La Côte d'Ivoire est mal gérée

Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 21:14

PIT1Il attendait sans doute de clore un débat qui n’avait que trop étalé, à la face du monde, la mauvaise foi du Conseil constitutionnel ivoirien. Romain Francis Wodié, détruit dans cette déclaration, tous les arguments juridiques de Paul Yao Ndré, le président « conditionné » de cette institution qui fait honte à notre pays, au lendemain de l’élection présidentielle remportée par Alassane Ouattara et qu’il a malhonnêtement « offerte » à son ami Gbagbo. Professeur Titulaire, Francis Wodié, Président du PIT, est considéré comme l`un des plus brillants juristes en droit constitutionnel et en droit international public.

Après plusieurs reports depuis 2005, l`élection présidentielle, donnée comme la porte de sortie de la crise, a pu, enfin, se tenir, le 31 octobre 2010 pour le 1er tour et le 28 novembre 2010 pour le second tour. Les résultats proclamés par la Commission Electorale Indépendante, confirmés par le "certificateur", donnent M. Alassane OUATTARA vainqueur, avec 54,10 % des suffrages exprimés, face à M. Laurent GBAGBO, crédité de 45,90 % des voix. Quant au Conseil constitutionnel, après avoir, comme par hasard, annulé, sans discernement, le scrutin dans sept départements du Centre et du Nord, sur requête du candidat Laurent GBAGBO, il a proclamé celui-ci élu avec 51,45 % des voix contre 48,55 % au candidat Alassane OUATTARA, inversant de son seul chef les résultats fournis par la CEl. La Côte d`Ivoire, déjà meurtrie, les Ivoiriens, déjà épuisés et ruinés par une crise sans fin, se retrouvent en présence «de deux chefs d`Etat « investis» et ayant constitué leur Gouvernement, donnant ce monstre de bicéphalisme qui est à l`origine des affrontements sanglants que connaît depuis le pays. Le Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT) ne peut se taire, face à une telle situation qui menace d`un péril certain la Nation tout entière. SUR LES RESULTATS DU SCRUTIN

Tout est parti de là : quels sont les vrais résultats du scrutin et, par conséquent, qui en est le vainqueur ? L`observation et l`analyse des faits, à la lumière des textes régissant l`élection présidentielle en Côte d`Ivoire, amènent à constater, d`une part, la validité des résultats proclamés par la Commission Electorale Indépendante (CEl) et certifiés par le Représentant spécial du Secrétaire Général de l`ONU et, d`autre part, le caractère irrégulier et surréaliste de la décision du Conseil constitutionnel. La validité des résultats proclamés par la CEl et certifiés par le Représentant spécial du Secrétaire Général de l`ONU.

1- La validité des résultats proclamés par la CEl Il est constant qu`au regard de la Constitution (art. 38) et de l`ordonnance portant ajustements au code électoral (art. 59), la CEl est compétente pour proclamer les résultats provisoires de l`élection présidentielle. Ce point n`est pas contesté. Ce qui, au contraire, fait débat, se rapporte au moment et au lieu où la proclamation des résultats est intervenue. D`abord, la date : le délai dans lequel la CEl doit agir n`apparaît pas avec toute la clarté souhaitable. Toutefois, en interprétant les textes et en ne perdant pas de vue le précédent né du 1er tour de l`élection présidentielle, on doit admettre que la CEl avait à (devait) proclamer les résultats dans un délai de trois jours. La Commission n`a pu agir dans ce délai, ayant, comme chacun a pu le constater à la télévision, été empêchée de le faire par Messieurs DAMANA PICKAS et TOKPA, membres de la CEl pour le compte du camp présidentiel. Au regard du droit et même du simple bon sens, le camp présidentiel est mal-fondé à invoquer la forclusion qu`il a provoquée intentionnellement. Car, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude (de sa propre faute), pour en tirer un avantage quelconque. Au surplus, existe le précédent né du 1er tour, lequel donne à constater que les résultats ont été proclamés au petit matin du 4ème jour suivant la clôture du scrutin, acceptés de tous, confirmés par le Conseil constitutionnel (qui n`avait guère parlé de forclusion) et certifiés par le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies ; ce précédent autorise à affirmer que les résultats du second tour, donnés également au quatrième jour, doivent être tenus pour réguliers. Ensuite, le lieu : les résultats proclamés, non pas au siège de la CEl, mais plutôt au Golf Hôtel, seraient-ils frappés de nullité ? Pas du tout. Car, ayant l`obligation de proclamer les résultats, et physiquement empêché par les mêmes de le faire au siège de la CEl, le Président de ladite Commission n`avait pas le choix : à l`impossible nul n`est tenu. Enfin, la vraie question, par-delà la diversion tenant à la date et au lieu de la proclamation des résultats, est celle-ci : les résultats proclamés sont-ils, oui ou non, conformes à ceux contenus dans les procès-verbaux collectés et validés par les différents niveaux des Commissions électorales ? La réponse est sans équivoque : il résulte des procès-verbaux dont copie a été adressée à différentes autorités et au Conseil constitutionnel que le candidat Alassane OUATTARA est le vainqueur de l`élection présidentielle. Et c`est parce qu`il en est ainsi que des problèmes ont été artificiellement suscités et entretenus. C`est dire que la Commission Electorale Indépendante (CEl), qui n`a pas pouvoir pour modifier les résultats issus des procès-verbaux mais plutôt l`obligation de Ies proclamer tels quels, après vérification de la régularité formelle des procès-verbaux, a fait son travail régulièrement, proprement, conformément aux exigences de la loi et de la démocratie et que, par suite, les résultats par elle proclamés sont valides. 2- La régularité de la certification La certification est prévue par l`accord de Pretoria de 2005, donc acceptée par les différentes parties engagées dans le processus de sortie de crise. Elle est confirmée et organisée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies à travers la résolution 1765 adoptée en juillet 2007. Dans un contexte de suspicion généralisée et de déficit de confiance, la certification, voulue par les parties ivoiriennes, et donc par Laurent GBAGBO, a pour but d`éviter les contestations inutiles, en permettant d`avoir des élections "ouvertes, libres, justes, et transparentes" avec des résultats reconnus et acceptés en toute confiance et sérénité. La mise en œuvre de la certification a été confiée au Représentant spécial du Secrétaire Général de l`Organisation des Nations Unies qui a déjà certifié, entre autres, la liste électorale et les résultats du le 1er tour de l`élection présidentielle, à la satisfaction générale. Et c`est la méthode par lui utilisée au 1er tour qui a servi pour la certification des résultats du second tour. C`est pourquoi, le PIT salue l`objectivité et l`honnêteté du Représentant spécial du Secrétaire Général de l`ONU, et constate la régularité et la sincérité de la certification opérée. Il suit de ce qui précède que le camp Laurent GBAGBO n`est pas fondé à parler d`ingérence ou d`immixtion dans les affaires intérieures de la Côte d`Ivoire. L`ingérence, à la supposer établie, cesse d`en être, dès lors qu`elle est consentie par les autorités ivoiriennes dont la plus haute était Laurent GBAGBO, tout comme nous sommes allés chercher honteusement à Pretoria en 2005 l`autorisation d`user de l`article 48 de la Constitution ivoirienne. C`est donc à la demande expresse des Autorités ivoiriennes que la communauté internationale s`est impliquée financièrement, techniquement et matériellement autant que dans les domaines de l`arbitrage et de la certification. La certification bien que contraignante pour la souveraineté nationale mais voulue et placée à la fin de la procédure, postérieurement à la décision du Conseil Constitutionnel, s`offre comme la décision finale ; ceux qui l`ont voulu doivent s`y plier en toute bonne foi. Pour toutes ces raisons, le PIT ne peut comprendre ni accepter la position et la décision du Conseil constitutionnel et tout le brouhaha suscité par cette certification. B- Le caractère irrégulier et surréaliste de la décision du Conseil constitutionnel Tout d`abord, le PIT se choque de la précipitation avec laquelle le Conseil constitutionnel, qui disposait de sept jours pour dépouiller les 22.000 procès-verbaux et examiner le recours et les moyens invoqués par le candidat Laurent GBAGBO, a rendu sa décision le 3 décembre 2010 à 15 heures 30. On peut douter et on doute que les membres du Conseil constitutionnel aient pu dépouiller tous les procès-verbaux en quelques heures. En effet, tout porte à croire que la décision du Conseil constitutionnel, qui s`étale sur de longues pages, était prête avant même la réception du dossier et qu`il ne s`était agi que d`apporter les adaptations à partir des instructions du candidat Laurent GBAGBO. En deuxième lieu, les violences et les irrégularités sur la base desquelles le Conseil constitutionnel a invalidé globalement le scrutin dans sept départements du Centre et du Nord ne sont pas corroborées par les faits : les préfets affirment, au contraire, que le scrutin s`est déroulé de façon acceptable. Et puis, comment se fait-il que le Conseil constitutionnel, si soucieux de justice, n`ait pas invalidé le scrutin dans les zones de l`Ouest où des troubles sérieux et des assassinats ont eu lieu avant et pendant le scrutin? Voudrait-on susciter de graves divisions de caractère régionaliste avec à la clé des conflits interethniques qu`on n`aurait pas procédé autrement. Enfin, la violation de la loi portant code électoral: son article 64 nouveau, alinéa 1er, tel que résultant de l`ordonnance de 2008 portant ajustements au code électoral, énonce : «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d`ensemble, il prononce l`annulation de l`élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et le Représentant spécial du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des Ministres sur proposition de la CEl. Le scrutin a lieu ou au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du C.C » Comment se fait-il alors, que privant le candidat Alassane OUATTARA de plus d`un demi million de voix sur la base d`irrégularités graves (article 64 nouveau du Code électoral en inversant ainsi les résultats, le Conseil constitutionnel n`ait pas cru devoir appliquer la loi en annulant toute l`élection afin qu`on la reprenne conformément à la soi ? En imposant une telle obligation au Conseil constitutionnel, celle d`annuler l`élection en pareil cas, la loi a voulu restituer au peuple souverain son droit de désigner souverainement ses représentants, ici le Président de la République. Le rappeler, c`est souligner qu`il n`appartient pas au Conseil constitutionnel de substituer sa volonté à celle du peuple, seul arbitre en pareille situation. Voilà qui est bien curieux et qui dénote le parti-pris du Conseil constitutionnel qui ne pouvait pas ignorer la loi en la matière ; le Conseil constitutionnel achève ainsi de se discréditer et de se disqualifier. La décision du Conseil constitutionnel est contraire au droit ; elle est tout aussi contraire à la volonté clairement exprimée du peuple de Côte d`Ivoire. Le problème a cessé d`être juridique ; il est devenu un problème essentiellement politique et moral. II- LA VOLONTE DU PEUPLE SOUVERAIN DOIT ETRE RESPECTEE La Côte d`Ivoire s`est proclamée République depuis 1958. La Constitution ivoirienne du 3 novembre 1960 et celle du 1er août 2000 ont repris et reconduit ce principe. Ce qui veut dire que le pouvoir politique appartient au peuple et que, par conséquent, le peuple est la source du pouvoir dans ce régime qui se veut démocratique. Or, le peuple a parlé à travers les urnes ; il a désigné le nouveau président de la République en la personne de M. Alassane OUATTARA qui a remporté de façon claire et nette le scrutin du 28 novembre dernier. Par conséquent, M. Laurent GBAGBO doit, en toute conscience et responsabilité, céder le pouvoir à M. Alassane OUATTARA. L`attitude qu`observe M. GBAGBO constitue, en tous points, une usurpation, voire un coup d`Etat. Elle traduit un mépris souverain à l`égard de la République et du peuple dont la volonté est ainsi bafouée. M. Laurent GBAGBO doit se ressaisir pour que triomphe la volonté du peuple de Côte d`Ivoire pour que cesse cette situation tragique pour le pays et pour les populations, avec l`économie qui s`affaisse, des assassinats çà et là, des enlèvements et disparitions de personnes, des agressions dans des mosquées aux heures de prière. A quoi s`ajoutent des pénuries de toutes sortes, exposant les populations à la mort. C`est le lieu de rappeler aux Forces de défense et de sécurité l`obligation qui leur incombe de protéger les populations dans le respect de la légalité républicaine. La souveraineté de l`Etat (qui, souvent, ici ne sert que d`alibi) et la dignité du peuple commandent que nous sachions régler entre nous nos problèmes pour éviter les ingérences extérieures. Comment ne pas évoquer et condamner, dans ce contexte, la confiscation des médias d`Etat et leur utilisation à des fins de propagande, avec tous les risques de violence et de guerre civile? Comment ne pas condamner la mesure d`interdiction de paraître qui a frappé une partie de la presse privée? Que fait-on des droits et libertés, et notamment de la liberté de la presse, consacrés par notre Constitution? Il est temps que M. GBAGBO qui se proclame de gauche et se dit « enfant des élections », comprenne qu`il doit céder le pouvoir au plus tôt en cessant d`instrumentaliser la jeunesse qui a besoin de se former et de travailler. Quand le peuple a parlé, nous devons, tous et chacun, savoir nous taire, en nous faisant le devoir de sauver la paix et la patrie en danger. Que M. Gbagbo retrouve la raison et le sens de l`honneur et que cesse cette épreuve aussi tragique que ridicule. Nous nous sentons humiliés par le spectacle déplorable que nous offrons au monde. Tout cela doit prendre fin sans délai pour que nous puissions tous nous rassembler pour former un seul bloc autour de la Côte d`Ivoire qui, ainsi libérée et rendue à elle-même, pourra s`attaquer aux problèmes majeurs qui de reconstruction, de normalisation, de démocratisation, de moralisation et de développement, un développement solidaire et partagé. C`est notre intérêt commun, c`est notre devoir commun.

Fait à Abidjan, le 21 décembre 2010
Pour le Comité Central du PIT
Le Président du PIT
Francis WODIE

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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 11:31

Hier, le président du Conseil national de la communication audiovisuelle a pris une décision interdisant à la Rti l`appellation de candidat du Rhdp, parlant d`Alassane Dramane Ouattara. Pour le rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix, c`est une provocation de trop. Car, la justification d`une telle décision semble n`avoir aucun fondement. D`autant qu`Alassane Ouattara a été investi officiellement par son groupement politique. En plus, il a été demandé à la Cei, saisie, de confectionner les documents électoraux et autres affiches du candidat avec la mention Rhdp. La cei n`a pas eu à redire sauf qu`il a été posé un problème de moyens pour tout changer. Alors, si l`institution, qui organise les élections, n`a pas formellement rejeté cette appellation, d`où vient que le Cnca et surtout son président Franck Anderson Kouassi s`oppose à ce qu`on parle de candidat du Rhdp à la Rti. Vraiment, la frilosité gagne les suppôts de Laurent Gbagbo qui ne sait plus où donner de la tête. Si Alassane Ouattara doit gagner ou perdre, ce ne sont pas toutes ces gynastiques et gesticulations qui vont y changer quelque chose. A-t-on besoin de manquer de finesse pour aider un candidat aux abois dans cette compétition électorale où le jeu est déjà joué ? La victimisation n`est jamais en faveur des instigateurs. La Radio télévision ivoirienne appartient à tous les Ivoiriens qui commencent à se lasser de son usage partisan et partial.

François Konan

Source: Le Nouveau Réveil


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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 11:36

Laurent Gbagbo gouvfrLe Président Laurent Gbagbo, candidat de La Majorité Présidentielle au second tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, a entamé à Guiglo et Man, le lundi 15 novembre 2010, une série de rencontres avec les chefs traditionnels Dan et Wê. Laurent Gbagbo a tenu à leur dire merci pour leur participation massive au scrutin du 31 octobre 2010, mais surtout, leur demander de se mobiliser davantage pour la victoire, le 28 novembre prochain.

Les échanges entre le candidat de LMP et les leaders traditionnels de l’Ouest montagneux et du Moyen Cavally ont permis de lever toutes les équivoques et partir sur de nouvelles bases pour la victoire de Laurent Gbagbo, le 28 novembre prochain. Il s’agit de l’épineuse question de la sécurité dans les zones Centre, Nord et Ouest. Cela a été relevé par le porte-parole des chefs traditionnels Dan et Wê, Dely Dangbeu Jacques, chef de province de Danané. « Les projets d’enlèvement, d’assassinat ou de tueries après la victoire de Laurent Gbagbo, sont des rumeurs. Mais, il faut faire très attention à ces rumeurs dans les départements frontaliers comme Danané, Biankouman, Zouan-Hounien et Man. C’est pourquoi je voudrais vous remercier pour l’excellent décret que vous avez signé et qui fait état du déploiement de l’armée sur toute l’étendue du territoire national », a indiqué le chef de province de Danané, soutenu par tous les cadres de la région des Montagnes, entre autres, Siki Blon Blaise, Haute autorité de développement, les ministres Bleu Lainé et Douaty Alphonse, Fêh Kessé, et Mangly Alphonse, respectivement directeur général des Impôts et directeur général des douanes ivoiriennes. Dans son adresse, le chef Dely Dangbeu a donné les raisons du score obtenu par le candidat Laurent Gbagbo, surtout à l’Ouest. « Si nous avions été associés à temps, nous aurions refusé que vos petits frères entrent dans la compétition avec vous. Cela n’a pas été fait, nous nous en excusons. C’est pourquoi, les Dan et les Wê ont voté pour vos petits frères qui se sont engagés dans une aventure ambiguë. La vérité est sortie des urnes, ce qu’ils nous restent à faire c’est de nous lever comme un seul homme pour soutenir Laurent Gbagbo et nous allons le faire, parce que nous n’avons plus droit à l’erreur. C’est donc un engagement que nous prenons pour faire comprendre à notre frère Alassane que c’est Laurent Gbagbo seul qui peut sauver la Côte d’Ivoire », a-t-il assuré. En réponse, le candidat Laurent Gbagbo a rassuré les chefs traditionnels quant aux dispositions sécuritaires qui ont été prises pour les élections du 28 novembre prochain, devant l’opposer à Alassane Ouattara, candidat du RDR, désormais en alliance avec les autres partis du RHDP. « J’ai signé un premier décret, mais je l’ai déchiré pour signer un autre. Le premier décret que j’avais signé prévoyait le déploiement de 2000 militaires pour sécuriser les élections. Mais, j’ai vu que ce nombre était insuffisant. J’ai demandé au secrétariat général du gouvernement d’écrire qu’il faut réquisitionner toute l’armée pour assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire ivoirien, en particulier les zones CNO (…) J’ai analysé le premier tour, j’ai analysé la manière dont les choses se sont passées et j’ai appelé le Premier ministre et le chef d’état major pour leur dire ceci : tout le monde peut nous féliciter, mais c’est nous qui connaissons l’intérieur de notre maison. Je vais réquisitionner toute l’armée. Ils ont tous les deux accepté. Donc, bientôt, vous allez les voir, parce qu’il faut qu’ils s’habituent au terrain avant même le début du 2ème tour », a dit Laurent Gbagbo, qui a demandé aux populations de ne pas avoir peur et d’aller voter massivement « le seul » de leur fils encore en lice. « Nous étions quatorze candidats, aujourd’hui nous sommes deux. Vous m’avez soutenu et je suis arrivé en tête. Mais, je vous mets en mission. Rentrez en brousse, parce que celui qui veut du gibier ne reste pas au village. Allez chercher toutes les voix qui s’y trouvent, ramenez-les pour la Côte d’Ivoire et mettez-les sur mon nom », a-t-il lancé, dans la salle du complexe audiovisuel de Man. A Guiglo, à la résidence du ministre Hubert Oulaye, Laurent Gbagbo a accueilli les membres du Collectif des Akans vivant dans le Moyen Cavally, qui ont décidé de rejoindre La Majorité Présidentielle, dans une déclaration lue par M. Kouakou Brou. Hier mardi 16 novembre 2010, Laurent Gbagbo s’est entretenu avec la chefferie traditionnelle de Tabou et de San-Pédro, à qui il a exprimé sa gratitude. A cette occasion, le chef central des Baoulé de Soubré et celui des Agni de la même localité ont effectué spécialement le déplacement pour dire de vive voix leur adhésion au projet de société du candidat de LMP.


Olivier Dion, envoyé spécial

L'intelligent d'Abidjan

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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 10:53

gbagbo pleurIl est vraiment embrouillé, le camarade Laurent Gbagbo. A 6 jours de la présidentielle, il continue de gérer le pays selon ses humeurs. Après avoir pris un décret pour déclarer jours fériés mardi et mercredi, il prend un autre pour contredire sa décision avant de déclarer finalement fériée la journée du vendredi à cause de son meeting. Et la Côte d`Ivoire dans tout ça ? Notre pays mérite-t-il un tel dirigeant qui gère l`Etat selon ses émotions et ses intérêts personnels ?

C`est un drame, un vrai désastre. A six jours de la présidentielle, on peut parler de cerise sur le gâteau, la preuve par 4 que Gbagbo n`est pas fait pour diriger un pays qui aspire au développement. Qu`il ne comprend absolument rien des implications et des conséquences des décisions qu`il prend. Voilà en effet un pays qui tire le diable par la queue et où le chef de l`Etat s`amuse à distribuer des jours fériés, chômés et payés comme des boubous. Plus grave, c`est l`heure à laquelle les Ivoiriens sont informés de la situation, à 17 heures. Le lieu choisi pour faire l`annonce, un meeting du candidat Fpi à Abobo. Ainsi les populations sont presque prises de court. Deux jours fériés sans avoir pris des dispositions, banques et administrations fermées, sans salaire. Les entreprises aussi sont prises de cours. C`est presque la panique, tout le calendrier de travail et de production chamboulé. 48 heures d`arrêt de travail, cela coûte cher à l`Etat, très cher même. Gbagbo n`en a cure. Ses soucis sont ailleurs. Mais les opérateurs refusent de subir, pour une fois. Ils protestent vigoureusement auprès du Premier ministre contre ce décret infect. A 19 heures, soit deux heures plus tard, un message en bande est diffusé à la Rti pour informer la nation que le chef a rapporté son décret et que mardi et mercredi sont des jours ouvrés. Les Ivoiriens n`ont pas fini de rire dans leurs salons et de commenter cette gymnastique du candidat Gbagbo qu`on leur sert un autre décret encore plus caustique. Vendredi 29 octobre, jour de meeting du candidat Gbagbo au stade Houphouët-Boigny, est déclaré férié, chômé et payé. Comment ne pas tomber sous le charme achevé de bonne gouvernance, un homme sérieux, un grand chef d`Etat qui nous rappelle Houphouët-Boigny, le père de la nation ? Non, franchement, il faut être jaloux comme Denis Kah Zion, aigri comme Venance Konan et Tiburce Koffi pour ne pas faire un standing ovation au christ de Mama, le refondateur incarné. Qui dit mieux ? Trois décrets en moins de 3 heures. Gbagbo voulait montrer aux Ivoiriens ce qu`il fera du suffrage qu`il sollicite auprès des électeurs qu`il ne serait pas pris autrement. Tout ce qui compte à ses yeux, c`est le pouvoir, rien que le pouvoir. Et pour le conquérir, il est prêt à tout, absolument tout. Vendredi, les Ivoiriens ne doivent pas travailler, ils doivent se rendre massivement à la grand`messe de clôture du candidat du peuple. Y a-t-il quelque chose de plus important à part cela ? Non !

En réalité Gbagbo a peur, très peur à mesure qu`approche l`échéance du 31 octobre. Le jour où la parole sera donnée au peuple de le sanctionner dans les urnes. Il a peur de l`avancée de Bédié, de Ouattara et du Rhdp vers le palais présidentiel. Et c`est cette peur panique qui l`amène à signer trois décrets en 3 heures. C`est également cette peur qui le pousse à signer des décrets pour ériger de nouvelles localités en commune, 299 au total. Il pense pouvoir, par ce moyen, récolté un peu de voix. Mais monsieur le président, les Ivoiriens ne sont pas ainsi idiots que cela. Et puis, l`éthique républicaine interdit ce genre de décision à moins d`une semaine de la présidentielle. Gbagbo est fatigué !

Akwaba Saint-Clair

Source: Le Nouveau Réveil

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Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 13:56

Le général de division Bombet Dénis, ex-commandant des forces terrestres (2000-2004), est en campagne pour le président-candidat Laurent Gbagbo. Le 6 octobre 2010, ce haut gradé de l`Armée a représenté le directeur départemental de campagne de Gbagbo à Kouibly, M. Raymond Gnan, lors d`une cérémonie dans cette localité. Le général Bombet Denis y était allé pour annoncer la venue du candidat Gbagbo à Man, visite prévue pour le 15 octobre prochain. «Le président de la République a choisi notre région pour lancer sa campagne électorale. Gbagbo nous fait honneur. C`est une grande marque de confiance placée en nous. Ne le décevons pas, sortons
donc tous le 31 octobre pour le voter »,a lancé le général Bombet Denis à ses parents de Kouibly. En février 2007, après quarante et un (41) ans de service dans l`armée de Côte d`Ivoire, le général de brigade Bombet Denis, qui fut inspecteur général des armées, est allé à la retraite. A 65 ans révolus aujourd`hui, l`ancien commandant des forces terrestres a décidé de faire de la politique, sinon de soutenir ouvertement Laurent Gbagbo pour la présidentielle à venir. L`engagement politique du général Bombet aux côtés du candidat de La Majorité présidentielle (LMP), de façon ouverte, remonte à plus d`un an. Déjà en juin 2004, l`officier militaire s`était publiquement signalé en organisant, à la surprise générale, un meeting du président Gbagbo à Kouibly. Il était question, en ce moment, de ``visite d`Etat`` que le président de la République effectuait dans la région des Montagnes. Le général Bombet, originaire de Kouibly, s`y rendait pour la première fois, après cinq années de crise armée et d`occupation de la localité par les Forces nouvelles (Fn). Pour l`ex-commandant des forces terrestres, Gbagbo est ``un don de Dieu``.« Nous avons une chance inouïe. Dieu a élu quelqu`un pour nous. Comme les missionnaires le disent, il a été oint; donc choisi par Dieu pour venir sauver la Côte d`Ivoire. C`est cet homme qui, aujourd`hui, met les pieds dans un de ses départements qui est Kouibly dont je suis originaire. Je suis comblé de joie, ému», avait dit l`officier militaire, se confiant à la presse en juin 2009. Partisan de l`Accord politique de Ouagadougou, le général Bombet estime que les Ivoiriens doivent régler leurs différends en famille. «Quand les négociations qui ont abouti à l`Accord politique de Ouagadougou ont commencé, je me suis dit: voilà la porte de sortie qu`il nous fallait. Parce que le Président Gbagbo a toujours dit que les parties en conflit connaissent leurs problèmes et qu`un étranger ne peut venir régler notre différend qui est interne », avait soutenu le général Bombet. L`officier militaire à la retraite dit avoir gardé de bons rapports avec les anciens des Forces Nouvelles. «Ce sont tous mes enfants. Que ce soit Bakayoko, Wattao, Shérif, Lass. Quand nous nous voyons, c`est le père et les fils qui se retrouvent. Il n`y a pas de problème majeur. Nous sommes tous contents, lorsque nous nous retrouvons. C`est dire qu`il n`y a jamais eu de différend entre nous mais quand le diable s`immisce entre les enfants, ils se chamaillent», avait-il fait remarquer. Son vœu le plus cher, c`est que la crise politico-militaire prenne définitivement fin. «C`est cet espoir que le Président Gbagbo nous a apporté aujourd`hui. Tous ceux qui chantent disent que la paix est là, la guerre est finie. Et à l`entendre de la bouche du Président Gbagbo, vous imaginez ce que cela fait». C`est convaincu de la fin de la crise armée, que le général Bombet Denis a décidé de battre ouvertement campagne pour Laurent Gbagbo, à l`instar du général Abdoulaye Coulibaly qui a pris fait et cause pour le candidat Alassane Ouattara du RDR, et du général Gaston Ouassénan Koné pour qui Henri Konan Bédié est l`homme de la situation.


TRA BI Charles

Source: L'INTER

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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 13:40

ivoire-gbagbo revolteD`importantes propriétés immobilières, acquises à prix d`or par le Président Félix Houphouët-Boigny et qui faisaient la fierté de notre pays dans la très prisée capitale de l`Etat Helvétique, viennent d`être bradées une fois de plus par Laurent Gbagbo, candidat autoproclamé des Ivoiriens à l`élection présidentielle. Plus scandaleux encore, ce sont les conditions obscures dans lesquelles s`est opérée cette transaction et la destination des fruits desdites ventes. Retour sur les frasques d`un homme qui prétend ressembler au père -fondateur mais qui met en péril ce que ce dernier a bâti en Côte d`Ivoire et vend à tour de bras le patrimoine de l`Etat à l`extérieur.
25 octobre 2007, en dehors de toute communication en Conseil des ministres comme l`exige la loi, Laurent Gbagbo décide de vendre des immeubles relevant du patrimoine immobilier de l`Etat de Côte d`Ivoire en Suisse. A cette fin, il actionne son avocat et homme de main, Me Sanogo Yaya, le même qui était en première ligne dans la vente des biens de l`Etat ivoirien en France. Des actes qui avaient, on s`en souvient, fortement alimenté la polémique dans un passé récent.
A Me Sanogo Yaya, Gbagbo délivre un mandat spécial à l`effet de procéder à toutes les vérifications administratives auprès des autorités suisses en vue de la vente de deux importantes propriétés référencées comme il suit : immeuble n°2124, commune de Vandoeuvres (45), route de La Capite, 110 Genève (Suisse) et l`immeuble N°2222, commune de Vandoeuvres 45), route de La Capite, Genève (Suisse). Mais alors que "le mandat spécial", servi pour les besoins de la cause à Me Sanogo, mentionne clairement que lesdites recherches en vue de la vente sont faites " pour le compte de l`Etat " ivoirien, l`on est surpris de lire au talon de ce même acte une autre disposition qui prend totalement à contre-pied la première. En effet, le mandat du Président Gbagbo enjoint explicitement le mandataire de déposer sur un compte spécial, ouvert à la Société Générale-Porte Maillot à Paris et arrimé de façon formelle à la présidence de la République ivoirienne, les fonds résultant de la vente des deux immeubles.

Où est passé l`argent ?

Si l`on en croit les termes d`un courrier signé d`un certain Jean Rodolph Christ, agissant pour le compte d`un cabinet d`avocats suisses et qui affirme avoir joué un rôle d`intermédiaire dans la vente des terrains bâtis, cette transaction aurait rapporté la rondelette somme de 15 350 000 de francs suisses, soit environ 7 milliards de Fcfa. C`est la société La Capite 110 S.A, basée à Genève, précisément à Place de Saint-Gervais 1,1201 Genève, qui a racheté les deux immeubles dont l`un ouvre sur un magnifique court de golf de plusieurs hectares.

Même si l`on ignore encore pourquoi le chef de l`Etat ivoirien s`est lancé dans une vente tous azimuts des biens immobiliers de la Côte d`Ivoire à l`étranger, la présente transaction soulève un certain nombre de problèmes. D`abord, la destination du fruit de la vente. Pourquoi le chef de l`Etat a-t-il ordonné à son mandataire de déposer les fonds dans un compte référencé comme il suit " Présidence de la République ", ouvert dans les livres de la Société générale-Paris Porte Maillot sous N°30 003 0344 000 50 34 28 34 63 ?
Pourquoi un compte spécial arrimé à la présidence de la République ? Parce que si cette transaction avait été effectuée au nom et pour le compte de l`Etat de Côte d`Ivoire, la seule caisse habilitée à recevoir ces fonds est le Trésor public ivoirien. Principe de l`unicité des caisses de l`Etat. La Présidence de la République n`est qu`une institution de l`Etat qui émarge au budget général de l`Etat de Côte d`Ivoire. Elle ne peut donc recevoir directement des ressources de l`Etat que le budget de l`Etat ne lui a pas régulièrement alloué via les comptes du Trésor public. Cela est d`autant plus vrai qu`en règle générale, en Finances publiques, il n`y a pas de recettes spécifiques affectées à des dépenses spécifiques. La Présidence de la République ne peut donc s`octroyer directement des fonds résultant de la vente d`immeubles de la Côte d`Ivoire à l`étranger. Quand bien même l`initiateur de la vente serait le président de la République. Il en va de même pour le président de l`Assemblée nationale ou du Conseil économique et social qui ne peuvent vendre des biens de l`Etat et retenir dans leurs comptes les fruits de ces ventes. Cette mesure a une base légale, un décret de 1970 et une loi de 1996 donnent exclusivement pouvoir au ministre de l`Economie et des finances pour acquérir ou céder le patrimoine de l`Etat. Autrement dit , tout acte qui vise à rendre l`Etat créancier ou débiteur relève de la compétence exclusive du ministre de l`Economie et des finances. C`est uniquement ce dernier qui est habilité à représenter l`Etat dans ce genre d`acte.
Pour être réguliers, les fonds en question auraient dû atterrir sur les comptes de la Bceao qui gère les portefeuilles des Etats membres à l`étranger. En effet, chaque Etat membre de la Bceao a ses comptes à la Banque centrale qui,à son tour, dispose de comptes en France pour gérer et recevoir les fonds issus de ses transactions avec d`autres partenaires étrangers en devises étrangères.
Pourquoi Gbagbo a-t-il contourné les procédures habituelles ? Cet argent a-t-il atterri un jour de 2007 dans les caisses du Trésor public ivoirien ? Ces questions méritent d`être posées d`autant plus que jamais on n`a entendu de communication en Conseil des ministres faisant état de la vente de bâtiments ivoiriens en Suisse. Par ailleurs, pourquoi a-t-on contourné le ministère de l`Economie et des finances et le gouvernement dans cette opération ? Pourquoi donner un mandat spécial à un avocat pour faire un travail qui relève de la compétence des fonctionnaires de l`Etat ?
Pourquoi le chef de l`Etat fait-il confiance à Me Sanogo Yaya pour vendre les biens de l`Etat à l`étranger plus qu`à n`importe qui ?

Le rôle d`un président de la République est-il de vendre les biens de l`Etat ? En se comportant ainsi, Laurent Gbagbo ne viole-t-il pas le principe de la subsidiarité qui fait du ministre des Finances la seule autorité habilitée par la loi à vendre ou acheter pour l`Etat ? Cette forfaiture ne rend-il pas nulles et de nul effet ces transactions ?
Autant de questions à élucider pour clarifier une opération aux contours encore très obscurs, pour ne pas dire, suspects.

Akwaba Saint Clair

Source: Le Nouveau Réveil

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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 18:30

cinquantenaire prside1 ivoire-gbagbo revolteLaurent Gbagbo, candidat 100 % et président 100 % a décidé, à 40 jours du scrutin présidentiel, de mettre le pays en coupe réglée, du point de vue militaire et administratif. Les 9 derniers décrets qu’il a signés le 16 septembre 2010, portant, notamment, nomination d’une centaine de sous-préfets, de secrétaires généraux de préfecture, avec à la clé un vaste mouvement préfectoral touchant 58 département et 13 régions, ainsi que le déploiement des Crs à l’intérieur du pays, s’inscrivent dans cette dynamique. Le candidat de la Lmp qui a enjoint, récemment à Divo, à l’occasion de l’installation de la Cr3, les forces de l’ordre « à mater sans réfléchir » poursuit, par ailleurs, le verrouillage militaire du pays, par l’envoi, la semaine prochaine de plusieurs unités de la compagnie républicaine de sécurité, notamment à Abengourou, Agboville, Gagnoa, Soubré, Bouna, Duékoué et San-Pedro, en raison de leur caractère particulièrement névralgique. Ces villes, qui se veulent pour la plupart des bastions de l’opposition, ont été surtout des foyers d’affrontements meurtriers entre les populations et les forces de l’ordre lors des contentieux sur les listes électorales. Au motif que, selon Kadet Bertin, « les relations entre l’Onuci et les populations n’ont toujours pas été paisibles », Laurent Gbagbo a donc décidé de « cadenasser » le pays, dans la partie sud restée sous son contrôle après le coup d’Etat manqué de 2002. Laurent Gbagbo qui n’arrête pas de hausser le ton depuis l’annonce de la date de la présidentielle pour le 31 octobre 2010, ne veut laisser aucune chance à l’opposition, surtout dans ces villes hautement stratégiques. C’est pourquoi, il y a ordonné une surveillance spécifique. Laurent Gbagbo n’a jamais pardonné au Rhdp (rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix) sa trop grande proximité avec l’ex-rébellion des Forces nouvelles qui a sabordé la mise en œuvre de son programme de gouvernement. Le contrôle militaire de ces villes réputées êtres des zones à risques pour le candidat de La majorité présidentielle apparait, de toute évidence, comme une option visant à réduire au silence, voire à neutraliser l’opposition sur ses fiefs. C’est dans cette perspective qu’il faut inscrire cette démarche du chef de l’Etat qui veut un maillage militaire ferme, centré sur ces villes.

Armand B. DEPEYLA

Source: Soir Info

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Lundi 23 août 2010 1 23 /08 /Août /2010 16:03

ANAKY-KOBENA.jpgLe président du Mouvement des forces d`avenir (Mfa), Anaky Kobéna, était, en fin de semaine dernière, l`invité de "La semaine en revue" de la radio des Nations unies en Côte d`Ivoire (Onuci-Fm). Emission produite et animée par notre bouillant confrère Ousmane Kanté. Nous vous proposons de larges extraits des propos qu`il a tenus en rapport avec plusieurs points de l`actualité nationale.

Date du 31 octobre, premier tour de l`élection présidentielle
"(…) Je ne pense pas qu`il soit possible de tenir cette date. Nous venons de parler de démobilisation ou désarmement, mais il y a d`autres facteurs tout aussi importants pour lesquels on n`arrivera certainement pas à tenir cette échéance. C`est le lieu de regretter que jusqu`à ce jour, il n`ait pas été proposé par la Cei un chronogramme clair et précis donnant et les dates et les moyens dégagés. Je recommande au président de la Cei, le ministre Bakayoko, de procéder rapidement à la publication d`un tel tableau, ne serait-ce qu`en cas de non effectivité des élections, la Cei ne se retrouve pas elle-même en cause".

Encasernement et démobilisation
" (…) Pour les uns et pour les autres, le plus important, c`est qu`il y ait un geste, surtout un geste qui établit la confiance. Certes le Premier ministre Soro Guillaume peut s`engager et se mettre en avant, mais il est évident que comme nous le savons tous, cela dépend en grande partie du chef de l`Etat. Alors est-ce que les éléments des Forces nouvelles ont confiance au chef de l`Etat ? Est-ce qu`ils ont des raisons de lui faire confiance ? J`avouerai que je n`en sais rien. Sinon je pense que le problème qui s`est posé récemment, c`est que les locaux prévus pour l`encasernement n`étaient pas normalement aménagés pour certains. Là encore, c`est une espèce d`engagement qu`on a pris un peu à la légère. Et ça ne contribue pas à mettre les éléments des Forces nouvelles en confiance. C`est, l`un dans l`autre, des accumulations de mesures annoncées à grand renfort de publicité mais qui, dans leur exécution, ne sont pas réellement appliquées avec le sérieux de la part d`un Etat responsable".

Les Forces nouvelles auraient pu réhabiliter, elles-mêmes, les sites d`encasernement
"Parlons un peu des recettes des Forces nouvelles. Je pense qu`il est évident qu`il y a effectivement des taxes qui sont perçues dans la zone Cno pour le compte des Forces nouvelles. Est-ce qu`il a été établi quelque part les montants que cela peut générer par semaine ou par mois ? Alors si c`est le cas, je pense que ce problème peut être résolu de manière simple. A savoir que d`un côté, le Premier ministre Soro Guillaume qui est la haute autorité des forces nouvelles et Laurent Gbagbo, le chef de l`Etat de Côte d`Ivoire, les deux peuvent s`entendre pour trouver la solution. On pourrait par exemple envisager que l`un prenne tel pourcentage et l`autre tel autre pourcentage. On n`a pas besoin de la Côte d`Ivoire pour cela, étant donné qu`à première vue, le courant passe parfaitement entre les deux".

Epidémies de fièvre jaune et de dengue
"(…) Juste avant les indépendances et immédiatement après, nous avions au niveau d`Abidjan et des autres villes de Côte d`Ivoire, ce qu`on appelait le service d`hygiène. Il y avait des agents formés qui faisaient le tour des quartiers de la ville, qui entraient dans les cours, les concessions et qui procédaient à des contrôles très stricts, assortis de sanctions là où il était détecté qu`il y avait des saletés qui pouvaient générer des moustiques. Dans le cas présent, acceptons de mettre sur pied des équipes qui vont faire le tour de la ville, mais surtout qui vont réprimer. La peur de la répression fera que ce qui est demandé par le ministère de la Santé sera rapidement éradiqué. Il faut y aller de manière un peu ferme, avec un peu d`autorité. Je vous donnerai un exemple, il y a un quartier d`Abidjan qu`on appelle "Génie 2000" que je connais. Dans ce quartier, il y a un syndic qui est très bien organisé, qui ne laisse vraiment rien passer. Vous ne trouverez pas là-bas des saletés à terre, des poubelles ouvertes. Cela devrait servir de modèle partout en Côte d`Ivoire. (…) Même dans les quartiers précaires, il est évident que si l`on prend les périmètres bloc par bloc, les chefs de famille se réunissent pour désigner un superviseur, celui-là aura de l`autorité pour imposer la salubrité à tout le monde. C`est une question de salubrité publique et tout le monde y trouve son compte. (…) J`invite l`Etat à aider les populations à s`organiser".

Requêtes à radiation sur la liste électorale provisoire
"Je crois savoir qu`au début, le mode opératoire n`était pas respecté, et qu`il y avait de nombreux abus dans des zones. Souvent, il a été fait état de ce que c`était des zones où il y avait des magistrats peut être un peu favorables à un parti comme le Fpi. Et qu`ils n`observaient pas le passage préalable de la Cei au niveau de la recevabilité avant de procéder à des radiations. Par rapport à cela, je vois que le phénomène, de jour en jour, prend de l`ampleur, et je suis inquiet, je suis même très inquiet. Nous avons affaire à presque une espèce de bras de fer ou d`affrontement presque direct entre d`un côté le Fpi qui a le maximum de ses militants, ses agents ou ses cadres qui réclament des radiations. Et de l`autre, le Rdr qui aurait la majorité de ses militants qui seraient ainsi mis en cause. La chose est ainsi grave parce que si ce phénomène prend de l`ampleur même si pour la pluspart des cas de radiation, il n`y a pas de suite favorable, il faut se poser une question : Est-ce qu`on n`est pas en train déjà de nous préparer à une remise en cause demain des résultats de l`élection en se fondant sur la région, l`ethnie et peut-être sur la religion ? C`est ce qu`il faut craindre. Cette campagne, je crains qu`elle n`aboutisse à terme à ce qu`une bonne partie de la population soit conditionnée à refuser la victoire si elle vient de tel ou tel camp parce qu`il y aurait une présomption généralisée de fraude sur la nationalité des électeurs du candidat vainqueur. C`est très grave. On devrait tous, peut-être, marquer un temps d`arrêt et faire très attention".

Comment expliquer que les demandes à radiation se comptent par milliers ?
"(…) C`est le vrai problème posé par l`identité ivoirienne. Nous sommes aujourd`hui en train de tirer les conséquences de près d`un siècle de grande immigration généralisée de beaucoup de pays de l`Afrique de l`ouest vers la Côte d`Ivoire. La chose a démarré au moment de la colonisation. Elle a ensuite pris de l`ampleur et a été encouragée par le gouvernement ivoirien et surtout par feu le président Félix Houphouët-Boigny. Mais ce qu`il faut réaliser, c`est la chose suivante : ces frères, qui arrivaient des pays voisins, n`arrivaient pas comme des travailleurs saisonniers. Ils arrivaient, ils s`établissaient là de manière définitive. Ils constituaient des familles, ils faisaient venir des femmes ou ils en prenaient ici, ils faisaient des enfants qui vivaient ici et qui ne repartaient plus dans leurs pays d`origine. Ça veut dire donc qu`aujourd`hui, il y a une sorte d`assemblage qui fait qu`on ne peut pas parler de véritable identité ivoirienne concentrée à tel endroit. Au départ, ceux de la zone sud ou de la zone forestière étaient majoritaires, mais aujourd`hui, ils ne le sont certainement plus à cause du fait que ceux qui sont arrivés sont restés en place. Ils se sont reproduits. Il faut même dire que la religion qui autorise la polygamie a fait que leurs familles se sont développées de manière beaucoup plus rapide que celles du sud. Aujourd`hui, il y a une Côte d`Ivoire où les originaires de la zone de savane ont fait l`équilibre avec ceux originaires de la zone de forêt. Et ils sont même en phase de les dépasser. Ceux des pays voisins qui sont arrivés se sont presque naturellement et automatiquement assimilés aux Ivoiriens de la zone de savane. Et comme à l`époque sous Houphouët Boigny, les cartes d`identité ivoirienne étaient distribuées sans distinction à tous ceux qui étaient là, qui le voulaient ou même qui ne voulaient pas parce qu`on le leur imposait pour la phase des élections, nous avons affaire à une situation nouvelle que la plupart des Ivoiriens n`ont pas encore intégrée dans leur tête. Nous avons une situation tout à fait à part, et c`est ce qui peut justifier telle ou telle réaction intempestive à tel endroit".

Phase judiciaire du contentieux sur la liste électorale provisoire. Comment désamorcer la bombe ?
"(…) Je pense qu`il faut prendre ce problème de deux manières. Comprenons tous que tous les Africains, qui sont fils d`immigrés et qui sont sur le territoire ivoirien, ne repartiront plus. Ils vivent ici depuis des générations pour certains. Ils participent à notre économie, ils contribuent à notre produit intérieur brut. Quelquefois, ils sont plus dynamiques en ardeur à la tâche que nous-mêmes qui sommes les autochtones. Partant du principe qu`ils ne partiront plus, on ne va continuer sans arrêt à leur dire qu`ils sont étrangers. C`est pour cela que le Mfa a pris soin sur lui de dire de manière courageuse depuis 2005, que tous ceux qui sont de l`Ouest africain qui le désirent deviennent Ivoiriens par une procédure de naturalisation globale et générale. Nous y arriverons, beaucoup de grands pays y sont arrivés. D`ailleurs, regardez un peu la carte du monde, prenez les Etats-Unis, le Canada, la France, ils ont eu à un moment donné des immigrés, ils les ont naturalisés. Il faudra que la Côte d`Ivoire y arrive. Le seul problème que nous avons eu, c`est que peut-être au moment où il fallait arriver à ce genre de décision, nous avons eu malheureusement un problème politique, une lutte pour le pouvoir. Et il y a eu une sorte d`amalgame qui a un peu miné ou faisandé la cause. Mais dans tous les cas, ce que j`ai dit, on le fera d`une manière ou d`une autre, on n`a pas le choix. Tout le monde a raison de dire qu`au moment des élections, ce problème ne pourrisse tout et ne nous occasionne des troubles. C`est pour cela que qu`il faut peut-être que maintenant, on accepte que tous les partis politiques se réunissent, que la société civile s`y joigne, qu`il y ait surtout nos rois et chefs traditionnels, les chefs religieux, qu`on fasse une sorte de séminaire dès maintenant pour attirer l`attention de tout le monde sur ce phénomène. Il faut trouver les voies et moyens pour dire, il faut mettre balle à terre. C`est très important et plus important que de savoir qui sera le prochain président de la République. A quoi ça sert d`être le prochain président de la Côte d`Ivoire si dans les heures qui suivent votre élection, les machettes sortent et le sang commence à couler un peu partout. (…) Allons aux élections, mais d`abord et avant tout, pensons à la Côte d`Ivoire".

4e anniversaire du déversement des déchets toxiques
"(…) Ou on ne sait pas ce qui est ou alors, on ne cherche pas trop à le savoir. J`ai l`impression que depuis le départ, on ne se pose pas les bonnes questions. Depuis le départ, tout le monde a été embobiné dans quelque chose, indemnisation qui veut dire de l`argent. Et le gouvernement, contre toute éthique et toute morale, à mon avis, a été prendre un accord avec Trafigura de 100 milliards dans cette affaire. 100 milliards négociés dans quelles conditions et par qui ? C`est quelque chose, à mon avis, de scandaleux d`autant plus que sur ces 100 milliards, je n`ai pas l`impression qu`il y a plus de 20 ou 25 milliards qui soient allés réellement vers ceux qui sont les véritables victimes. Et surtout, avec ces 100 milliards, il y a encore des sites où on n`a pas touché aux déchets. Les deux entreprises françaises qui ont fait venir des spécialistes de niveau mondial qui auraient pu traiter ces sites, ces spécialistes ont été payés en monnaie de singe. Ils ont plié bagage et sont repartis. Nous continuons à vivre dans la périphérie d`Abidjan avec ce genre de déchets. C`est vraiment scandaleux. Dans un autre pays, le gouvernement et le chef de l`Etat ne peuvent pas rester en place avec une affaire de ce genre. Mais la Côte d`Ivoire, c`est la Côte d`Ivoire. La première question qu`on devrait se poser est la suivante. Le navire Probo Koala opérait pour qui ? Pour quelles raisons il a fallu, après avoir fait le tour de la terre, qu`il revienne au port d`Abidjan pour déverser ses déchets ? Trafigura est une entreprise de Trading international qui négocie une bonne partie du pétrole brut extrait en Côte d`Ivoire. Trafigura qui, d`ailleurs depuis 2006, a eu ses activités et son chiffre d`affaires sur le pétrole ivoirien multipliés par deux ou trois. Trafigura, je crois savoir, par le canal de Puma Energie qui est sa filiale ici en Côte d`Ivoire, est entrain de terminer la construction d`un terminal pétrolier où il investit plus de 20 milliards de fcfa. Voici Trafigura qui n`a pas l`air de mal se porter ni surtout d`être en de mauvais termes que ce soit avec l`Etat de Côte d`Ivoire ou alors avec ceux qui représentent l`Etat de Côte d`Ivoire, surtout au niveau politique et au niveau de l`hydrocarbure. Ensuite, qui a dit à Trafigura qu`on pouvait traiter ce problème ici en Côte d`Ivoire ? Il faut être honnête, les dirigeants de Trafigura ont pris la peine de bien expliquer dans leur mail à leur agent ici ce qu`ils avaient dans ces déchets qui se trouvaient au fond de la cale du navire. Qui est ce qui a donné le ok pour que ça revienne ici. C`est une autre question qu`on pourrait se poser et que l`on ne se la pose assez. Qui est ce qui a affrété les camions vidanges qui sont venus prendre ces déchets ? Qui est ce qui a donné l`autorisation au niveau de la décharge d`Akouédo. Il y a beaucoup de questions fondamentales pour lesquelles, à mon avis, on n`a pas cherché de réponse jusqu`à ce jour (...) Trafigura travaille pour le compte de la Petroci qui est la société d`Etat ici en Côte d`Ivoire. Où on fait semblant de ne pas regarder dans les directions qu`il faut mais un jour, cela se fera. J`ai juste une pensée émue pour les victimes qui ont été nombreuses, surtout aussi une grande crainte pour ce que les déchets qui sont en place pourront nous causer un jour".

Qui portera le chapeau du non respect du 31 octobre ?
" La date du 31 octobre vient d`où ? Je crois savoir que c`est la Cei qui aurait trouvé la primature et le chef de l`Etat pour leur proposer une date. Il vaut mieux que dans cette affaire, la Cei soit très prudente et publie un chronogramme en mettant l`accent sur ce qui est la part du gouvernement pour qu`on arrive à tenir cette date. Pour ce qui est de retard des élections jusqu`à ce jour, pour nous au Mfa, nous l`avons toujours dit, ça procède des manœuvres du camp présidentiel. Mais maintenant, il y a quand même quelque chose qu`il faut tenir comme ferme. La communauté internationale n`acceptera pas qu`il y ait un 8e ou un 9e report. Cette date du 31 octobre est à considérer comme une date butoir et irréversible. Ensuite, c`est le brave peuple de Côte d`Ivoire qui ne cherchera pas à savoir qui est responsable ou pas. Si le 31 octobre, il n`y a pas d`élections, ce que le peuple a à faire, il saura le faire"

Propos recueillis par Paul Koffi

Source: Le Nouveau Réveil

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  • : Homme politique ayant longtemps œuvré dans une diplomatie discrète au profit de l'ancien chef de l'état ivoirien, Laurent Gbagbo.« Il est l'auteur du Dialogue Direct inter-ivoirien qui a ramené la paix en Côte d'Ivoire » entre 2006 et 2010. Seth Koko est aujourd’hui opposé à la politique de M.Gbagbo qu’il accuse d’avoir manipulé et trompé les ivoiriens durant ces 10 dernières années.Seth Koko est désormais un Leader d'opinion,défenseur de la société civile ivoirienne
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