la refondation ont connu un triste sort. « Au plan minier, nous avons de l’or, du manganèse, du fer etc. mais au temps d’Houphouët-Boigny, il a préféré mettre leur exploitation en stand by. Parce qu’il a voulu laisser tout cela pour les génération futures», a-t-il expliqué. Mais, malheureusement selon lui, ce que fait les Ivoiriens n’arrivent pas à en profiter, c’est le choix des hommes et leur utilisation. «On forme des ingénieurs et ils se trouvent dans les bureaux et non sur le terrain. Nous avons formé de milliers d’ingénieurs de travaux publics. Mais nos routes sont dans un état déplorable. Nous avons gaspillé nos ressources humaines. Nous n’avons pas su les mettre aux postes qu’il faut. Depuis l’arrivée des refondateurs, ce sont les moins méritants qui sont sélectionnés », a-t-il déploré. Pour lui, ce gaspillage s’étend sur la principale ressource qu’est la jeunesse que, selon lui, on préfère utiliser pur faire de la propagande. «C’est l’incapacité faite dans la gestion des ressources humaines qui fait qu’on arrive à cette situation», a-t-il sanctionné. Pour l’ancien ministre des Droits de l’Homme, tous les secteurs de l’appareil étatique sont touchés par ce gaspillage. Qu’il s’agisse de l’Administration ou de l’armée, selon lui, la corruption s’est généralisée. « Dans la police, la gendarmerie et l’armée, les critères de recrutements font que l’esprit républicain a disparu. Dans l’Administration générale, nous savons comment se passent les concours. Au niveau de la justice, partout c’est la corruption. Notre pays est devenu l’un des pays les plus corrompus du monde qui fait que les investisseurs ont d’y investir. La ressource administrative est tombée en décrépitude », a fustigé le conférencier. De toutes les ressources, le ministre Joël N’Guessan a critiqué le fait que la démocratie qui est un puissant facteur développement est aujourd’hui mise entre parenthèse par le régime de Laurent Gbagbo. «On évite d’organiser les élections, parce qu’on a peur de les perdre », a-t-il accusé. Avant de dire que la conséquence de toute cette mauvaise gouvernance est la détérioration de l’image de la Côte d’Ivoire à l’extérieur. Le ministre Joël N’Guessan estime que la vraie raison d’un tel gâchis est recherché dans l’incompétence de ceux qui dirigent actuellement la Côte d’Ivoire. « Ils ne sont pas à la hauteur des défis qui nous attendent », a-t-il asséné. Pour lui donc, la solution réside en un changement de régime qui passe, dit-il, nécessairement par la tenue d’élections libres et transparentes. Pour le conférencier, l’homme de la situation est le docteur Alassane Dramane Ouattara. Car selon lui, c’est le seul à pouvoir remettre à flot l’économie, à rebâtir l’Administration, à remettre les Ivoiriens au travail et à pouvoir les réconcilier. M. Sidi Touré, le coordinateur principal de « Génération Côte d’Ivoire » a pris la parole pour remercier M. Mamadou Koné, le directeur de cabinet du directeur de campagne d’Abidjan-Sud, le ministre Ibrahim Cissé Bacongo qu’il représentait, le conférencier et l’assistance. Rendez-vous a été pris dans deux semaines pour une autre conférence.

Jean-Claude Coulibaly
Le Patriote

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Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /Juil /2010 22:32

arton3.jpgLa Banque mondiale (BM) pourrait suspendre ses décaissements envers la Côte d’Ivoire, dans le cadre de la réhabilitation des infrastructures de base, si l’on n’y prend garde. L’institution financière internationale n’est pas du tout, contente de l’exécution des travaux pour lesquels des fonds ont été décaissés. Madani Tall, Directeur des Opérations de la BM pour la Côte d’Ivoire en a fait l’amer constat le mardi 20 décembre 2010, lors de la signature de l’accord de don de financement complémentaire d’un montant de 25 milliards de FCFA (50 millions de dollars US).

25 milliards de FCFA, soit 50 millions de dollars US. C’est le montant additionnel que la Banque mondiale vient de mettre à la disposition de l’Etat de Côte d’Ivoire. Ce type d’intervention de l’institution auprès de la Côte d’Ivoire qui s’élève aujourd’hui à plus de 75 milliards de FCFA, vise à réhabiliter les infrastructures de base. Ce montrant additionnel s’inscrit dans le cadre du PUIUR (Projet d’urgence d’Infrastructures Urbaines) conclu entre l’Etat de Côte d’Ivoire et la Banque mondiale. Lors de la signature de l’accord de don, matérialisant la mise à disposition du gouvernement ivoirien de ce financement complémentaire d’un montant de 25 milliards de FCFA, Madani Tall, Directeur des Opérations de la BM pour la Côte d’Ivoire a fait des observations : « Au-delà, des chiffres qui, il faut l’avouer, sont modestes au regard de l’ampleur de ce qu’il y a à faire comme travail rien que dans la seule ville d’Abidjan, consentir des ressources supplémentaires à un projet en cours d’exécution a de tout temps, en tout cas dans la tradition de la Banque mondiale, constitué un signe fort de reconnaissance à la fois de la jeunesse des choix et de la qualité des résultats ». Aux dires du Directeur des Opérations de la BM pour la Côte d’Ivoire, beaucoup reste à faire et à refaire. «De nombreux citoyens n’ont toujours pas accès à l’eau potable, de nombreux ses zones urbaines et péri-urbaines restent encore enclavées, l’Indénié continue de nous donner de l’insomnie, et puis, la saison des pluies qui a commencé révèle chaque jour non seulement l’ampleur du mal-développement, et d’une planification insuffisante mais les carences innommables (honteuses) dans l’exécution et les normes de certains travaux d’infrastructures routières et d’assainissement », a déploré Madani Tall. Se souvenant des intempéries du 24 juin dernier qui ont fait des victimes humaines et des dégâts matériels, le Directeur des Opérations de la BM souhaite que les travaux soient exécutés dans les normes de qualité. «Je ne m’attarderai pas sur les images d’Abidjan sous les eaux, sur les dizaines de vies humaines perdues, sur des chaussées en macadam lessivées comme si on y avait auparavant versé de la simple pouzzolane (ou du sable bitumeux) qu’emporte le premier torrent, sur des voies de canalisation obstruées par des immeubles ayant obtenu des autorisations de bâtir», s’est-il insurgé. Il en appelle au sens de la responsabilité de tous : «Plus jamais cela. Plus jamais cela car si chacun ne joue pas honnêtement et sincèrement sa partition, les ressources publiques ne serviront qu’à panser des plaies sans jamais curer le mal». . Soucieux du danger, le ministre Charles Diby Koffi promet la mise en place d’un comité de survie dont le rôle consistera à contrôler l’exécution des travaux, conformément aux normes

Honoré Kouassi : QuotidienL'Intelligent d'Abidjan

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  • : de Seth KOKO
  • de Seth KOKO
  • : Homme politique ayant longtemps œuvré dans une diplomatie discrète au profit de l'ancien chef de l'état ivoirien, Laurent Gbagbo.« Il est l'auteur du Dialogue Direct inter-ivoirien qui a ramené la paix en Côte d'Ivoire » entre 2006 et 2010. Seth Koko est aujourd’hui opposé à la politique de M.Gbagbo qu’il accuse d’avoir manipulé et trompé les ivoiriens durant ces 10 dernières années.Seth Koko est désormais un Leader d'opinion,défenseur de la société civile ivoirienne
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voice of africaVoice of Africa Radio reçoit Seth Koko le 11 mai 2010

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